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Archive for novembre 2009

 

Je n’arrive pas à choisir entre le menu classique et une épidémie démodée
(Resto du coeur 0 – Sida 1)

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Cette semaine, au programme de  l’observatoire des sociétés mourantes :

Mercredi 2 : 36 15 Me Myself & I : « Sociabilise-toi ! », qu’on m’avait dit.

Samedi 5 : Teaser en série (17) Black Dynamite

Et la nouvelle rubrique prend encore un peu de retard – elle sera à base de texte, d’animation vidéo et de musique – donc un peu de patience !

Prenez le temps, avant qu’il ne vous prenne

Foutraquement…

SS

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Je n’arrive pas à choisir entre la politique business et la neutralité islamophobe
(France-Rwanda 0 – Suisse 1)

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J’ai eu la vie que je pouvais. J’ai un spectacle à la place du cœur, alors jouez jusqu’à disparaître de ma mélancolie.

Je ne suis qu’un homme complexe avec un plan simple, une ligne de vie définie que je refuse du bout des doigts, sans te retenir vraiment, lorsque tu claques la porte pour ton propre échappatoire, ailleurs, sans plus personne à blâmer, à connaître, à décevoir.

J’attends d’avoir l’avis des autres pour me dire que seul le mien compte, perdu que je suis entre la postérité périssable et une psychanalyse non remboursée, la vacuité du moment présent et l’impossibilité de l’infini. Je cours, je coule à ma perte, lentement, doucement, en emmenant tous ceux que j’aime dans ma chute, mais assez loin de moi pour qu’ils me manquent.

Je ne vis qu’au travers de femmes, à croire que j’aurai voulu en être une. L’une me voit comme une maladie imaginaire qu’elle a partagée un jour, l’autre comme une pièce manquante qu’elle rangerait dans son livre des petites choses, les dernières comme le père qu’elles n’auront jamais eu, excepté dans le flou parfait de leur enfance. Moi, je préfère me souvenir d’elles toutes, telles des fantômes, plutôt que de les quitter.

Le sursis permanent est un meilleur moteur que le bonheur fugace, toutes les absences, les abandons, les falsifications d’identités dans mes albums de famille décomposés suffisent à donner un sens à ma folie ordinaire, celle du temps qui s’épuise de nous, toujours et encore, quand l’automne est déjà là.

J’ai besoin de me sentir seul pour pleurer devant vous, me sentir aimé dans tes bras trop grands que je ne comprends pas, me faire pardonner ces erreurs qui sont miennes mais que je t’attribue, oublier que ma prison n’a jamais eu de barreaux pour nous séparer. Seul, je me recueille à chaque enterrement, au milieu de ce vacarme – moderne et dépassé – respirant trop vite pour mon histoire qui nous ponctue puis se conclut.

À n’être plus personne, j’en deviens un meilleur personnage que j’articule méticuleusement au gré de mes déceptions récurrentes et des tiennes aussi. Lui, il est un moi en mieux, puis je mets en scène des accidents plus commodes qu’hasardeux pour ne plus avoir à regarder en face ou en arrière.

J’ai occulté vaillamment tant que je doutais, tant que je pouvais le fait qu’il y avait un dehors et un peut-être, trop muré que j’étais dans ma bulle, trop usé par des adieux que l’on me refuse, la médecine et Dieu n’ont pas leur place dans mon théâtre à l’échelle d’une vie.

Les noms des amours, les saisons anonymes, l’Histoire des manuels changent, mais pas moi, non. Ce qui est n’a plus d’importance au regard de ce que je pense sans le croire, ce que je souffre sans ressentir, ce que je cherche sans rien trouver.

Les jours de joie m’échappent inexorablement, les uns après les autres dans l’ordre du calendrier, je les ai gâché d’un mot, un seul, en priant mon nombril de les faire revenir au crépuscule de mon art, mais à leur retour, ils se meurent pour mieux me maintenir en vie, en stase.

Mon existence est un décor identique à mes souvenirs les plus valables où je peux à loisir répéter jusqu’à épuisement l’avant, l’hier, celui qui n’a plus de futur, celui là même que l’on a maintenant, mais qu’on ignore pour le moment, obnubilé par son prédécesseur.

Je me sens vide de vous et déserté par mes démons, les mémoires immortelles ont délaissé mon désir de survivre pour la prochaine inconnue, mon orgueil de petit homme parlant de solitude comme du temps qu’il fait, depuis j’entends une voix douce, calme, affectueuse qui pense à ma place, qui m’intime quoi dire, qui étrenner et quand mourir, enfin.

À lire en écoutant Jon Brion – Little Person

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Je n’arrive pas à choisir la fabrique à délinquance entre et Think different’s moral
(Couvre-feu 0 – Nicotine 1)

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Je n’arrive pas à choisir entre l’absence de passé et l’adrénaline en continu
(La mémoire 0 – Le savoir 1)

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J’avoue être resté sans voix, voire passablement dépité pourtant je le savais depuis presque un an déjà, à la fin de ma glorieuse et prometteuse 25ème année, je n’existerai plus, pour plus grand chose et pour plus grand monde.

