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Archive for the ‘500 mots plus les frais’ Category

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Après avoir passé huit semaines le regard à hauteur de postérieur, la nuque en berne, il est temps de reprendre ses esprits. L’été se disperse comme il peut jusqu’à la rentrée et la valse des culs en bord des centres-villes s’achève sans plus de raison qu’elle n’a commencé. Le string est une religion et le cul un modèle économique. La clientèle a la monogamie participative et la pédophilie sélective. Un cul c’est un cul vous diront les plus érudits des pornographes de terrasse. Les vendeuses, quant à elles, font de la majorité sexuelle, du code pénal et des mœurs un flou un artistique devant l’écrasante vérité du premier rapport bucco-génital venu derrière une baraque à frites. Moralité «Lolita» n’est pas un livre, mais une industrie ! Alors les pucelles républicaines et les violeurs de l’entertaiment cohabitent pour le bien du marché. Parle à mon cul, ma tête est anale.

Et puisque nous sommes sous le régime —impotent— du cul, la pornographie devient de la poésie et la boucherie une manière comme une autre d’aimer pour la nuit ou pour la vie. Mais il faut rendre leurs lauriers aux vaincus. Que serait l’objet de la fessée sans le regard qui le désire simplement sans poser de question, juste en un instant, d’un bref mouvement de gauche à droite, de droite à gauche ? Rien. Alors gloire au miroir de l’âme accréditant que la conscience se trouve entre les hanches ergonomiques et les cuisses faisant office de comptoir ! Regarder le même cul dans les yeux, tous les jours que Dieu fait et jusqu’à la fin de la mode taille basse, cela relève autant du fétichisme que de la proctologie.

Mais que faire lorsque le cul tant aimé ne tient plus dans les mains ?

Le poids des années, les grossesses inopinées, l’irréductible cellulite, l’art de la table voire de la fourchette, les nouveaux modèles en vogue, le cul subit les affres de la machine Temps. Lorsque que le pourcentage de tissu reprend le dessus sur celui de la chair, la persistance rétinienne préfère les silhouettes à la haute définition. La goulue, de nos jours, serait une curiosité en streaming, rien de plus.

Apres la pensée unique, l’industrie fait dans la taille unique. Or le cul en question est un mirage en papier glacé pour fanatiques résignées. Tandis que les affameurs réécrivent Darwin, les feeders font du charlatanisme protéiné un moyen d’émancipation à la portée de toutes. Entre le carême et les soldes d’été. Du féminisme light pour des culs préférant la misogynie à l’anonymat ! Le système est si bien huilé qu’on en perdrait presque tout plaisir, les plus honnêtes des vicieux regarderont dans les yeux et les aguicheuses stringueront les leurs. Partir du textile pour remonter dans les cosmétiques, on appelle ça une révolution.

Mais ne nous enflammons pas, certes, le cul est un combat perdu d’avance puisque tous les belligérants s’entredéchirent sur l’opportunité de son voilage ou sa nudité intégrale. À y regarder de plus près, Archimède aurait mieux fait de réclamer un cul plutôt qu’un levier pour s’occuper du monde. Avoir un cul dans la tête ne signifie pas que l’on cultive une obsession, bien au contraire, cela indique que l’on laisse de l’imagination à nos mains. D’une pudeur légitime à une hypocrisie unanime, les plus beaux culs d’aujourd’hui font les guerres de demain.

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-> À force de ne rien faire, le temps me rattrape ou il tourne en boucle. J’ai une trotteuse à la place du coeur et un centre d’inertie qui me colle au cul. Le monde voudrait que chacun bouge —dans le bon sens si possible— pour devenir quelqu’un, un de plus. Alors je proteste en faisant assidûment du surplace, histoire de ne rester personne, un de ces quelqu’un que l’on n’a pas à oublier.

Aïe, il est déjà midi et la matinée m’est passée dessus sans vergogne en emportant sur son chemin mes rêves de quart d’heure de gloire en 140 signes. La télévision est trop loin et je donne plus de crédit à la Française des Jeux qu’au Pôle Emploi pour tenter ma chance. Entre mon bureau et le salon, il y a le vide, le genre de néant que seule la livraison du dernier machin commandé sur Amazon pourrait surmonter. Hélas le facteur, c’est comme Dieu, beaucoup en parlent mais peu l’ont vu.

