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Je n’arrive pas à choisir entre la prévention et la pédagogie
(Taser 0 – Chemical Food 1)

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Si vous voulez un conseil, passez votre chemin, non, en fait restez finalement et suivez à la lettre les instructions de ce kit de survie entre gens biens.

À vrai dire, je ne me rappelle plus exactement – ou je fais semblant – comment tout cela est arrivé en un instant, avant je savais où me mènerais ma destinée statistique et puis après je doutais même que cela se soit déroulé. Vous savez, les accidents, je peux les comprendre, la maladie, je peux l’admettre, mais la folie aléatoire en communauté, prononcée par un anonyme du bout de son index, je ne veux l’accepter, sous peine d’être tentée à mon tour de me taire pour toujours. Ce qu’il y a de plus effroyable dans le silence, hormis sa présence, ce sont ses premiers bruits étouffés, isolés, uniques qui persistent et résonnent tel une peur primaire des glandes salivaires et des reins qui fuient.

Lorsque la lâcheté se propage pour mieux nous guider dans le noir, certains sont tentés de refuser tout net son aide illégitime, comme si la morale qui leur servait de tuteur et la loi qui les maintenait dans le droit chemin allaient ensemble répondre à la question de la vie après la mort en offrant à la science et à la rubrique nécrologique un bouclier de chair et de sang. Depuis ma tendre enfance – comme le veut l’expression – je regarde les Hommes tomber pour des idées plus ou moins bonnes, mais ils ne se relèvent que très rarement pour corroborer leurs théories. Avoir raison, cela doit être une histoire de verticale. Je voudrais quantifier le poids sur nos épaules, puis je pourrais qualifier cette certitude qui embrase la mortalité, mais le courage été inventé pour ces moments précis, alors j’abandonne.

L’héroïsme, en voilà un mot qui force le respect, sépare les cadavres, justifie la violence et alimente le suicide en uniforme. Etrangement ce sont ceux qui lui sont totalement indifférents qui en parlent le mieux. Je préfère l’évoquer au futur plutôt que ravaler mes sanglots au présent. Finalement l’héroïsme est une croyance où chacun a sa chance, enfin certains plus que d’autres.

Le seul inconvénient avec l’héroïsme demeure sa durée limitée et la création quasi immédiate d’une autre opportunité de l’invoquer, mais l’existence est une entreprise qui ne laisse que peu de place au hasard et au libre arbitre en pourvoyant des substituts adaptés à toutes les névroses possibles et imaginables. Dieu, l’Amour ou la chance : nous vous présentons le triptyque infaillible tenant à la fois du réconfort absolu, de la promesse éternelle et de la potentialité de duperie nécessaire à tout bon travail à la chaîne. Je n’ai pas encore fait mon choix, mais je me vois mal donner mon âme ou mon cœur à qui que ce soit.

Si la détresse devient trop forte, n’hésitez pas à sonner l’alerte en entraînant le plus de personnes possible dans votre délire au caractère divin, la pitié du troupeau est à ce prix et lui n’attend que des occasions comme celles-ci pour briller de toute son humanité, de toute sa communauté. La souffrance, il n’y a pas à dire, elle est de meilleure facture que la solidarité, universelle et injugeable à la fois, une arnaque parfaite pour le service après-vente post-traumatique. Le passé de ce moment perdu me manque intimement comme s’il s’était procuré sans permission une partie de mon âme. Je l’ai vu fuir des lieux de la scène du crime en commençant par la gâchette pour continuer le long du canon encore fumant se retirant de ma boite crânienne pour enfin finir sa course effrénée contre le mur du fond fraîchement repeint.

Nier ou accepter les évènements, cela revient plus ou moins à la même chose, le point fixe de la réalité se distord fonction du nombre de croyants, de la mémoire résiduelle, du culte de la vérité en vigueur et, le plus logiquement du monde, tout et son contraire engendrent des souvenirs parcellaires et des rémissions jetables. Dans ce cas de figure, il est plus que tentant de rendre ainsi service à la communauté en laissant sa psyché à la disposition d’un professionnel des neuroleptiques pour se retrouver à l’arrivée avec plus de problèmes qu’au départ, ceci étant cela en dit beaucoup sur la santé mentale de notre liberté capitonnée. Il ne reste que mon casque d’écouteur ou la petite voix dans mon crâne pour endiguer ma perdition en pilote automatique, un sourire en devanture pour tous.

