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Je n’arrive pas à choisir entre la culture mondiale et le sport national
(Le déni 0 – L’amnésie 1)

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«Et plus que du sens, il me fallait dorénavant un but pour ne pas sombrer dans l’oubli ou la rubrique nécrologique…»

Toujours pas de ravalement de façade à l’horizon et l’an 1994 est arrivé, un chronomètre à la main pour me stipuler amicalement mais fermement que c’était cette année ou jamais, au quel cas une brillante carrière de CEO de friteuse dans un fast food m’était toute destinée. J’ai haussé les épaules par habitude en soufflant tout ce que je pouvais, avant de regarder dans le vide en attendant une réponse.
Et sans que je ne m’en rende compte les Rwandais débattaient déjà entre eux de l’épineuse question de l’identité nationale, Kurt Cobain goûtait au feu sacré, Robert Hue donnait ses lettres de noblesse au collier de barbe, Charles Bukowski prenait son ultime biture et les racailles élevées par Lacoste dansaient péniblement nuit et jour le Mia sous ma fenêtre.
Nous étions vraisemblablement en juin lorsque la machine à éphéméride s’est arrêtée pour le grand je m’en foutisme estival et j’avais fortement sollicité mon foi au lieu de ma cervelle.

Concernant ma fibre scolaire, j’avais en moi un tel amour pour la classe de cinquième qu’il m’était tout bonnement impossible de la quitter. Nous nous donnions donc à nouveau rendez-vous en septembre en espérant que les professeurs que j’avais éduqués aient enfin retenu mes enseignements ! Mine de rien je commençais à organiser quelque chose, un sabotage peut-être, mais quelque chose de construit.
Début du tour de France, certains retournent au bled d’où qu’ils soient, même du Morbihan. Quant à nous autres, il nous restait les allers et retours poisseux dans les transports en commun, la vente de fleurs (prises dans les poubelles de la clinique) à l’entrée du cimetière et notre participation à l’explosion démographique de la piscine municipale – si Jésus avait traîné avec nous, lui aussi aurait tenté un aquaplaning en dépit de l’apesanteur et des baigneurs !

Toujours aucun plan A à l’horizon et encore moins de plan B.
Les antennes paraboliques lorgnaient vers leur satellite et moi en direction du goudron qui semblait ramollir sous mes pas sans vraiment me retenir, la moiteur de l’atmosphère n’avait rien de sensuelle et j’en étais déjà à mon 12e Mr Freeze. Pas d’évasion possible, emprisonné sur Terre, parqué dans mon quartier.
Sans leur permission de sortie, économique ou généalogique, les fous tournaient en rond entre les contrôles de police à l’heure du goûter, la philosophie en nocturne et les érections matinales. La chaleur ne faisait pas de prisonniers et les toxicomanes désertaient progressivement le jardin d’enfants, disparition des seringues faisant foi !
De 11h à 23 h, pour limiter la propagation du coma ensoleillé, les plus chômeurs des consommateurs exhibaient leurs hauts parleurs confondant volume et puissance pour se battre en duel de cloison en cloison, de balcon en balcon et de tour en tour. Mais avec les mêmes artistes, les mêmes playlists, le même titre : nous étions plus proches de la  pensée unique que du métissage de paillasson…

Ainsi, à l’heure où les platines laser s’installaient confortablement dans les foyers grâce au CD 2 titres, l’underground était encore une maladie imaginaire. Et à l’époque, même en plein été et en province, «L’agitateur de curiosité» rue de la République rechignait à importer les ogives américaines du moment, d’habitude négligemment entassées dans un bac dénommé colonialement black musique. Devant ce lieu de culte et d’espoir, les plus déviants et marginaux des clients passaient de l’électro à la world, de la new jack au triphop, de la house au HIP HOP*, d’un cd à un autre, puis d’une rangée à une autre. Ceci avait pour effet de produire des rencontres au sommet, aussi inattendues que fructueuses. Les victimes et les bourreaux réunis fraternellement sur l’autel de la culture de masse. Mais une fois les juilletistes en piste pour l’A7, le manque de Bpm se faisait ressentir cruellement et les plus faibles se laissaient conquérir par l’éternel tube de l’été, une fois la fête nationale passée…