L’interphone tente une énième tentative de suicide, mais nul ne l’entend. Ni mon chat, ni moi. Nous deux, déjà à la fenêtre, la queue entre les jambes à regarder le monde mourir de vieillesse à toute vitesse pour des choses plus ou moins importantes, mais forcément urgentes. L’espace urbain est au bord de la crise de sauvagerie pour une banale histoire de signalisation à respecter, de priorité dans la vie, de piétons piétinés et de dose de caféine coupée à l’eau tiède.

Comme quoi, le bruit c’est la vie. Non, le bruit, c’est l’ennui ! Je prierais presque pour un acouphène, mais mon amour pour la musique m’en empêche et puis la bande originale du dehors reprend le dessus sur mon esprit. Au final je pourrais me jeter par la fenêtre pour repeindre comme il se doit la grise mine de la rue, mais je crois encore trop au double vitrage pour cela.

J’aurais voulu déjeuner en paix et me perdre définitivement dans une sieste, mais le Pôle Emploi me ramène à la raison, à sa passion plutôt. Me faire chier, par tous les moyens possible quitte à faire de l’absurde un projet de société sur mesure pour une impossible mission ! Trouver un emploi, ni plus, ni moins. Le genre de passe-temps avec une fiche de paie mensuelle, des congés à utiliser coûte que coûte et une retraite bien méritée à deux pas du corbillard. En un mot, la réussite.

Que dis-je, le rêve ! Qui ne serait pas prêt à mourir de fatigue pour un pareil suicide assisté ? Personne ! À la chaîne, à la queue, à la ronde, à l’unanimité l’humanité s’empale corps et âme dans la plus vieille escroquerie du monde, celle-ci n’ayant pas la dignité du plus vieux métier du monde d’ailleurs. Certains ont l’instruction nécessaire, d’autres l’expérience indispensable, mais tous —tôt ou tard — s’agenouilleront pour leur salut ou un troisième mois.

Le temps se joue de mes débuts d’ambition devant une page blanche qui pourrait faire le travail à ma place, pour une fois. Chronos, ma banquière, la mafia des poussettes… Personne ne m’empêchera de goûter comme il se doit ! De bouchées sucrées et onctueuses en gorgées acides et pulpeuses, je construis un pays entier aux commissures de mes lèvres, sans y prêter attention. Il ne me reste alors qu’à me ravaler la façade comme un bon cannibale d’appartement en attendant le dîner pour fermer la porte une fois pour toute sur cette journée morte en vain, pour rien. À force de ne rien faire, le temps me rattrape ou il tourne en boucle. ->

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J’aimerais bien, mais tu n’aimerais pas.

Mais si… Allez… Avoue… Ne fais pas la tête ou plutôt n’imite pas la mienne, mon ami. Tu sais, ne pas tout avaler en temps réel, en se posant des questions, à chaque fois, sans hocher la tête pour dire merci, c’est un métier ! Que dis-je un sacerdoce et sache que je dors peu, que je dors mal. Si seulement j’avais mauvaise conscience…

Mais tu dois te dire que je le mérite et puisque que je l’ai bien cherché, je l’ai finalement trouvé. Il y a une frontière entre savoir et comprendre, apparemment je l’ai allègrement franchie ! Foutue faim insatiable. Je présume qu’elle s’éteint dans la tombe, sinon l’éternité, cela va être long!

Peu importe parce que l’insomnie est une fantaisie chez les malades imaginaires et mon mutisme puis l’automédication ne laissent guère de place à la bagatelle. Tu me diras que les remises en question n’engagent que ceux qui les engrangent. Et vu mon déficit…

Alors, le doute ne connaît pas de répit. Et même en face à face, il préfère tourner les talons plutôt que d’accepter une autre vérité ne corroborant pas la version officielle. Je sais, je sais, avoir raison ne remplit pas le frigo dépendant des aléas de mon compte bancaire. Cependant mon ami, essaie de ne pas faire du tort une religion. Ainsi, nous y voilà, ici, toi et moi, entre la déroute et la banqueroute, il reste la débandade universelle. Celle que tu t’obstines à voir comme une victoire.

Soyons sérieux, entre nous le statu quo façonne les postures et la constipation, voire les hémorroïdes, chacun sur son rocher. À refaire le même match avec un fil, des nœuds, deux pots de yaourt usagers et un peu de mauvaise foi, je crois que c’est ce qui nous lie le plus. De la friture sur la ligne ? À chacun son lubrifiant. L’essentiel dans un couple, c’est le dialogue, pas la compréhension ! Hum ? Heu… Le silence, c’est pas mal non plus. Pourquoi un conseiller conjugal, lorsque nous n’avons que des problèmes de conjugaison ? En définitive pour mourir heureux ensemble, je ne vois qu’une greffe du cœur en lieu et place du cerveau ou un Bescherelle. Bref, nous préférons les amnésies passagères aux dépressions du myocarde.