La différence entre un incident et un accident, c’est que généralement le premier se prend très souvent au sérieux et que le second s’excuse presque d’exister. Pourtant les deux interfèrent dans le trafic humain pour mieux le fluidifier, à bien y réfléchir. Dans le cas particulier d’une maladie en commun, le premier et le second conjuguent leurs efforts pour mieux cautionner le masochisme de chacune des parties et montrer du doigt un inaccessible à la portée du premier venu, faut-il encore que tous ces excès que l’on traduit par d’irrépressibles besoins, soient en réalité de vulgaires envies. Je crois que la mort anodine donne de la vie à ceux qui ne font qu’en parler, que la regarder, que la rêver à travers un fantasme sur mesure – le voisin dans son lit, l’inconnue de l’autre côté.

Pour revenir au point de rupture lorsque l’on voit les choses, puis les gens nous échapper sans que nous puissions prétendre à avoir la moindre incidence sur celles-ci, il faut revenir à la base de tout, à l’animal qui est en nous et dont la peur primale nous préserve de notre intelligence surcôtée au moment d’éviter les balles vaguement perdues. Je vois encore au ralenti les mouvements d’une échappée chaotique touchés en pleine course vers la sortie la plus proche par un projectile ne possédant pas plus de raison que son propriétaire, je sens l’atmosphère électrique et l’effroi latent dans ses respirations saccadées et hébétées, le temps qui fait une pause, les oreilles confuses et le pouls désinhibé de toutes les ordonnances. Tous les jours, je me soigne de ces images en m’emprisonnant dans d’autres.

Mais au final, même les meilleures évasions ont un terminus, car à marcher seul toujours et encore, trop souvent, on se lasse même de la liberté qu’offre la solitude. Le déni a ses limites dès lors qu’on n’a plus personne à regarder en se retournant. Ce sont les autres qui nous ramènent sur les rails bons ou mauvais puisque la folie n’est pas un moyen, mais une fin. J’aurais plus de temps qu’il ne m’en faut pour customiser ma psyché et accepter, accéder aux évidences en vente au pays du bonheur pragmatique, et voilà, nous y sommes au moment du happy end qui ferme des portes pour ne pas assumer la suite…

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Je suis venu vous dire qu’il est parti… Et que son retour n’est pas une option ! Nous y sommes, comme à chaque fois, ce moment suspendu et furtif où en l’espace d’une seconde ineffaçable quelques mots froids solennellement alignés ouvrent une porte – précédée de trois lents, longs et secs « Toc, Toc,Toc » – avant de la refermer à jamais sur celui ou celle qui la tient fébrilement ou férocement. Je crois qu’à chaque fois que j’apporte la mort officiellement dans un foyer en pleine expectative espérant un miracle sans y croire, ma respiration trahit ce que mon cœur fuyard puis implosif nie et, durant cette partie de cache-cache lorsque qu’il ne me reste que mes entrailles pour me vider ainsi poliment devant la peine d’autrui, j’en suis à implorer la violence plutôt que le silence.

La mort est une manie incurable, une œuvre posthume, une industrie sérieuse et perpétuelle, surtout en temps de guerre, et plus on la déshumanise moins on s’en souvient. Dans mon métier, on tire avant de parler et maintenant que pour moi il n’y a plus de cibles mouvantes, j’ai du mal à reprendre la parole sans m’accrocher piteusement à la personne en état second à laquelle je m’adresse pour la première et dernière fois. Je dois faire preuve dans la mesure du possible de la plus grande des considérations administratives, mais en aucun cas de compassion fraternisante car elle me rappellerait à la vie puis à la peur pour me laisser sans ferveur ni victoire.