Sur mon banc de prédilection, concassé à l’horizontale entre un RMIste et un récidiviste cherchant la verticale, j’ai eu une épiphanie après ma seconde 8.6. ! Puis je l’ai perdue et enfin retrouvée aux alentours de mon second round de déglutissement en public et en stéréo, s’il vous plaît ! J’allais donc donner au peuple ce que la FNAC lui refusait ardemment : une semaine de décalage horaire sur le reste du monde et une classification musicologique.
Devant l’étendue de la tâche qui allait être la mienne j’ai repris une bière pour m’éclaircir les idées pendant que le ciel commençait à s’écraser lentement mais sûrement sur mes paupières juvéniles. Le sommeil du juste vaut bien toutes les vengeances nocturnes.
Le matin suivant à 7h00, surpris par l’horaire et armé d’un stylo fuyant, d’un cahier usagé et de Nesquik dégriffé, j’ai échafaudé malgré moi en quelques colonnes et quelques chiffres, un business plan et un début de carrière.
Après un blackout bien mérité, ma studieuse après-midi fut consacrée au négoce avec mes fournisseurs de supports magnétiques, sans oublier l’obtention d’une carte de membre auprès de mon diffuseur officiel, la médiathèque. Celle-ci possédait une réactivité à écœurer les disquaires plus fonctionnaires que musiciens.
Le temps de gober deux aspirines et des Dragibus, habillé comme un dimanche à la messe, j’entamais timidement mon étude de marché, en prospectant auprès des arrêts de bus bondés emmenant ma clientèle supposée vers ses zones criminogènes ou pavillonnaires.

La demande était bien au rendez-vous et l’argent de poche allait couler à flot.

Le reste de ma semaine fut consacrée à l’histoire contemporaine de la musique au fin fond de la bibliothèque, à l’emprunt à long terme de quelques magazines chez le buraliste, puis à la collecte de fournitures de bureau glanées auprès des Hospices Civils de Lyon.

Ma petite entreprise illégale était née : je compilais, copiais, listais et dessinais des mixtapes en série limitée ou personnalisée pour 50F. La chaîne-hifi en est morte, mais c’était pour la bonne cause…
Mon bureau à ciel ouvert était sur le 3e banc à gauche de la cage d’escalier du bâtiment 35, de 10 h à 19h et en nocturne en fin de semaine. Les contrevenants testant l’interphone après 22 h étaient irrémédiablement alpagués par ma logeuse et en créole qui plus est !
Lorsque la concurrence s’organisa en se spécialisant dans le Funk et le Rap Français, j’ai décidé d’aller voir ce qu’il se passait après le périphérique.
Je partais donc aux aurores faire le tour de la proche campagne les samedis et dimanches sur les marchés, ce qui me permettait de voyager en bus, de voir des gens et des décors, un morceau de la France d’à côté en somme!  Au final, je ne suis pas devenu riche, loin de là, mais j’ai pu assouvir ma passion et la communiquer à mon prochain moyennant finance. La philanthropie beaucoup en parlent, mais peu la pratiquent.
Last night a mixtape save my life !

À 14 ans, en plein été, j’ai appris à mes dépens que la rectitude était la seule folie raisonnable…

* HIP HOP en majuscules parce que KRS ONE le «Teacher» me l’a vociféré à portée de postillons à l’Ecole Normale Supérieure lors d’une conférence sur les cultures urbaines en 2005.

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Note de service : Je n’ai pas appris la discipline à l’armée, ni avec Françoise Dolto – Part 1/2 http://wp.me/pn1lw-1xH

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«Fais pas ci, fais pas ça, mets pas les doigts dans ton nez, finis ton assiette, brosse toi les dents et éteins moi cette foutue veilleuse, l’électricité n’est pas gratuite…»

Enfant, je ne pouvais raisonnablement pas espérer échapper à ce laïus, une Bible braquée sur ma tempe et la vigoureuse main nourricière à portée de joue. Lorsqu’on a été élevé à l’impératif, psaumes après corrections, on ne peut que retourner la faveur à ses créateurs par la négative. Dorénavant, « Non! » sera la réponse pour tout et n’importe quoi, puisqu’il faut avoir des principes, j’ai retenu la leçon, à ma façon.