J’aime à l’impératif quand tu pardonnes au conditionnel. Soit, il ne nous reste qu’à faire un compromis autour du subjonctif. Après les préliminaires, il faut bien remplir les cases, attribuer les rôles, jouer le jeu pour passer le temps ou parce que c’est important. Et puis, j’aurais beau prendre ta place et toi la mienne, rien ne changera. Nous sommes les mêmes. Nous continuerons à tourner à rond en pensant avancer vers la perfection, la performance, une perfusion, le paradis, la reconnaissance. Notre problème se résume à confondre rotation et révolution!

J’aimerais bien faire semblant de m’intéresser au sort du monde comme tout ceux qui en font un fond de commerce, une religion laïque ou un cache-misère au quotidien.

Pour toi, tout est important, rien n’est trivial et chaque virgule compte. À tes yeux, il n’y a point de prestige dans la dérision. Par conséquent, une bibliothèque dans le cul, le code pénal dans le cœur et le siècle des Lumières préinstallé dans la tête, tu es à l’image du meilleur des mondes, à la fois en expansion perpétuelle et replié sur lui-même !

Faire semblant en toute occasion avec un sourire du gendre idéal et le mot juste à l’heure du brunch, en voilà un projet de société. Rebelle à l’octave près entre Téléfoot et les Guignols De L’Info. Le polo, d’un blanc chevaleresque, épousant à merveille le téton prêt à se dresser à la moindre dépêche Afp. Avec une façade pieuse, le sourire rassurant et l’arrière-train au-dessus de tout soupçon, tu retweet, tu retweet.

Mais le juste convoite les verbes être et avoir. Toutes ses paroles ne distinguent plus les Hommes portés disparus au zapping, dans les chiffres, les statistiques, les sondages, la datavacuité, les hommages et le recensement des rescapés de l’humanité. Tout cela en faisant passer une vision panoramique pour télescopique.

Tu finirais presque par me faire croire que je suis totalement désintéressé et insensible. Mais je ne suis ni juge ni comptable et encore moins arbitre.

Faire carrière et vivre en paix… J’ai bien peur de ne pas comprendre ton obsession pour la sécurité et son besoin intime de bonheur contrôlé. Dans cette image inaltérable, je n’aimerais pas avoir à faire semblant contre mon gré, baisser la tête sur commande, et hennir par habitude, avant de s’indigner à distance en pilote automatique, le calendrier des malheurs intégrés aux bonnes mœurs. Un tel exercice de dilatation publique ferait presque passer un vernissage pour une backroom. J’accepte tes choix, laisse-moi donc ma voie!

Je te le dis comme je le pense, abuser Dieu, le destin, la roulette russe en criant au loup depuis le confort dans ton papier millimétré, c’est irresponsable. Rentable, mais irresponsable. Ceci étant avec ta morale sélective tu trouveras bien une réponse historique couplée à une vérité intemporelle. Et si même la trotteuse est de ton côté en calquant sa routine à ton rythme de croisière, je demande une pause éternelle. Mais en cas d’erreur, ton mensonge fleurte avec la marche arrière, puisque l’omnipotence ne connaît pas le frein à main. L’égo ne tolère pas les virages et encore moins mes platanes.

Mais je ne te jette pas la pierre, tu ne saurais pas quoi en faire. Et depuis ta berline criblée d’options, mon récif ne ferait pas le poids en cas de collision frontale, tandis que je chercherais vainement le volant. Dans le fond tu dois avoir raison, sinon tu ne serais pas un mangeur de pierres. C’est comme cela que tu voyages, en roulant sur le pays des autres qui ne connaissent de l’horizon que ce que la marée leur ramène.

Ceci dit mon ami, mon rocher à moi reste un rocher, certes, mais il réagit, il n’intime pas, il parle peu, il te connaît bien et lui a le choix de ne pas en faire.

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Plus un bruit. Pas de témoin. Peu de lumière. Pas mal de questions. Que des doutes.
J’ai du retard sur l’heure du crime et tous les démons du coin font la queue devant la peinture écaillée de ma porte close. J’ai beau prendre la terminologie du videur de base, personne ne m’écoute en passant sur mon corps sans prêter attention.