La machine humaine est une affaire rondement menée, presque sans failles. Au départ, chacun doit gagner la parole pour passer son temps à écouter l’impératif sous toutes ses formes, ensuite quand on peut raisonnablement donner des ordres plus personne ne nous écoute et finalement on perd la parole et l’on recommence à nous parler à l’impératif, mais cette fois comme si on n’était pas là.

Hum, un couloir pour tous avec une chance de porte de sortie pour chacun, voilà un challenge flatteur! Quelle belle perspective en prévision du tunnel et de la lumière. Moralité, j’aurais dû apprendre l’économie et la théologie afin de franchiser la vente d’espoir.

Du quart de siècle fraîchement dépucelé qui était le mien à l’Alzheimer prophétisé que je n’atteindrai peut-être pas, je m’occuperai comme je le pourrai en faisant des dons en nature – 2,8 fois – à la natalité ainsi qu’à ma fiche d’imposition afin de perpétuer le cirque ou la vie, c’est selon.

Dans le meilleur des cas, j’invoquerais la réussite pour acheter mon droit d’exister aux yeux de tous. Dans le cas contraire,  je m’excuserais en rampant – en un silence masochiste – de ne pas participer au grand jeu de la norme, et entre les deux je prendrais volontiers en otage une personne minimum dans mon lit et on attendrait en se méprisant, plus ou moins patiemment.

Jusque là, rien de spécial, je feignais l’évidence, ceci étant en refaisant ma carte 12-25 le dernier jour de mon importance parmi les jeunes. Je me sentis partir un peu comme si je devenais un souvenir ou une nouvelle statistique. Mais à minuit le couperet est tombé tel une exécution publique, bienvenu dans le monde des poches vides, du plein tarif, du cash et comptant !

En supposant que je tienne plus ou moins le coup jusqu’à la carte Vermeil, qui accompagnera mon démantèlement annoncé et la possibilité de langer mon incontinence, qui me dit que ma concession pour la postérité ne deviendra pas une fausse commune pour les livres d’Histoire? Ce qui est sûr c’est que je ne suis plus assez jeune et pas assez vieux pour quoi que ce soit, mais plus que jamais rentable et une chaire à canon sophistiquée avec le droit de la fermer !

La retraite c’est un fantasme taillé sur mesure pour le système de santé, voire pour l’un de ces crédits que l’on peut léguer en héritage. Et la jeunesse dans tout ça, c’est la seule indemnisation que j’obtiendrai, mais personne ne m’a tenu au courant, j’en aurai sans doute mieux profité au lieu de singer la bienséance de ceux disant merci avant de mourir.

Les forces vives de la nation, l’avenir du pays, cela relève autant de la publicité mensongère pour les caprices du PIB que du coup de pression patriotique. Alors, prendre les armes ou la tangente : je n’appelle pas cela un choix.

Franchement, en dépit du bon sens, sans jouer sur la carte « repentance, misérabilisme et esclavage » comment allais-je faire pour obtenir ce respect dont jouissent les handicapés, les chiots ainsi que les femmes enceintes ?

Etant donné mes perspectives de croissance et le prix d’une thérapie, je regarde ce que font mes congénères pour prendre la place qui est censée être la leur dans le monde des illustres. Devrais-je m’inventer l’une de ces carrières artistiques où l’on préfère le miroir à soi-même ou voyager à travers les Hommes en confondant quête spirituelle et fuite en avant ?

Je pourrais tout aussi bien tenter de me reproduire modérément au vu de la population mondiale. C’est un compromis d’hygiène de vie assez séduisant, beaucoup de plaisir, parfois même avec sa partenaire, un peu de garderie, c’est peu de chose pour obtenir la symbiose entre un ami et un animal de compagnie, un enfant et pas mal de responsabilités morales, pénales, économiques, hypothétiquement affectives, une modeste manière d’occuper ses loisirs, en somme.

J’ai trouvé ! Oui mais c’est bien sûr, je pourrais avoir un but, un combat, une croyance dans la vie, avoir un avis comme le con d’à côté, mais en ayant raison. Sachant que j’ai les mains moites et que les marches militaires m’incommodent au plus haut point, je pourrais distribuer des tracts ou défiler mollement en faisant comme les autres une fois la farce du 1er Mai venue.

En même le temps le nihilisme est la religion la plus à la mode. Ne rien faire, ne rien penser tout en adhérant à un mouvement qui n’en est pas un, cela me semble être une mascarade à la hauteur de celle qui nous est présentée comme un moyen d’accéder au bonheur et, fonction des confessions, à la vie éternelle.

Avec tout cela, je ne me suis toujours pas décidé. Il faut que je me presse avant qu’on ne le fasse à ma place songeais-je. Aux dernières nouvelles, je fais la course comme tout le monde en me dopant un verre à la main, mais j’aime à penser que les paysages qui nous observent valent mieux que la ligne d’arrivée qui nous nargue en reculant. Dans ces conditions, je vous laisse terminer premiers, bien volontiers !

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