Quand les portes claquent de rage ou d’abandon, quand les sanglots s’étouffent mutuellement, quand l’hystérie résonne jusqu’à qui veut l’entendre, j’ai déjà tourné les talons d’un pas aérien et dans un bruit sourd. Mes yeux dans ma tête et elle-même dans mes mains, en vitesse de croisière, je prends la fuite en cherchant nerveusement mes clefs de voiture, le souffle las de tout ça, je ne regarde ma cible dans le rétroviseur qu’une fois l’envie de vomir et le besoin de pleurer passés. Il faut croire que j’ai en moi plus de regrets que de courage, la survie est à ce prix.

La bravoure apparemment ne s’achète pas, ne se loue pas, ne se prête pas, on nous la donne en médailles, en discours, en félicitations, en reconnaissances si l’on tient suffisamment longtemps pour ne plus être comme tout le monde et que l’on a la décence de ne pas trépasser pour en jouir en société. J’estime amèrement être entre les deux, normal et absent, colonisé de cauchemars qui ne sont pas les miens, persuadé que tout le malheur du monde repose sur mes épaules et que j’en suis responsable en dépit du fait que l’on ne m’a rien demandé ! J’aurais pu choisir en premier lieu les joies de l’autodestruction, mais au moins avec l’auto flagellation, j’aurais le temps nécessaire de faire pénitence envers je ne sais pas qui ou de trouver un sens à je ne sais pas quoi !

Mais pour l’heure, derrière les stries de mon verre à moitié plein, je regarde les Hommes tomber en faisant du surplace sur leur passé d’ancien combattant et de nouveau combattu. Ceux qui reviennent entiers ou pas de l’industrie de la mort gardent toujours en souvenir une partie du capital de l’usine qu’eux seuls peuvent comprendre, alors l’amour et l’amitié n’ont pas leur place sur ce chemin étroit, sinueux et incertain. Et les jours défilent les uns après les autres comme pour me narguer pour toujours, comme pour me garder sur mes deux jambes, comme pour me protéger de moi-même. Mi-temps, pause, pouce, je n’en peux plus, ce soir je vais mettre ma tête à l’envers afin d’y voir plus clair, enfin jusqu’à demain.

J’ai fait mon devoir, j’ai servi mon pays et il est fier de moi comme ils disent. J’accepte plutôt bien et je ne rouspète plus, ceci étant j’ai une menue réclamation à présenter. Certes, on ne ramène pas les morts à la vie, mais concernant mon temps, qu’en est-il, comptez-vous me le rendre ? Ce n’est pas que je n’aime pas ma patrie, mais mon répit j’y tiens absolument puisqu’il est tout ce que j’ai et, par dessus tout, ce que je suis intimement – les photographies de mes vacances diplomatiques l’arme à la main ne me vont que peu au teint ! On m’a répondu que l’armée ne pouvait rien pour moi concernant ce dossier « sensible », mais je pouvais toujours si je le désirais m’adresser au vendeur de religion de mon choix…

Le truc avec les mutations, les missions, les délocalisations, c’est que l’amour ne rentre pas nécessairement dans un kit de survie et que les relations à distance ont été créées pour la mythologie de l’adolescence où tout est pur, même la tromperie. J’aurais dû m’en douter, c’était inéluctable, c’est toujours mieux comme ça et je m’en remettrai ! Toujours est-il qu’en apprenant la patience à force de correspondances, d’illusions et de masturbations, personne ne m’avait indiqué au préalable qu’il y aurait des conséquences, tel que mon remplacement par un autre dans ton lit. Nul n’est irremplaçable, certes, mais biodégradable, là s’en est trop ! Je trouverai une autre partenaire de vieillesse, c’est sûr, mais l’amour…

Ponctuels ou retardataires, nous sommes tous égaux devant une mine anti-personnelle ! J’ai beau retourner ma scène d’héroïsme attitrée et homologuée dans tous les sens, saoul ou sobre, je n’arrive pas départager honnêtement le facteur chance de la stratégie des statistiques. Le timing, le seul et l’unique, j’ai très longtemps cru naïvement qu’il était l’une de ces sciences exactes comme les programmes télés, les soldes privées ou les déclarations de paix, mais il m’a fait faux-bond au moment où j’en avais le plus besoin, me démontrant qu’avec une armée ou un pays derrière soi, on ne peut raisonnablement compter que sur soi.