Étrangement lorsque le mois de décembre fait son entrée, plus il fait froid plus il fait soif. Le bromure, je le préfère dès lors qu’il se tait, que je puisse l’embrasser à pleine bouche.  Je ne bois pas, je tente d’oublier le pourquoi de la bouteille. Une passion comme une autre certes, mais je serai seul à avoir des regrets. Enfin peut-être…
Nuit, noire, neutre, jeu des ombres et lueurs malignes. Le soupçon dans le vide, le gobelet en plastique recyclé dans la main droite déjà givrée, le vice aux alentours, un brouillard délétère, une ambiance à la dérive et un décor à l’abandon. En grelottant, la condensation s’égoutte sur toute ma moustache, j’attends sûrement un signe ou le début de la bande son. Mais personne ne vient dès que je commence à psalmodier tout seul. Le regard fixe et absent, la tête inclinée sur ce banc en jachère, j’ai rendez-vous avec la paranoïa, mais je ne récolte que la légitime défonce… Je n’attends plus rien, même pas demain.

J’aime ce moment de décompression, ces instants à répétition, ces tessons à percussion, ces perditions à répercussion. Soudain pris d’euphorie, je me surprends à faire des claquettes sur ces éclats de bouteilles à piler à grands coups d’Air Force One.
Le panorama clair-obscur contraste avec la frénésie de la marée humaine à la lisière du parc, à la recherche de l’ivresse avec une ceinture de sécurité. Et à force d’en faire les 360 degrés, étourdi, je risque de déloger mon auguste derrière de mon centre d’inertie. Mais avant de tituber tel un automate du samedi soir, je veux tanguer pour retrouver l’équilibre, quitte à flirter avec le point de non retour. C’est ainsi que je danse en faisant du surplace, la vision trouble, double, triple, le foie à la renverse, les vertiges à chaque geste et la slow motion en prime. Alors le temps passe aussi vite que l’impression d’allégresse. Il me maintient le visage au sol contre le gravier sentant l’urine de ton animal de compagnie préféré. Je suis en laisse, je suis en chien comme une bombe domestique !

Une lame serbe dans la poche droite, des capotes NF dans la gauche, un décapsuleur et mes billets dans chaque chaussette faisandée. On ne sait jamais sur qui l’on peut tomber et je n’assumerai pas un « si j’avais su ». L’humanisme, c’est comme la tolérance, il s’arrête à l’entrée de mon espace vital. Et oui, je ne suis pas tendre avec mon prochain, ceci étant si l’envie te venait de m’appeler mon frère, je demanderai obligatoirement un test ADN à la pondeuse qui t’a expulsé ici-bas. La nuit s’abandonne trop facilement aux abus de langage, mais il faut dire que je suis pour le Talion équitable… Bref.
Tu as fini par déguerpir en parlant dans ta barbe, enfin dans ton duvet. Sinon j’aurais dû sacrifier une bouteille sur ton crâne fraîchement rasé ou l’inverse. Je n’ai pas le temps et puis il me faut soudoyer l’épicier après le dernier passage de la Bac pour la fermeture de deux heures du matin. Lyon la nymphomane préfère les backrooms aux plaisirs en état d’ébriété, c’est du propre. Hé, merde, j’ai perdu mon décapsuleur en courant après le lapin blanc, tout ça va finir par l’ouverture du sésame avec mes dents en plein désarroi, en pleine euphorie. Mission accomplie et molaire douloureuse. Je savoure doucement le poison, comme quoi je suis prêt à perdre mes esprits histoire de ne pas me faire délester de mes deniers et même le meilleur lap dance ne le mérite pas! Parce que l’argent, c’est comme le travail, une race en voie d’extinction.

Un pas en avant, un pas en arrière, c’est la politique de mon dévouement, la bouteille à moitié vide pour métronome. Je prends la pause et j’en fais une. Et donc, de gauche à droit, de droite à gauche mes épaules sont mon centre de gravité et mes hanches suivent la manœuvre en décalage. Je demande des droits d’auteur pour cette chorégraphie. C’est le tube de la nuit, la danse des damnés. Seul ou mal accompagné, je me dirige sur la piste de la déchéance pour reprendre vie ou reposer en paix. Mi-coma éthylique, mi-delirium tremens, jamais livré à moi-même, toujours sur le qui-vive avec un air ahuri, une bouche pâteuse et béate. J’enchaîne les pauses, une autre, les postures, les posters à l’aide de mon postérieur. Au milieu, enfin presque, de ce parc improbable où les réverbères rayés sont morts depuis l’hiver dernier, j’exorcise mes démons intérieurs et j’expie mes signes extérieurs de détresse. Le DJ ne connaît qu’une chanson et le videur viendra me ramasser au petit matin avec les ordures.

