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Posts Tagged ‘prêtre’

Thirst

Sur ton lit de mort tu as retrouvé cette vérité qui sort de la bouche avant l’âge de raison, avant l’ère du mensonge et maintenant tu essayes vainement de fuir en promettant à l’au-delà que le coma sera une meilleure prison.

Ne me demande rien sur ta destination, ressemblerais-je à une agence de voyage? Je ne peux que réciter la leçon de mon manuel de masochisme à l’usage des croyants, encore une fois.

Ferme les yeux, tremble sereinement, quitte-nous sans jamais partir, excuse-toi une dernière fois de tout ce que tu ne sais pas et choisis entre l’absolution et la rédemption.

Une fois le spectacle achevé, je retourne dans les coulisses pour le débriefing où mes collègues en nécrophilie parlent à coeur ouvert en aimant avec leurs regrets pour purger leur reste de conscience.

J’ai longuement hésité entre les patients et ma patience, il est donc temps.

Au sommet de mon art de psychotrope en soutane, je prends ma retraite dorée pour bons et loyaux services, je m’invente une mission divine et je confonds don de soi et suicide, à moins cela soit la même chose.

Résultat des courses, je me retrouve à la place des patients, un fiasco expérimental et une réorientation professionnelle, placebo le jour, poinçonneur la nuit.

Coincé entre mon job de starlette de bénitier et ma nouvelle passion pour la liqueur, je me répète sans trop d’espoir que je ne changerai jamais.

Moi qui buvais le sang du Christ en week-end, entre amis, j’ai perdu la foi, pas la soif.

Quelques gouttes suffisent, quelques doutes subsistent, mais les instincts ont eu raison de mes convictions.

Puis, au hasard de la détresse, après des nuits d’exode, je l’ai croisée, elle, qui donna pour toujours un sens à mon vice.

Tiraillé entre la première fois et le viol, l’amour à long terme et une passion suicidaire, je la dévore plus que je ne la désire, je la torture plus que je ne veux la détruire.

J’en veux pour preuve ces regards que je ne lui rends pas.

Ma première infraction sur sa peau laiteuse fut aussi violente que vitale. Revenu parmi les vivants entre ses cuisses, j’ai goûté aux péchés ainsi qu’au pardon en même temps. Sa bouche pleine de moi, son corps s’abandonnant sauvagement au rythme des gémissements confus, ses yeux à la dérive reprennent les affaires là où ils les avaient laissées, dans les miens.

Mais, elle n’était pas mienne, de la convoitise à l’adultère, j’étais condamné au meurtre, donc acte, pour enfin avoir droit à cette culpabilité menant à la monotonie à deux, cette douce agonie qui précède cet ennui dont on ne revient pas.

Une fois l’irrémédiable accompli, la morale refait surface comme pour mieux nous punir de ce que nous sommes devenus, alors moins tu m’aimes, plus tu les désires, autant je t’attends.

Notre maison nous sert de tombe de luxe, les visites y sont autorisées, mais plus personne ne parle vraiment en fixant ces photographies qui vieillissent sans nous !

Au moment précis où l’amour devient une habitude, il n’y a plus de plaisir, que des regrets individuels et des remords en commun, alors la violence domestique devient l’unique preuve à conviction de notre premier baiser.

Je t’ai tuée en te donnant ma maladie pour avoir quelques instants de vie près de toi, il ne me restait que le mépris ou le vol.

Depuis tu te venges de nous, en t’humiliant, en m’oubliant, en nous perdant, en offrant la mort à autrui avec ou sans son consentement, parce que ton visage a la douceur de l’innocence et que tu as le goût de l’interdit.

Et puisque ce qui n’a pas de fin n’a pas de sens, j’ai cherché la lumière pour nous deux, pas celle qui donne des réponses à la carte, celle qui vient sans prévenir, discrètement, en nous caressant, sans promesse d’un futur à conjuguer ou même d’un ailleurs à haïr.

Je préfère te garder une dernière fois contre moi, lentement, en silence, sans un mot de trop, plutôt que de te dire un de ces au revoirs qui n’engagent personne. Et en fermant les yeux sur le peu de rides de ton monde, le soleil s’est levé pour nous disparaître à jamais.