Malgré tout cela, j’ai gardé l’uniforme, par habitude plus que par foi sans doute, et puis il faut bien faire quelque chose pour être quelqu’un, pas vrai ? Quoi de plus étrange, non, en fait, quoi de plus logique que d’envoyer une personne habitée par la mort pour annoncer celle de ceux qui ont perdu leur droit à la vie ? Le visage rigide et fermé, le regard glacial et humide, la voix intangible et méthodique, je viens donner ce que personne ne veut recevoir sauf moi. Et lorsque la vie de leurs enfants, de leurs maris se termine, certains n’y voient que colère et effondrement, moi je n’y vois qu’amour…

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Moi, je vis ici, dans un coin vierge et désert de ma tête – entre rediffusion de la veille et images inertes – au second étage d’un tout petit musée trop usé pour recevoir des visiteurs attendus depuis toujours. Lui dans son costume repassé, dépassé, il a l’impression de se laisser partir tout en restant ici-bas. Plus personne ne bouge, mais les ambulanciers passent pour un oui et pour un nom !

Avant une ultime représentation et de prendre enfin une pause définitive bien méritée sur un brancard, il subsiste en lui un peu d’air confiné, recyclé et parfois quelques mots articulant des phrases qui restent lettres mortes sur un lit solitaire. Et je les guette ces confessions anonymes orphelines de trop de faux départs, ces derniers morceaux de vie, de vous chuchotés péniblement à qui peut bien les entendre.

Lui n’avait pas encore rétrocédé son dernier juron antidaté, son dernier verdict approximatif tant la mélancolie de cet hiver qui ne s’en va plus et les remords qui n’appartiennent qu’à celle ayant disparu le plaquent à même le sol, quitte à prendre racine avant de ne faire qu’un avec lui. Moi, je suis son assistant dans la mort. Aucun de nous ne le dit mais c’est tout comme. On se regarde soit pour qu’il se souvienne, sois pour que je m’imagine.

Je cherche la magie des gens là où elle s’arrête pour bien des choses, au moment où la quiétude reprend ses droits avant le tunnel sous la manche immaculé et le comité de bienvenue du Jesus Club’s. Cependant, pour faire rêver le peuple – les vivants et avec les moyens du bord – vous pouvez habilement présenter un mensonge insoutenable pour une promesse sans garantie ou clamer à la face du monde que tout est illusion, mais qu’il doit s’y accrocher farouchement afin qu’elle continue de plus belle. Le tout payable en 3 fois. A vos téléphones chers clients !

Je veux bien me dire en voyant le monde entier s’activer que la vie, la vraie, c’est faire des trucs ou tout du moins le prétendre avec suffisamment de désinvolture pour intéresser le quidam à notre peau de chagrin. Je préférerais connaître les dessous du spectacle plutôt que d’en faire partie, mais l’industrie humaine – des cours de récréation au crématorium – offre peu de répit à ceux qui ne dansent pas avec la meute.

Je suis entouré par trop de sagesse pour m’en rendre compte et pour cause, dès lors qu’elle bave à ses dépens, qu’elle radote pour mieux se remémorer, qu’elle grogne pour trouver des coupables au lever du lit, je la suspecte d’une de ces sénilités qui ravissent les simples et les saints d’esprits. Mais lui, il m’en donnait sans jamais en récupérer, elle ne lui était plus d’aucune utilité.

Lui lorsqu’il n’arrivait plus à pleurer, il se mettait à parler sans trouver d’excuses, ni de si et encore moins de peut-être, car la fatalité n’a que peu d’intérêt dans la bouche d’un enfant, mais dans les yeux d’un vieillard… Je gardais ça et le reste au fond de moi pour commencer à me tricoter une mémoire digne de ce nom, digne de son nom !

Le silence, quel mode de communication singulier. Il est idéal tant qu’on ne connaît pas l’identité de l’autre, c’est quelque chose d’impalpable et d’universel qui ne se retranscrit qu’après la disparition de l’un des protagonistes. Son camion à lui, il empestait les cigarettes qu’il collait machinalement à ses lèvres, ça c’était son histoire ordinaire, je m’en souviendrai jusqu’à ce que je puisse la donner aussi.