Les années passèrent en me regardant grandir à l’ombre de la démocratie, tout se négociait au-dessus de ma tête et Dieu n’y était pour rien dans cet adultère à l’échelle mondiale. Hormis l’urgence quotidienne arbitrant notre confort à crédit allant de la promiscuité de classe aux quotas d’indigence en passant par les injustices héréditaires, je trouvais désormais du sens à l’ordre dans le chaos organisé. Objectivement, le mur de Berlin avait trébuché définitivement sur les Hommes, Bouygues avait racheté TF1 pour ses maçons d’employés et le monde ne s’en portait que mieux ! Il faut bien un peu de naïveté pour entretenir l’espoir, non ?

Dès lors j’entendais le bruit sourd de l’humanité me murmurer ses axiomes exclusivement au conditionnel.

À 13 ans, l’impératif était devenu une banale histoire d’acouphène et le champ du possible un terrain vague sans foi ni loi où je pouvais régner en végétant la visière de ma casquette recouvrant mon visage, mes baskets en éventail et un casque sur les oreilles, le volume au maximum afin de parfaire ma surdité.

Ainsi la procrastination hygiénique et le freestyle permanent régissaient les trous de mémoire de mon emploi du temps fait d’ennui traditionnel et d’argent illégitime. L’école était facultative, la violence un préalable, et l’avenir rédhibitoire…

À cette époque où l’amour maternel faisait les 3/8, l’autorité parentale et moi ne nous croisions que très rarement durant le silence pesant du repas dominical. Soyons sérieux, à la rigueur braver l’ordre établi armé d’un rictus, certes, mais le dimanche, Dieu et son fils restaient à mes yeux la meilleure assurance vie sur le marché. Les gens sont croyants avant d’être citoyens !

La semaine reprenait ses droits entre le sabotage en règle du réveil et le façonnage de ma carrière de noctambule. Mais, à chaque fois que je rentrais chez moi en plein milieu de la nuit, de la peinture sur les mains et les vêtements déchirés, au nom du vandalisme et certainement pas de l’art, je soufflais en maudissant le ciel global, puis le sol local. Même l’obscurité la plus crasse ne pouvait cacher la tête de perdant de ce bâtiment – made in Tony Garnier – faisant la joie des dératiseurs, des prétendants à la mairie et des statistiques du rectorat. Et si d’aventure je me surprenais à rentrer dans le droit chemin en m’intégrant durablement, j’allais finir ma vie ici entre l’usine génétique, le PMU œcuménique et l’Hôtel de police, toujours éthylique.

La discipline me mènerait à ma perte et je choisissais le sabordage à la reddition.

Qu’allais-je bien pouvoir faire ? Le suicide n’étant pas une option, la drogue demeurant trop coûteuse, la télévision devenant rébarbative et l’alcool dormant déjà dans mon sang, il ne me restait plus que l’ennui pour combler le vide !

Ma logeuse tentait périodiquement de fabriquer des preuves à charge avec l’aide du dernier souffle de pédopsychiatrie et la prophétique arrivée de la thérapie systématique et remboursée. Une promesse hebdomadaire d’ordres susurrés au conditionnel. Mais c’était peine perdue, j’étais trop malin pour le charlatan en face de moi, mais pas assez pour accepter que j’avais un problème.

La solution à tout avait un nom que tout le monde chuchotait en parlant de moi à la troisième personne: l’armée. C’est toujours mieux que le séminaire ou la trépanation, me direz-vous, enfin quoi que…

Effectivement, la domestication est bien meilleure conseillère que l’acceptation. L’unique bémol à cette réhabilitation annoncée, était qu’il me restait encore 5 années d’errance avant ma majorité pour continuer à m’embourber tranquillement dans les Comics et le HIP HOP.

Pendant ce temps là, 1993 rendait l’âme en laissant le Wu-Tang Clan passer à tabac les tympans dans la pure tradition de «Rodney King», le système D se commuait en régime parlementaire et le gangstérisme ordinaire se professionnalisait un peu trop à mon goût.

Depuis ma fenêtre – nouvellement double vitrée, mais n’atténuant pas les décibels des violences du voisinage – peu de choses séparait le statu quo cathodique de l’anarchie sponsorisée. Au premier étage du lit superposé, je ne voyais pas le vaste monde caché derrière le balcon, simplement un mur. Même en y mettant de la mauvaise foi, j’aurais fini par lui rentrer dedans tôt ou tard. Certains aiment les voyages, moi il me fallait une destination.