En perdition au milieu de tous dans une rue déserte, elle s’évade le temps d’une nuit pour retrouver une vie qu’elle n’a plus, mais elle reviendra comme à chaque insomnie.

Elle empruntera les sombres desseins de la ville, le monstre urbain au teint grisâtre, à l’haleine polluée, au destin jamais scellé et aux fêlures à l’âme. Il prend toujours plus qu’elle ne donne en faisant courir les Hommes derrière des titres, des chiffres ou un peu de bonheur en viager.

La géométrie des lieux négocie sa personnalité aux illuminés qui l’habitent entre deux journées de travail, entre le mutisme de l’heure du crime désinhibé de tout ordre et la prudence des alcooliques reconnus par les poubelles qui évitent poliment de trop les connaître.

À la croisée des chemins, aux détours d’une silhouette pressant le pas, on se suggère que les ombres fuyantes nous mèneront à une terre promise ou un cul de sac.

Quand je vois la vie depuis chez moi, tout me semble millimétré à la seconde près de la mécanique de la violence à la magie sentimentale, alors que nous ne sommes qu’une succession d’accidents dans un jeu de hasard appartenant à une boule qui tourne sur elle-même.

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le petit pays

Je n’arrive pas à choisir entre le passe-droit de l’intégrisme et la culture des congés maladie
(Vatican 0 – les instituteurs 1)

instituteur malade

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etre partout et tout le temps

Un dimanche quelconque au début des 90’s, dans l’une de ces enclaves champignon oú Dieu est une alternative valable à une cirrhose de la foi républicaine.

1m40 de puchlines anticléricales et 50 kilos de rejet d’intégration pour les nuls, voilà ce que mes 10 ans avaient à opposer à la mythomanie dominicale mi théologie pour les croyants et mi café du commerce pour les pratiquants.

Quand on est le seul petit nègre de l’église en province et avant que Mickaël Jackson n’affranchisse les beaufs de leur racisme à bas prix, on fait silence.

On avale l’étouffe chrétien apéritif et on prie pour un échantillon de cubis afin  d’humidifier la rampe de lancement de ceux qui découvriront que Dieu fond dans la bouche.

(merci d’appliquer cette boutade aux religieux de votre confession la plus proche, la direction se refuse d’envoyer tous les catholiques aux lions)

carre_blanc

Ma première punition vient du côté scolaire de la messe entre le contrôle continu et la pédagogie pour les brebis.

La vérification de la connaissance des paraboles accompagne les récitations à l’unisson et l’affirmative des hypothétiques désirs du vendeur d’au-delà.

Je me suis toujours demandé ce que cachaient les regards des fidèles durant les oublis de partition du prêtre.

L’amour de son prochain induit-il systématiquement une suspicion de tous les instants et surtout encourage-il la concurrence et la rentabilité de la ferveur?

En fin de représentation, les clients espèrent secrètement et toujours un rappel qui ne vient pas, en levant les yeux vers la voute en arc d’ogive attendant une de ces subventions laïques dispensées au premier signe d’épuisement de la législature en place.

La troisième mi-temps spirituelle se transforme en comptoir pour spiritueux, mais de quoi pouvait-être faites les polémiques entre la chute du mur de Berlin et la première Guerre du Golf?

De pas grand chose à vrai dire, comme de nos jours, un peu d’animalité sportive, quelques flatulences politiques, beaucoup de diplomatie familiale…

Alors, j’ai quitté le peuple de la terre plate pour le troupeau du ballon rond.

Avec le recul, ce fut une bonne décision pour de mauvaises raisons.

Dieu

carre_blanc

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Chers membres de l’observatoire des sociétes mourantes,

Non, je ne vais pas mettre le blog en stand by.  Mais durant l’amnésie estivale, je vais travailler sur la revue « Le Déserteur », ainsi que l’album de Sardabi et préparer la sortie de mon recueil de poésie « Portraits robots et poupée de chair » le tout pour l’automne.

Cependant, il y a aura chaque jour des « certitudes du doute… » ou des « Ghost Post » et cela jusqu’au 7 septembre.

Foutraquement

SS

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Merci à l’oeil de la baronne

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