Je ne l’ai pas vu partir le soir en question. A un moment donné, il était là à prendre sa part du temps et l’instant d’après plus rien, la fin, le vide. Il n’a pas voulu me prévenir de peur de me dire au revoir comme à tous les autres, ceux qui nous traversent et que l’on effleure, des morceaux de nous un peu de partout, que l’on ne revoit jamais pour continuer à vivre ailleurs. Puis les choses ont repris leur cours en attendant que ce soit un jour mon tour.

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là-haut

Enfant, aux enterrements, le prêtre se sentait toujours obligé de venir me dire que tout allait bien se passer, ça ressemblait plus à une directive du personnel qu’à de la compassion.

Son patron devait être en plein redressement fiscal, épiscopal et il a oublié d’envoyer un mémo.

Regarder en arrière, cela n’a jamais fait de mal à personne, mais quand il n’y a plus rien à voir, mieux vaut fermer les yeux.

Le repos éternel ? Et puis quoi encore, la sieste crapuleuse alternative, la grasse matinée partielle ?

Cher vendeur de pardon, montre-nous dans quel rôle tu es le plus crédible, celui qui dort ou le mort.

La vie est un site de rencontre et une roulette russe, on ne sait pas sur qui l’on va tomber et qui nous fera tomber.

Je ne suis que de passage dans cette salle d’attente.

Fais comme moi, prends un magazine, fais semblant, souris à ta voisine et lève-toi lorsque l’on t’appelle.

Durant la ballade, tu as le choix entre les œillères ou la muselière pour affronter le compte à rebours.

Vivre en laisse ? Ça a ses avantages !

Là-haut, je ne préfère pas parier dessus, sur ce que je n’ai jamais vu, c’est ce que je me dis en fixant mes baskets, le sol, déçu.

Ceci étant dit, être propriétaire de 21 grammes de spiritualité, c’est sûrement du plus bel effet à l’heure du jugement dernier, mais ici-bas, éduqués au péché originel, les Hommes font la queue pour croquer la pomme.

Satisfaits ou remboursés, messieurs, mesdames pour les réclamations merci de vous adresser à votre main droite la plus proche.

Peut-être la femme de ta vie depuis le jardin d’enfant, peut-être la femme d’une nuit à l’abri d’une ruelle.

C’est la bonne, la prochaine, la dernière, mais c’est toujours une question de vie ou de mort.

Je ne connais pas le visage du bonheur, mais je peux déjà spéculer sur le nombre de liftings réalisés au nom du décor en carton de pâte de la famille idéalisable.

J’aimerais bien être aigri, cynique pour que nous soyons tous sûrs que seule parle ma tristesse de fond de bouteille.

Mais l’amour, c’est comme une boîte de chocolat, quand tu n’en as pas, tu veux celle des autres plutôt qu’avoir la tienne.

J’ai si souvent partagé ce lit que je ne me vois pas m’y allonger seul, hum, je n’ai jamais appris à le faire.

Elle tout essayé, pourtant, la pédagogie en l’apprenant à nos enfants, les menaces en promettant le retour de la chasteté, la corruption en s’adressant directement à mon ventre.

Je n’ai jamais su ce qu’elle cherchait au fond de son sac, pendant tout ce temps, elle non plus en fait, mais le jeu était plus passionnant que le Graal.

Laisser son sac en paix, ce n’était pas une option, je suis donc devenu patient.

C’était elle, c’était moi, c’était nous, c’était tout. Et la plus rien.

Je préfère la poussière au cimetière, tu n’es jamais partie, alors j’évite de sortir.

Et le monde continue à tourner et notre histoire à se répéter dans la maison d’à côté.

Le jour où il ne nous reste que des souvenirs de l’autre, c’est qu’il est trop tard ou que ça ne va pas assez vite.

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observatoire des sociétes mourantes

Cette semaine, au programme de  l’observatoire des sociétés mourantes :

Mardi 20 : Teaser en série (10) JPOD

Jeudi 22 : Teaser en série (11) Là-Haut

Samedi 24: Me, myself & I : Depuis que la dérision a tué le ridicule

Prenez le temps, avant qu’il ne vous prenne

Foutraquement…

SS

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crank high voltage

Haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa…

Je sors d’un coma ou je m’y dirige, gaiement.

