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Je n’arrive pas à choisir entre les frivolités ministérielles et  le contrôle social
(Alain Joyandet 0 – Cybercriminalité 1)

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Enfant, je confesse avoir eu une tendresse particulière pour mardi gras, sûrement parce que cela me permettait de m’affranchir des classes, des genres et que celui qui avait la plus grande imagination pouvait rivaliser avec celui qui recevait le plus d’argent de poche, durant une journée, pas plus. Mais la récréation est terminée depuis mon premier baiser et, dès lors, l’adulescence est devenue une marque de fabrique suffisamment rentable pour l’ériger à l’état de religion, incarnée par des gadgets de surcroît.

Et fort logiquement, ce qui devait arriver arrivera, cette course-poursuite contre le futur engendre des résurgences plus où moins fondées allant de la phobie prophétique aux régressions straight edge. Nous sommes sous le joug de la loi des clubs où les exemples intègrent plus que les exceptions. Mort au communautarisme, vive le communautarisme ! Apparemment le gène de l’autodestruction demeure un facteur récessif en chacun de nous, peu importe le côté de la chaîne de production.

Dès lors que les cotillons et cette farce ne cessent de recommencer encore et encore, j’en reviens à me dire que je copie pour ne plus penser, je colle pour ne plus écrire, je joue à Dieu par écrans interposés, je joue à l’Homme une fois déconnecté.

[Avant la fracture numérique, la plupart du temps, nous devions vivre avec le masque adéquat pour nous assurer du soutien moral et logistique de notre prochain. Maintenant, à l’ère du gigantisme microscopique, il faut tout réinventer surtout qui l’on est, sous peine d’être dépassé par je ne sais quoi. Le «après», quant à lui, bien heureux sont ceux qui le connaissent déjà car à notre stade même la meilleure des sciences équivaut à du charlatanisme.]


Comme le disait si brillamment la Compagnie Créole :

«Aujourd’hui,

Je fais ce qui me plaît, me plaît

Devinez, devinez, devinez qui je suis

Derrièr’ mon loup,

Je fais ce qui me plaît, me plaît

Aujourd’hui, (aujourd’hui) tout est permis (tout est permis)

Aujourd’hui, (aujourd’hui) tout est permis (tout est permis)»


Quelle est la différence entre l’anonymat classique et les avatars modernes ?

Le premier prend pour acquis que la postérité n’est qu’une vulgaire histoire d’argent, tandis que le second veut désespérément que l’on se souvienne de lui pour ce qu’il n’est pas. De ce fait, j’en suis presque à accepter – armé d’un rictus – la fin de ma carrière précoce à votre jubilé infini et gratuit. Puisque l’époque est à l’heure cannibale où l’on se délecte de son prochain en lui accaparant son espace, autant faire preuve d’une de ces lâchetés masquées, logotypées, marquetées et communautaires qui font de nous le seul animal capable d’anéantir son prochain en quelques clics, uniquement pour le plaisir. Résultat des courses, même pas mort et même pas mal, puisque tout est une histoire de gardiennage de temps à perdre.

Quoi de mieux que de se mettre dans la peau d’une icône? Il n’y a rien de mal me direz-vous, ainsi une poignée d’Hommes invisibles finiront par croire en eux et c’est déjà ça, mais le problème de toutes les images – outre leur tendance à la dictature divertissante – réside dans leur nature où la première des absurdités venues se retrouve canonisée à l’état de vérité. Alors et qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? Vraisemblablement pas le cachet du régime du «tous différents de la même manière !».

À présent nous pouvons à loisir modifier nos profils pour ne plus nous regarder en face. Evidement je ne parle pas de métamorphose, mais uniquement de lifting. Tout ceci n’est qu’un jeu.