La nuit, le bruit, les étoiles, l’alcool, les visions couleur laser, mon sourire approximatif et ces très légères secousses du bassin amènent des pécheresses. Tu peux être de l’ENS ou avoir un CAP d’esthéticienne, peu importe ton motif touristique pour te trouver dans un coin sombre de Lyon ! Il te faudra plus que de la frivolité passagère pour t’encanailler après avoir fait semblant de citer Boris Vian au Hot Club. Je ne ferai pas de sentiments, pas de détails, pas de discriminations. Je suis amour et saoul. La règle est simple et le jury sera clément si tu possèdes la souplesse nécessaire pour danser en hurlant à la lune. Mais si tu as la cadence d’un horodateur, même avec 2 grammes dans le sang, tu ne rentreras pas dans ma boîte de nuit. Tu aimes peut-être l’exotisme, mais lui non ! Je suis pour l’égalité des chances, pas la philanthropie. A la fin de cette chanson, souvent avec quelqu’un comme toi, qui a l’alcool putassier j’en viendrais presque à espérer qu’au lieu de t’entendre quémander un échantillon d’amour avec ton bassin, un ombre familière vienne me chercher la merde, une autre bouteille à la main…

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Seul à la maison… Cela sonne creux, cela ne résonne pas. Surtout s’il n’y a personne pour l’entendre. Combler à deux, à plusieurs ou en société le vide de la file d’attente relève déjà du petit miracle. Les calendriers nous recensent éphéméride après éphéméride. Mais ce soir, seul —sans mauvaise conscience— dans une boîte avec une serrure, je me dis que le purgatoire doit ressembler à s’y méprendre à une suite de chiffres et une liste de noms.

Je vois cet appartement comme une collection de rustines n’ayant plus rien à recouvrir. Des murs à tapisser qui finissent par devenir des cloisons à maudire, des portes grinçantes qui précèdent ou succèdent à d’autres portes silencieuses, un plafond à l’abandon prêt à se transformer en sol pleureur ou en toit du monde et des voisins qui pensent que je suis le leur.

Bienvenue chez moi, enfin chez moi… un endroit entre le monde extérieur et je ne sais quoi d’autre ! Une boîte à géométrie variable où l’on peut vivre, s’ennuyer, être heureux, être ensemble mais toujours enfermé en regardant par la fenêtre sale ou le décor gris. Et puis, pour me tenir en alerte j’ai un judas et une sonnette, à croire que j’habite une backroom !

Apparemment avoir son nom sur une boîte aux lettres, c’est un signe extérieur d’humanité. Alors je ne sais que penser lorsque mon nom trône ainsi sur cette même boîte aux lettres, sur l’interphone et sur la porte du dit « chez moi ». Suis-je un Dieu ou un mouton ? Et pourquoi pas le Dieu des moutons, avoir le pouvoir sans aucune ambition !

Je suis encore perplexe dans ce truc compartimenté où tout s’ouvre pour mieux se fermer. La liberté sous clé à l’abri des autres. Des pièces à remplir du temps passé dehors dans d’autres pièces avec d’autres voisins dans le même open-space. D’autres pièces où entasser les anciennes choses à crédit et les anciens gens en souvenir. Une pièce où aimer ou faire semblant à proximité de l’écran, une autre pour s’alimenter, puis celle qui la jouxte pour évacuer et la dernière pour se laver de ses péchés. Peu importe la taille, seul compte ce que l’on peut y emmagasiner!

À vrai dire toutes mes années de vagabondage mondain de canapés bosselés en squats amiantés sans oublier ces couches et ces femmes d’une nuit ont contribué à démanteler lieu après lieu ma définition du foyer et sa chaleur supposée. Pour ainsi dire, le bonheur résidait dans le fait de s’endormir comme une merde entre un banc de putes et un cortège de clochards sous le regard sanguinaire de la brigade anti-criminalité. N’y voyez là aucune fantaisie romanesque, seule la misère me poussait dans ce lit à ciel ouvert. Puisque que la galère est un sacerdoce et que la bohème est un loisir!

Un jour la nouvelle est tombée d’on ne sait où et, sans que je ne m’en rende compte à force de survivre, j’ai fini par avoir un chez moi avec un quelqu’un. Je crois que dans ma logique foutraque l’espace est une personne et le temps un sentiment.