Et plus que du sens, il me fallait dorénavant un but pour ne pas sombrer dans l’oubli ou la rubrique nécrologique…

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Note de service : Je n’ai pas appris la discipline à l’armée, ni avec Françoise Dolto – Part 2/2 http://wp.me/pn1lw-1zd

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J’ai toujours suivi les règles à la lettre près, quant à elles, elles ne parient que trop rarement sur moi et je les comprends. Etre un bon garçon, cela relève plus de la malédiction divine que de l’hygiène citoyenne. Dès que je commence à ressentir le moindre plaisir terrestre ou gratuit, je culpabilise automatiquement avant de jouir, comme ça. Et finalement ce couperet permanent me permet d’avancer même en roue libre et peu importe vers où !

En chemin vers nulle part, la vie bien comme il faut accompagnée de la cellule familiale parfaitement dysfonctionnelle me signifient, toutes deux, que mon bail pour une monogamie plus ou moins épanouie a expiré sans que mon avis ne compte. En consultant immédiatement ma culpabilité, puis en comptabilisant mes inavouables méfaits, je constate étonné que je n’ai rien à me reprocher. Je n’ai rien fait et c’est cela le problème ! Le jour où l’on m’a demandé de devenir un homme devant les autres, j’aurais dû m’abstenir.

J’ai des principes de paix de sociale comme tout le monde, mais surtout un modèle – sûrement dépassé au vu de l’orgie ambiante – de gestion tranquille des crises humanitaires en communauté. Et c’est cette image de respect intégral construite par ma mémoire et idéalisée par les années de monotonie à laquelle je me réfère fidèlement pour dicter ma conduite jours après jours. Le drame, lorsque l’on voue un culte aux modes d’emploi, c’est que l’on oublie souvent la vie qu’il y a autour, ainsi que ceux qui vous regardent comme si vous étiez la pièce d’un musée. A force d’amnésie maîtrisée, j’ai perdu même en gagnant.

Les banqueroutes les plus banales, les plus ménagères donnent inexorablement naissance aux interrogations que j’avais sciemment chassées de mon vocabulaire modéré. Les réponses sont faites pour ceux qui ont besoin de satisfactions personnelles, moi je veux des raisons logiques pour m’expliquer l’absurde. Au vu de mes bons et loyaux services soi-disant philanthropes, j’exige un échange ou un remboursement. Enfin, quelque chose qui me donne de quoi m’occuper.

Le problème avec les cadeaux que l’on vous offre sincèrement, c’est que leurs commanditaires se refusent à toute d’aide pour vous indiquer pourquoi ils sont cassés, alors que la garantie stipule que bon entretien rime avec longévité et peut-être un peu de prospérité. Pour me porter assistance, je viens bêtement voir et parler de ma petite vie à mon vendeur de croyance le plus proche. Et lui, en retour, s’offre une psychanalyse sur mon malheur en le nourrissant d’anecdotes sans queues ni têtes. J’aurais plutôt dû demander la paix intérieure à mon avocat.

À chaque plainte légitime ou accessoire, il faut un coupable idéal et bien évidement je serai le dernier sur cette short list. En attendant de m’en prendre à moi-même – un peu plus que d’habitude – j’hésite, hum… j’hésite vraiment en pleine crise spirituelle à demander des dommages et intérêts ou un coup de main au voisin du dessus, lui qui ne connaît que trop le son de ma voix et dont le visage si familier m’est totalement inconnu. J’aimerais qu’il sache parler aussi bien qu’il écoute, je me passerais bien de son amour pourvu qu’il me donne un plan, une direction et à l’impératif si possible.

Il me semble que le pire des choix, c’est d’en avoir. Trop à l’aise dans ma camisole de force respectable sous tous rapports, je confonds sécurité prévisible et mort provisoire. Je justifie scrupuleusement chacun de mes actes – de toutes mes respirations maladroites à mes cas de conscience financiers – par rapport à cette morale qui fait que je me se sens bien dans ma peau, que je regarde fièrement les autres en souriant, que j’attends en dodelinant de la tête mon dernier souffle, sereinement.