Que certains préfèrent la technologie à la foi, je peux l’admettre – après quelques verres – par contre concernant l’hégémonie numérique pour notre bien et la réflexion assistée par ordonnateur, je passe mon tour car en dépit des certitudes des dealers d’anticipation, on ne me fera pas passer une transition pour un avenir durable qui emporterait tout sur son passage y comprit ce qui l’a crée. Et comme le chantage à la propriété va de pair avec les modes nouvelles, la machine à extrémismes est en marche, et elle sera mère de troubles musculo-squelettiques ou de nouvelles parts de marché. Plus que l’égo, plus que la reconnaissance, plus que le pouvoir, tout ceci est une affaire de violence réprimée depuis la première berceuse et travestie en industrie culturelle.

Alors l’idée reçue selon laquelle nous serions en pleine révolution est aussi grotesque que de proclamer que la Terre ne serait qu’un immense disque dur, nous avons simplement l’insigne honneur d’être membre d’un supermarché sur mesure, vendant aussi bien du prêt à penser que de la schizophrénie en kit.

Jusqu’à preuve du contraire, je suis le fils de mon père, lui l’était du sien et ainsi de suite, ce qui contribue à la réalisation du puzzle de l’identité héréditaire. Cela ne suffit plus, nous voici donc au stade de l’individu ex nihilo en route pour une carrière de deus ex machina ! Le monde qui avance toujours par habitude demande de suivre sans broncher – se justifiant à l’aide de la fin du monde – en nous disant qu’il nous sera impossible de faire marche arrière. La science fiction n’a plus sa place face à nos banalités.

Le progrès est un détail amusant, mais il n’a d’intérêt pratique qu’au travers de nos passifs. Alors, disons que la chirurgie reconstructrice et les personnalités interchangeables dès que l’on se logue, c’est une idée plus séduisante que d’avoir à portée de bras tout le bagage génétique qui ne nous consulte jamais. Mais j’ai du mal à croire que l’on puisse en sortir indemne à terme en s’extirpant à volonté de sa narration originelle, car le mensonge permanent conduit à l’amnésie définitive. Et puis, je suis intiment persuadé que la mémoire et l’âme ne sont qu’une seule et même personne. Déjà qu’il n’y a pas grand chose à gagner ici-bas, mais de là à tout vouloir perdre, pourquoi ?

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Je voudrais très sincèrement – en croisant les doigts – suivre le mouvement des mensurations idéales et du QI pour tous afin de m’éviter toute réflexion plus futile que fugace, mais personne ne fera passer un crash-test pour du morphing. La transformation est le maître mot de tout bon hold-up qui se respecte, elle justifie tout et veut notre bien. Mais cette mutation, outre le fait de satisfaire le plus grand nombre et de conforter dans leur modernité ses commanditaires, laisse sur le bas-côté les plus vieux, les plus lents, les plus indigents et pire, ceux qui n’opinent pas du sous-chef à la moindre évocation du futur du conditionnel…

Je copie donc je suis, je colle donc j’ai été. Puisque l’imagination est morte étouffée dans l’autofiction et que la créativité n’a jamais existé au-delà des mains droites hyperactives, embrassons goulûment le règne du copier/coller. Lorsque l’impossible est devenu encore plus banal que la passivité, la messe était dite. Je voudrais bien faire preuve de l’une de ces dilatations d’esprit dont l’industrie du prêt à penser a le secret, mais la culture des 3/8 laisse peu de place aux fantaisies existentialistes. Faire du plagiat une hygiène de vie, voilà le challenge en passe d’être converti en révolution participative !