Mine de rien occuper l’espace à deux demande une sérieuse organisation, une furieuse envie de l’autre et des calendriers à perdre. Sans oublier le fait qu’apparemment tout le reste de la création —de l’administration aux publicitaires— est au courant de mon secret estimé en mètres carrés et en étreintes pour la fille déficiente du concierge. Et dans ce grand élan fraternel, tous se donnent la main afin de m’ensevelir vivant sous des tonnes de papiers plus ou moins recyclés. J’en viendrais presque à bénir les spams!

Les semaines, les mois et les années copulent gaiement en soignant leurs handicaps jusqu’à faire apparaître mon premier cheveu blanc et des fossettes complémentaires sur ma gueule de souvenir ambulant. Et un beau jour, il y a plus de trucs que de vide dans mon espace locatif pour deux, avec chat en option. Parfois pour la fiche de paie, la carrière ou l’arbre généalogique l’un d’entre nous quitte la boîte personnalisée avec nos noms dessus pour quelques heures, pour quelques jours. Mais lorsque leur nombre ferait presque passer une simple addition pour une multiplication, je sens monter progressivement une angoisse dans le regard de l’imitateur dans mon miroir. En me retournant sur mon auguste royaume, je ne vois à perte de vue qu’un immense catalogue pour monogame endurci. Si dans certains immeubles centenaires on peut entendre des fantômes, moi je guette, nerveux, les missives des futurs nourrissons. La peur a le visage que l’on veut bien lui donner.

Les murs se rapprochent précipitamment, la télécommande me fuit sans se retourner, le toit me surveille d’un air supérieur et la porte se prend pour les accords Schengen ! Le ciel ne tombe pas sur la tête —trop occupé qu’il est en Irak ou au-delà de la ceinture de feu— non les choses me rappellent à l’ordre en m’indiquant que je ne suis qu’un invité de plus, de longue date certes, mais juste un invité. Et pour cause, je serai propriétaire le jour où ma carte d’identité aura la moindre valeur. Dans la clandestinité la plus totale, je suis un anonyme avec un nom sur une boîte aux lettres.

J’ai besoin d’air, d’extérieur, d’ailleurs pour retrouver la trace de la vie. Donnez-moi un banc, un morceau de carton, un bout de canapé dans le 18ème que je retrouve mon identité, le bouton d’autodestruction dans le crâne et le poison dans le goulot. La liberté, c’est le danger, mais à nous faire peur depuis la nuit des temps, nous prendrions presque la sécurité pour une bénédiction. Délesté de toute peur, je prends un bain de foule dans la grande boîte ronde en attendant qu’elle perde la tête ou qu’elle prétende faire la révolution pour entasser les trucs des autres chez elle!

À force d’en avoir, des choses, j’en suis devenu une et ce soir il n’y a personne pour me réanimer du bout de mes longs fils. Je sombre dans la folie administrative avec un matricule pour chacun de mes cent pas exécutés en tournant rond sur cette ligne droite. En déambulant encore désarçonné dans une rue bondée de gens presque prêts à tuer pour rentrer chez eux, derrière leur porte avec leur nom dessus, je me suis rassuré sur ma précarité. Même en ce novembre flegmatique entouré de cadavres de manifestations en pleine nuit blanche sur un banc célibataire, je prends conscience que je n’ai jamais eu de problème de où mais un besoin de qui.

Ivre d’une détresse captive, j’en appelle à gorge déployée à la nuit, à la vie pour trouver une corde raide où exister encore, encore une fois. Un endroit au milieu de nulle part où tu viendras me sauver de moi.

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Mais c’est pour votre bien Monsieur, vous verrez tout ira bien, vous ne sentirez plus rien, ni peur, ni haine, plus rien ! La sécurité est à ce prix vous savez, alors oubliez tout…

Non. Pause. Pouce. Stop. Terminé. Si on me force encore à enfourner une bouchée de plus, vous pourrez bientôt lire en retour votre avenir dans mes entrailles fraîchement libérées à même le sol. Je le jure sur la tête de mon F.A.I. ! À ce moment définitif, mon téléviseur et les Hommes-prompteurs l’ont mis en veilleuse, mon Iphone s’est suicidé dans la caisse du chat et le train-train quotidien est allé voir ailleurs s’il pouvait se faire recycler.