Tout bascule sans jamais tomber.

Les pupilles dilatées, plus rien à télécharger, à zapper, à éteindre.

À bout de souffle, à bout de nerf, en bout de route, je cherche encore plus d’asphyxie, plus de haine, plus de bitume, de vertige en solde, d’adrénaline standard.

J’ai dans mes poings ce que ma tête n’a pas su dire avant le coup de pression et dans ma gorge ce que mon âme n’a pas su taire durant tous ces nuits de cauchemars.

La vitesse tue tout, même la mort, donc la violence ne peut-être que gratuite.

Alors ce qui sépare un coup de pied au cul bien placé d’un traumatisme crânien hasardeux, c’est mon appréciation du jour du mot « modération » sur ces bouteilles vendues en toute légalité par les pouvoirs publics chez mon receleur de mort le plus proche.

Il y a ceux qui brutalisent pour faire mal, pour gagner et ceux qui le font naturellement sans rien attendre en échange.

Gardez mon acte de naissance, rendez-vous utile et passez-moi les pansements, le mercurochrome et une bonne épitaphe en lettres capitales.

Tu ne peux en aucun cas jouer à la vie impunément et demander un remboursement de quoi que ce soit dans la même partie.

La sécurité, cela n’a jamais été une garantie durable, mais c’est une promesse éphémère. Perds le contrôle avant qu’on ne t’arrête sur le bas côté de la route.

Comme les phares d’une voiture devant les yeux d’un enfant à la sortie de l’école, je guette ma proie.

Au volant de ce qu’il me reste de temps à brûler, j’hésite entre le défibrillateur et la panne moteur, un verre de vitamine C et l’injection létale.

Mais lorsque le paysage ralentit lamentablement jusqu’au point mort, je scrute l’apathie de ma montre et la distance qui m’éloigne de ma prochaine victime, puis j’attends le prochain mur, le prochain platane, en face, en frontal, droit dans les yeux.

Il se peut qu’il me fasse un aveu ou que je fasse une overdose, avant le choc, le dernier.

J’ai pris la vie par les deux bouts sans jamais en voir la fin, ni en comprendre le début.

Et la même chanson psychédélique, assourdissante martèle son refrain à mes tempes, puis mes oreilles saignent de ce que mes tympans ne peuvent admettre.

Le monde fabrique ses révolutions en tournant sur lui-même. Je fais pareil, mais en mieux, je ne mens à personne et nul ne mourra en mon nom !

La mâchoire en kit et le cœur réduit en poudre, j’attends que reprennent les hostilités entre gens bien.

J’ai plus bandé par omission que je n’ai aimé par conviction, mais au moins je suis honnête ou en phase terminale.

Je vous laisse nettoyer en partant, je médite sur ce qui serait le mieux pour mon avenir entre un gâchis et une gâchette. Je change de vie comme je change de lit.

Prenez le temps durant mon oraison funèbre, après cette page de publicité, je n’existerais déjà plus.

Je ne cherche pas à savoir. Une dépendance à un excès de lois pour les cons engendrera plus de crime légitime, plus de sang vengeur, plus d’honneur retrouvé, plus de répression homologuée, plus de liberté usurpée, plus de plus, mais en vain.

Un jour végétarien, l’autre cannibale, jamais satisfaits.

Je n’ai aucune explication à confesser en réalité, aucune excuse à fournir en vérité, pas de leçons à donner à la majorité ni de conseil mensonger pour te border.

Dis toi que je suis plus vrai que Dieu.

Depuis que le meurtre est à portée de main, on a crée des règles afin de prendre plus de plaisir à les enfreindre. Les X commandements ne sont qu’une arnaque à l’assurance.

On voudrait que la mémoire facultative et la sagesse populaire servent autant de bâton que de carotte. Mais je ne sens plus les coups et j’ai perdu l’appétit.

Je fais l’impasse sur l’Histoire, mes toilettes ne se souviennent déjà pas ce que j’ai bu ce matin, merci de m’épargner les détails sur la gueule de bois de ce soir.

J’ai plus pris mon pied que mon temps. Et pour cause, j’ai préféré crever plutôt que d’être en retard.

Game Over

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