Je crois que celui qui tisse des liens est moins néfaste que son destinataire et celui qui reproduit le schéma. Qu’il est beau le progrès, maintenant l’usine est dans notre salon et on l’en remercierait presque ! Artistes en tous genres, créateurs amateurs, promoteurs convaincus et propagandistes nés dans une carte de presse, rengainez vos indignations stériles et votre Histoire partisane, je vais m’expliquer devant vos yeux ébahis et la time line de vos vies complémentaires. Je veux bien humblement admettre que tout et n’importe quoi peut légitimement être considéré comme une œuvre par les constructeurs de régime culturel et je veux bien m’acquitter de ma part d’O2 en concédant quelques actes de contrition envers le futur en pièces détachées et pixels immaculés, mais jamais au grand jamais, je ne donnerai du sens à ce communautarisme à 29,90 euros où embrigadement rime avec divertissement ! Rien de grave me direz-vous, alarmisme, fatalisme et paranoïa éructerez-vous. Soit, mais quand chacun commence à mettre un masque et à changer de nom pour appartenir à un groupe ce qui doit arriver arrive.

Il y a fort à parier que nous serons sûrement sauvés par nous même entre le cannibalisme économique, la boulimie affective et notre instinct nouvellement chronophage. Je ne sais pas, c’est tout ce dont je suis à peu près sûr et à partir du moment où tout devient une vérité – immédiate – c’est qu’elle n’a jamais vraiment existé dans notre époque à fabriquer du vide.

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Je n’arrive pas à choisir entre la désinformation et la désorientation
(Bisphénol A 0 – Huis clos sur le Net 1)

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Le jour où le web s’arrêtera, j’aurai une telle gueule de bois que je ne suis pas persuadé de m’en rendre compte. La drogue est bonne conseillère et l’illusion en pixel est mieux faite que la banale réalité. Chez nous, les animaux marchant fièrement sur leurs pattes arrières, les habitudes ont la vie dure et vivre dans le déni, c’est apparemment une forme de caractère dans notre monde. Nous, nous sommes le peuple de toutes les dépendances, de tous les liens, familles, amis, camarades, concitoyens, société, humanité, mais nous sommes surtout les concepteurs et consommateurs des placebos garantissant le vivre ensemble à la chaîne, que ce soit une carte postale, une guerre de voisinage, des noces d’argent, une catastrophe naturelle ou le réseau mondial des flux. Restons connectés peu importe le prix de l’hypocrisie pourvu que nous ayons l’ivresse de la fraternité. La communication n’est pas un moyen, mais une fin, enfin… avant que nous ayons besoin de nous appeler pour nous indiquer les uns les autres que nous voulons nous voir.

Le jour où le web s’arrêtera, je ne saurai plus comment perdre mon temps et avec qui partager mes instincts chronophages. Le temps, c’est bien lui l’axe central dans cette supercherie hi-tech. Comment en gagner, comment ne pas en perdre? Ensuite nous pourrons nous inquiéter de cet espace qui ne nous appartient pas. À s’informer les uns les autres jusqu’à l’overdose en créant le moins de contenu possible pour un maximum de visibilité, nous avons fait du vide une idéologie dominante tellement bien fragmentée en niches qu’inertie et underground en deviennent synonymes, et que chacun le défend ardemment. Avec la liberté totale comme œillère et la conspiration potentielle pour muselière, on peut maintenant tranquillement nous emmener en promenade dans le monde entier pour faire nos besoins – en haut débit, en sémiotique, en 3D – sans que nous n’ayons plus rien à dire.

Le jour où le web s’arrêtera, je repenserai peut-être par moi-même ou par les publicitaires, terminées l’assistance communautaire et l’influence sous tutoriels. Nous avons la prétention de croire que nous sommes dans un eldorado pour autodidactes, alors que l’on appuie sur les boutons qu’il faut, quand il le faut, que l’on remplit machinalement les cases avec nos identifiants bancaires, que l’on répond de la manière la plus canine au moindre bip de notre boîte de dialogue. Et si l’on ne s’en plaint pas le moins du monde en s’extasiant devant le nouveau gadget dont nous n’avons aucune utilité, c’est que la domestication a marché. J’aimerais bien être un de ces technophobes en mal de passé, mais je suis croyant, pratiquant et je constate que les religions inscrivent toujours en filigrane la menace imminente et permanente de l’apocalypse autant pour nous faire peur que pour nous maintenir en vie.