 

Je refuse d’être sauvé parce que petit un, je ne suis pas une victime en délicatesse avec l’axe du mal et que petit deux, Vigipirate a la matraque un peu trop facile à mon goût. Dorénavant, derrière la moindre contrariété allant de la découverte des premiers hémorroïdes à la dernière avancée en matière d’armes à impulsion magnétique, il faut des coupables et surtout des redresseurs de torts —et de raisons— en qui croire.  Il pleut des promesses d’épitaphe à chaque dépêche AFP et les légions d’honneur sont préinstallées dans les utérus. Certes j’ai le choix, nous sommes dans un pays libre interdépendant d’autres pays libres, mais comme dirait Nexus : « You’re either with us or against us ».

Je n’en peux plus de manger de l’héroïsme trois fois par jour depuis le 11 septembre. Je commencerai à avoir peur le jour où les buildings auront de la gueule à Paris ! Je mets dans le même sac les chiens d’infidèles et les extrémistes de tous bords, ni les uns, ni les autres ne règleront mon problème d’addiction au chômage. Je ne suis ni Goldenboy, ni arbitre dès lors j’aimerais ne pas prendre parti en paix.
Ding dong! Qui sonne à la porte ? Encore… En collant, en cape, en théologie, en Yes We Can, en crampons, en martyr, en logo, en streaming, en bonne conscience, en BHL, en contrôle social, en John Cena, le syndrome du sauveur me pousse à la lâcheté. Je ne veux pas de cette drogue bon marché pour petite nature romantique et grands enfants en plein sevrage. Plus c’est gros plus c’est vrai, imaginez si, en plus, c’est omniprésent !

Oui, mes antidépresseurs mélangés à l’alcool me manquent, en l’espace d’un attentat nous sommes passés de l’autodestruction d’un occident qui s’ennuie à l’instinct de conservation obligatoire au nom de la civilisation. Comme ça, en un claquement de doigts sur une partie d’échecs. D’abord je n’aime pas les échecs, ensuite je n’étais pas dans l’audience ce jour-là et finalement je me moque royalement des bookmakers et du résultat qui ne changera en rien la fin du match. L’héroïsme, ce sont ceux qui ne le pratiquent pas qui le vivent le mieux au passé.

Les héros de mon enfance eux, avaient des visages burinés, marqués par la crasse qui ne partait pas avec le savon, leurs mains étaient faites en corne, pas en peau. Leur sourire était mort depuis belle lurette comme leur jeunesse. Ils sont nés bossus, affaissés, les épaules plus basses que la chute de leur menton toujours mal rasé, le regard incertain. Le regard est ainsi à cinq heures du matin lorsque l’on attend le bus dans le froid, collé à son voisin de palier.

Ces héros-là ne parlaient pas par slogan, ils ne pouvaient simplement plus. Ils ne faisaient pas de communication, ils giflaient, réconfortaient et dormaient à l’aide de leurs mains jusqu’à leur nouvelle mission dictée par le réveil. Enfin, la même que la veille, mettre à manger sur une table toujours trop petite pour toutes les jambes de la famille. Leurs actes de bravoure se contentaient de payer les retards des factures oubliées et prendre le jour du Seigneur en otage avec un second job, histoire d’honorer leurs dettes au Dieu Noël. Je crois que j’avais la chance d’habiter l’immeuble en décomposition où vivaient tous ces héros et peut-être même le quartier en stand-by où ils opéraient secrètement ensemble. Si mes souvenirs sont exacts, il ne formaient ni une équipe ni une ligue mais plutôt une classe…

Le Président venait rarement les congratuler et curieusement on ne parlait pas d’eux à la télé et encore moins chez le libraire ! En guise d’applaudissements ils avaient des félicitations du conseil de classe, une perquisition les jours fériés ou une simple indifférence de la part de leurs enfants. Ces héros ne naviguaient pas entre la justice morale et la taille de leur égo, ils tentaient juste de survivre au jour suivant, un peu pour eux, beaucoup pour leur famille. Parce que c’est comme cela que vivent et meurent les héros ordinaires.

Mes héros allaient à l’usine™, ils n’en sortaient pas.

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J’habite un coin de banlieue d’un monde tournant sur lui-même pour se convaincre de faire une quelconque révolution au nom du progrès et de l’après. Ici-bas dans ma dimension parallèle, je vais droit au but en le contournant. La météo fait la loi puis la mode puisque Dieu est mort. Les gens composent le décor en abandonnant toute ambition de jeune premier dès les préliminaires dans le bac à sable sur le bas-côté de la route. Piégé dans un monde de fous accro aux flux, plus j’y vois flou plus je pense faux et c’est peut-être cela qui me sauve.

