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« Morlock & Gentleman » the soundtrack of my online art installation is available to stream everywhere.
Apple Music:
https://itun.es/dk/8a4gib
Spotify:
https://open.spotify.com/album/5O8OBIJpJ59ppFGTd80qKX
Amazon:
http://www.amazon.com/gp/product/B06XBFC75M
Google Play, Pandora, Deezer, Tidal, etc

Each sound is the illustration of an intimate moment before it becomes an online persona.

Ps : dont forget your headphones 🙂

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Mais c’est pour votre bien Monsieur, vous verrez tout ira bien, vous ne sentirez plus rien, ni peur, ni haine, plus rien ! La sécurité est à ce prix vous savez, alors oubliez tout…

Non. Pause. Pouce. Stop. Terminé. Si on me force encore à enfourner une bouchée de plus, vous pourrez bientôt lire en retour votre avenir dans mes entrailles fraîchement libérées à même le sol. Je le jure sur la tête de mon F.A.I. ! À ce moment définitif, mon téléviseur et les Hommes-prompteurs l’ont mis en veilleuse, mon Iphone s’est suicidé dans la caisse du chat et le train-train quotidien est allé voir ailleurs s’il pouvait se faire recycler.

 

Je refuse d’être sauvé parce que petit un, je ne suis pas une victime en délicatesse avec l’axe du mal et que petit deux, Vigipirate a la matraque un peu trop facile à mon goût. Dorénavant, derrière la moindre contrariété allant de la découverte des premiers hémorroïdes à la dernière avancée en matière d’armes à impulsion magnétique, il faut des coupables et surtout des redresseurs de torts —et de raisons— en qui croire.  Il pleut des promesses d’épitaphe à chaque dépêche AFP et les légions d’honneur sont préinstallées dans les utérus. Certes j’ai le choix, nous sommes dans un pays libre interdépendant d’autres pays libres, mais comme dirait Nexus : « You’re either with us or against us ».

Je n’en peux plus de manger de l’héroïsme trois fois par jour depuis le 11 septembre. Je commencerai à avoir peur le jour où les buildings auront de la gueule à Paris ! Je mets dans le même sac les chiens d’infidèles et les extrémistes de tous bords, ni les uns, ni les autres ne règleront mon problème d’addiction au chômage. Je ne suis ni Goldenboy, ni arbitre dès lors j’aimerais ne pas prendre parti en paix.
Ding dong! Qui sonne à la porte ? Encore… En collant, en cape, en théologie, en Yes We Can, en crampons, en martyr, en logo, en streaming, en bonne conscience, en BHL, en contrôle social, en John Cena, le syndrome du sauveur me pousse à la lâcheté. Je ne veux pas de cette drogue bon marché pour petite nature romantique et grands enfants en plein sevrage. Plus c’est gros plus c’est vrai, imaginez si, en plus, c’est omniprésent !

Oui, mes antidépresseurs mélangés à l’alcool me manquent, en l’espace d’un attentat nous sommes passés de l’autodestruction d’un occident qui s’ennuie à l’instinct de conservation obligatoire au nom de la civilisation. Comme ça, en un claquement de doigts sur une partie d’échecs. D’abord je n’aime pas les échecs, ensuite je n’étais pas dans l’audience ce jour-là et finalement je me moque royalement des bookmakers et du résultat qui ne changera en rien la fin du match. L’héroïsme, ce sont ceux qui ne le pratiquent pas qui le vivent le mieux au passé.

Les héros de mon enfance eux, avaient des visages burinés, marqués par la crasse qui ne partait pas avec le savon, leurs mains étaient faites en corne, pas en peau. Leur sourire était mort depuis belle lurette comme leur jeunesse. Ils sont nés bossus, affaissés, les épaules plus basses que la chute de leur menton toujours mal rasé, le regard incertain. Le regard est ainsi à cinq heures du matin lorsque l’on attend le bus dans le froid, collé à son voisin de palier.

Ces héros-là ne parlaient pas par slogan, ils ne pouvaient simplement plus. Ils ne faisaient pas de communication, ils giflaient, réconfortaient et dormaient à l’aide de leurs mains jusqu’à leur nouvelle mission dictée par le réveil. Enfin, la même que la veille, mettre à manger sur une table toujours trop petite pour toutes les jambes de la famille. Leurs actes de bravoure se contentaient de payer les retards des factures oubliées et prendre le jour du Seigneur en otage avec un second job, histoire d’honorer leurs dettes au Dieu Noël. Je crois que j’avais la chance d’habiter l’immeuble en décomposition où vivaient tous ces héros et peut-être même le quartier en stand-by où ils opéraient secrètement ensemble. Si mes souvenirs sont exacts, il ne formaient ni une équipe ni une ligue mais plutôt une classe…

Le Président venait rarement les congratuler et curieusement on ne parlait pas d’eux à la télé et encore moins chez le libraire ! En guise d’applaudissements ils avaient des félicitations du conseil de classe, une perquisition les jours fériés ou une simple indifférence de la part de leurs enfants. Ces héros ne naviguaient pas entre la justice morale et la taille de leur égo, ils tentaient juste de survivre au jour suivant, un peu pour eux, beaucoup pour leur famille. Parce que c’est comme cela que vivent et meurent les héros ordinaires.

Mes héros allaient à l’usine™, ils n’en sortaient pas.