Le jour où le web s’arrêtera, je ne serai pas là car trop occupé à me chercher une importance quelconque – dans mon coma presque parfait – à écouter en boucle une compilation des enseignements de Snake Plissken sans pouvoir les mettre en pratique.

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Je n’arrive pas à choisir entre une adaptation mélodramatique et un amis qui vous veut du bien
(Outreau 0 – IDéNum 1)

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Je ne sais plus pourquoi ni comment j’ai débuté cette histoire de blog – entre mouvement et échappatoire – et d’écriture semi-automatique, voire arbitrairement improvisée. Projeter un instantané de sa conscience dans l’infini, pour certains, cela peut paraître anodin, addictif, expiatoire mais en prenant la mesure de l’inconnu, j’en ai le vertige et quelques éclats de rire en relativisant l’absurdité de notre sérieux !

Que dire de tout cela au vu de cette première année d’extime, d’essais de résolutions, de choix d’erreurs et de prises de risque en plein bad trip général ? Je ne dis plus rien, je m’abstiens et je ne peux que raisonnablement douter de ma folie qui préférerait me voir courir nu dans les rues et de ma rectitude qui me suggérerait l’une de ces désertions dont je n’ai pas encore le courage. Difficile pour moi dans ce cas de m’inventer un combat, un avatar et une communauté pour chercher la vérité ou simplement pour passer le temps.

Mais sachant que je ne suis pas du genre à combler mon ennui par des artifices numériques et que je rechigne à l’idée de faire de mon nombril un centre d’attraction, je peine encore à me remémorer pourquoi un misanthrope de mon acabit est allé s’acoquiner avec le reste de la planète qu’il ne peut pas voir en peinture, ni en pixel.

Ma décision de me convertir au monde du surmoi a été guidée par le simple fait que je ne me reconnais nulle part et que les individus de mon espèce ayant survécu à l’intégration pour les nuls, l’égalitarisme pour les laïcs et le nihilisme pour les lâches devaient bien avoir 29,90 euros à dépenser ad vitam æternam afin de continuer promptement à se moquer à moindre frais de leurs prochains. Et, apparemment, on a besoin de se désigner pour exister dans le grand registre de ceux qui ont la prétention de penser et la négligence de la prendre pour acquis !

Ce que j’ai appris à mes dépens et que j’ai aimé en pratique durant mes années nocturnes de radio, à l’heure où les langues reprennent leur dû aux masques, c’est que les gens qui me ressemblent – où l’inverse – n’ont ni le même pedigree périphérique, ni la même couleur de circonstance, ni la même religion, officielle ou non, et souvent encore moins la même géographie qui fait que c’est toujours l’autre qui est détenteur d’une frontière.

Et depuis toujours, viscéralement, j’ai fait fi des codes interprétables, des modes interchangeables, des communautés étiquetables, des causes malléables sans vraiment me poser la question du profil de la personne en face de moi. Ne vous fiez pas aux apparences, je n’ai pas en moi cette tolérance des plus grotesques béatitudes, mais j’ai un faible notable pour la différence qui n’en porte pas le nom et qui se garde de toute promotion ostentatoire, la différence qui n’existe pas dans les quotas d’époque ou dans la pitié séculaire !

Nous y sommes. Si j’ai voulu cette expérience de blog en définitive, c’était dans le but inavoué de parler à des sans visages, puis d’attendre des réponses dépourvues d’avenir. Souvent en fixant cet écran, je crois qu’il me regarde en s’interrogeant sur mes motivations pour justifier son mobile, celui de cette prise d’otage consentie, car la société du tous connectés a éradiqué la notion de lieu et de lien. A présent pour communiquer il faut montrer, se montrer puis regarder.

Et depuis mon rocher en forme de pomme avec la mémoire approximative sous le bras et une mise à jour constante de la nécrologie mondiale, je cherche de manière compulsive des questions lorsque tout le monde a les réponses…

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