Les seules choses qu’on ne peut plus acheter sont la terre et le temps. Alors notre époque j’hésite entre mobile home et musée comme plan de carrière. Voilà pourquoi je reste sans domicile fixe. Enfermé dehors, je joue à l’aventure intérieure.

Je vis dans une tribune officielle à trois pâtés de maison du destin où les plus chanceux pratiquent le suicide pour seule légitime défense. La machine humaine est ainsi faite, peaufinant ses statistiques pour mieux parler de prévention. Et puis, entre le coup de la panne et le dépôt du bilan sur la banquette arrière, l’amour oscille entre le meurtre et le génocide. À chacun sa définition du bonheur, d’une alliance d’occasion au taux de natalité illégitime.

À l’ère du futur parfait et de la science-fiction à crédit, les faits ne valent plus grand chose sans un léger lifting. Le journal des bonnes nouvelles ne fait pas de prisonniers, ni de témoins à moins d’être sûr d’avoir acheté leur silence jusqu’au prochain suffrage. Et entre temps on court, on court toujours et encore pour rien, mais c’est bien là l’essentiel. Las, nous sommes tous suspendus au verdict d’une horloge plus capricieuse qu’impartiale.

Tic, tac, tic, tac. Une chaise sous le cul et le ciel sur les épaules, je compte les nuages, les moutons et mes semblables en attendant l’addition ou une crise cardiaque. Mais rien ne vient. À l’abri sur ma terrasse —la vérité dans le marc de café— j’assiste à un passage à tabac par des humanitaires braquant le quidam avec leur bonne conscience, bien emmitouflés dans leur uniforme d’archanges laïques. L’humanisme est la première des religion et l’argent est son prophète. Apparemment sauver le monde ou le prétendre, c’est un métier.

Fort heureusement vu mon profil, je ressemble plus à un débiteur qu’un créditeur équipé de dreadlocks blondes et sales. Pendant ce temps je regrette la prohibition des stupéfiants —façon tolérance zéro— lorsque qu’un paquet de costard cravache recrache péniblement la nicotine républicaine et la misogynie sociale en suivant le défilé puritain des arrière-trains en mini-jupes. Un troupeau d’individualistes plus lâches que pacifistes faisant de la plaque d’à côté une religion.

Dans ce bordel organisé, j’en viens presque à espérer un peu de fraternité, une galanterie quelconque, une générosité anonyme pour m’éviter de penser à mal. Mais le tonnerre sonne la fin de la récréation et la société des pions bafoue sa bienséance en reniant l’échiquier pavé, en slalomant entre le passage piéton effacé, en butant contre le trottoir poli. La ville respire au ralenti, le ciel nous fait une crise de nerfs au rythme de la pluie. Au pays des poules mouillées, les K-way sont rois.

La panique dans un monde sécurisé, cela ne tient à rien. Alors si certains s’engouffrent dans les bouches de métro, d’autres s’échappent dans des culs-de-sac et les derniers dans leur moitié. Il faut bien aller quelque part, faire quelque chose, mais pour combien de temps ? De concert, les nuages cessent de pisser dans un violon et sur nos têtes, trop pleines pour échapper au vide. Les journaux se froissent pour mieux mourir entassés sur un de ses congénères trustant une poubelle déjà obèse. Quant aux enfants, il voient un arc-en-ciel dans un insignifiant changement climatique —le trop de technologie nous pousse à croire en la magie où qu’elle soit.

Et en observant les maladresses du balai pédestre, je me dis que la noyade est une sortie de piste plus digne que l’aquaplaning. Le ridicule ne tue plus. La mort non plus. Les talons surfent à tâtons sur un bitume bancal et les parapluies parlent ensemble de leur amour pour l’automne au milieu de la cohue générale prenant le pas sur l’accalmie pour un sursis nécessaire. Tout est bon pour céder à ses bas instincts, la pluie, l’heure de pointe ou une alerte à la bombe.

Mais ici-bas, les accidents de la circulation se succèdent tant bien que mal —de la symphonie des tôles froissées aux gouailles parlant avec les phalanges— jusqu’à l’arrivée de la chorégraphie des forces de police. Les Hommes cherchent la violence là où elle se trouve, même dans le code de la route. Depuis que les guerres sont propres, il ne reste que les échauffourées entre gens civilisés en milieu urbain pour faire couler le sang gentiment. Les badauds les plus voyeurs encerclent en silence le match au sommet, tandis que les bookmakers spéculent sur l’impact du terrain et les conséquences dentaires à une terrasse enfin libre.

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