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Il y a des jours comme ça où l’on devrait se casser une jambe, plutôt que d’être de bonne volonté. J’en veux pour preuve une expérience d’aquaplaning en réunion qui m’a mené à croire toujours et encore que le bonheur se trouve en cale sèche. Même avec une chaîne.

La nature, comme dirait l’autre, c’est surfait, à présent que la mode écologique est dépassée et que le globe retourne tranquillement se perdre dans l’anonymat le plus complet, soyons honnêtes, le miracle de la photosynthèse ne vaut pas une dose de streaming ! Alors lorsque l’on me présente une croisière en canoë avec pour seul intérêt la qualité du décor, disons que ne connaissant pas l’unité de mesure du décor, je doute. Pour être tout à fait exact, j’emmerde le décor, de tout mon être, de toute mon âme, de chaque particule de mon corps meurtri d’homme d’appartement. Quant à Gaïa, vu les ravalements de façade que les riverains qui lui vouent un culte lui ont fait subir, je me refuse à protéger une pute!

Et oui, la nature ce sont les hommes qui en parlent le mieux, une pièce ou deux dans la main si possible, afin de défendre une cause quelconque. La nature ça vous gagne, mais ça paye encore mieux.

À peine arrivé chez le distributeur de végétation —et de bien-être en option— le cirque démarre avant que l’on ne me vide la bourse. Pour profiter des délices de mère nature en toute liberté, il faut suivre quelques règles de sécurité comme éviter les noyades spontanées ou prendre garde à ne pas manger la coque de son moyen de transport vaguement nautique, plutôt submersible et franchement réversible. Mais concernant les chapitres sur la pollution gastronomique et l’hydrocution pour les nuls, ils ont été retirés du programme par l’académie. Un public trop éduqué ne reviendrait pas consommer de l’écologie discount, même avec un salaire de smicard !

Tout est parfaitement orchestré comme dans la religion, celle de la nature a son guide, mais rien de prophétique, celui-ci est une juste synthèse entre un agent de la circulation et un videur de boîte de nuit. Aujourd’hui, le dealer de contemplation devant sa caisse enregistreuse moribonde tient plus du bébé bonobo que de la femme, mais dans l’expectative, je pense tout de même que la Planète des Singes est une fiction. Bref, elle a plus d’omoplates que de poitrine et plus de virilité que de grâce. Dans son cabanon de fortune, les muscles du visage constamment constipés, elle aboie —avec le ton maternel digne d’un Münchhausen— les instructions vitales pour une guillerette excursion. Du coup, je me sens à la fois en sécurité, tout ayant peur pour ma vertu.

Durant le trajet en autocar nous menant du point A « le porte-monnaie » au point B « la douloureuse », je me demande intimement si sauter en marche n’est pas la seule issue honorable. Trop tard. Sans que je m’en rende compte, je me retrouve avec un casque jaune poussin, un gilet de sauvetage pour nain, une pagaie manuelle et aucun esclave de location pour mon canoë. Voilà où mènent les excès du syndicalisme et le droit de l’hommisme low cost !

Après L’Homme et la Mer, voici l’homme et la rivière. Apparemment d’après mes informations le but de la manœuvre du jour est de voguer sur les flots tout en chutant le plus possible afin de se fabriquer des souvenirs à base de crises de rire et de courbatures. Ah, memory days, sweet bullshit…

Devant l’ampleur de la menace imminente, je tente vainement de pagayer à contre-courant, mais un homme seul ne peut rien contre le système. Alors je me laisse couler au fil de l’eau. Je voudrais faire du surplace, mais le décor continue à avancer.

À chaque cascade je joue au Titanic, puis au Grand Bleu.

J’allais oublier, cette traversée ne se déroule pas en solitaire, une armée de touristes —plus primates que diplomates— m’escortent tout au long de mon calvaire sur cette galère de location. Les congés payés, huilés, ventripotents et couinant s’agglutinent en famille sur des berges déjà trop colonisées, dans des maillots de bain trop étroits pour espérer y trouver le moindre désir. Tous alignés sur le peloton d’exécution, prêts à se faire bombarder par un cancer de la peau depuis leur soleil idolâtre. Hum, ce n’est pas un dû, mais un choix. À tous les observer jouir des vacances qu’ils pensent modestement mériter, je me dis que l’absence est une plus juste punition que le manque. En m’éloignant j’entends encore la cadence militaire des mâchoires de ceux casse-croûtant à l’heure pile de leur horloge interne, la pointeuse toujours la pointeuse.

Puis je dérive poliment à la recherche d’une île déserte en attendant un quelconque abordage ou une providentielle crue. Tout autour de moi, mes camarades de pataugeoire s’escriment en espagnol, en anglais, en italien, en allemand, en dessous de tout. Certes il y a différentes façons d’attendre la mort et les vacances sont un bon palliatif où pour passer le temps il faut baratiner, mais par pitié faites-le en français! Disons qu’à échelle d’un canoë, l’Europe tient autant de l’hypothèse que de l’hypothèque.

Et la nature dans tout ça? Rien à signaler, du moment que personne ne la prend à témoin pour une vendetta idéaliste ou un loisir inachevé, elle la met en veilleuse. Même souillée, elle ne crie pas, elle se laisse faire, elle ne sent plus rien, elle a abandonné depuis trop longtemps pour encore aimer. Moi, je la prends pour ce qu’elle est, un décor comme un autre, mais je la préfère encore en photographie qu’empaillée…

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