Mais avant de prendre mon billet en première classe pour le grand voyage, je dois comme on me l’a dit – conseillé, dicté et prescrit – me donner de nouvelles perspectives, sans savoir exactement où cela s’achète. Puisque que je dois obligatoirement aller de l’avant, et quitte à ramper, autant trouver une autre drogue que ma famille en instance de rupture pour prendre une option sur l’asile professionnel ou l’exil artificiel. Alors s’il faut un substitut, je vais commencer par la voisine, les grandes causes et autres petits remèdes peuvent attendre encore un peu.

Une fois la copropriété consommée, je commence à prendre par moi-même des décisions pour en tuer d’autres, évidemment, et je crois obstinément m’éloigner d’elles en pensant que mon mobile et mon nombril sont bien meilleurs que leurs crimes et leurs égoïsmes. Mais, parfois, les sorties de route sont plus sûres que les routes elles-mêmes et, en fin de course, je me trouve au point de départ parce que je l’avais fui. Parce qu’en définitive, il faut bien trouver quelqu’un ou avoir besoin de l’aimer, non ?

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Teaser en série (2) A Serious Man V.1 : http://wp.me/pn1lw-P5

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La révolution ne sera pas télévisée, certes, mais elle ne sera pas internet non plus.

Parfois, j’aimerais être un de ces rebelles de clavier transformant n’importe quel idéal en denrée périssable, ces mêmes mascottes épaulées par leur horde de courtisans croyants mais non pratiquants.

Je pourrais jouer au justicier cimenté aux sentiers battus et enfiler un de ces costumes de leader bon marché toujours trop grand, malheureusement je préfère les échecs personnels aux promesses universelles, question d’éducation.

Dieu soit loué ou acheté à crédit, les fidèles les plus fondamentalistes créent des complots de toute pièce pour alimenter en fantasmes la mythologie de la censure au pays de la transgression gratuite.

Ces faiseurs d’opinions et donneurs de leçon – n’y a-t-il pas là un conflit d’intérêt ? – balbutient plus qu’ils ne commanditent, fort heureusement leur auditoire d’agent neutre rêvant de devenir des agents dormants n’a rien d’autre à faire que de s’adonner à une petite séance d’exhibitionnisme sur n’importe quel réseau communautaire.

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Dans l’ère de Narcisse, il est plus que facile de se construire des ennemis sur mesure tout en se soustrayant à la liste des accusés providentiels.

La résistance passive est perdue par l’offre du temps à perdre et les préceptes du petit militant de base illustré, les maquisards sont écartelés entre les menaces de morts imaginaires et les assassinats verbaux contre le pouvoir forcément en place et leurs vassaux fatalement de circonstance.

Comment appelle-t-on une ou des personnes qui prennent le pouvoir, politique, médiatique ou autre, sans consultation et au nom du plus grand nombre tout en l’intimidant, poliment, mais fermement si cela s’avère nécessaire ?

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Lorsque l’on commence à parler, à penser à la place des gens, c’est souvent qu’ils sont assez loin des ambitions de ceux qui les invoquent.

La croisade a toujours été un marché porteur, l’effritement de l’audience globale du « message » permet la viabilité d’un nouveau modèle économique à l’échelle de un.

S’acharner sur un Homme à terre, seul ou en groupe, cela est devenu une marque de conviction, voire de courage, au regard des crimes prétendus et imputés à la future victime, selon l’empathie au menu du jour de la majorité.

Alors si penser comme le plus faible permet une justice compensatrice, la loi du plus fort est un préalable raisonnable à l’espérance la plus infime.

En opposant une utopie dorénavant terre à terre à des remèdes miracles mais non échangeables, le bureau des affaires sociales et internationales s’offre un avenir proportionnel au besoin de coupables.

Les nouveaux héros de la raison pour tous ne font pas dans la compréhension, car en cas de victoire aux jeux du cirque, que valent les explications ? Demandez aux lions !

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Si ce peuple opprimé et bafoué a le droit de se divertir aux frais de l’Etat, pourquoi les défenseurs des causes en tout genre protestent contre la subvention d’un concert de l’idole des jeunes, de la majorité ?

L’opéra et les théâtres sont le pan de l’économie culturelle le plus pris en charge par les pouvoirs publics peut-être en vertu de l’Histoire, du patrimoine ou de l’exception culturelle mais certainement pas au nom du nombre.

Outre les écrans de fumée de projets socioculturels, la plupart des Français ne vont pas s’abreuver aux deux mamelles de l’orgueil officiel, non pas par mépris de la programmation ou par allégeance aux contre culture, mais tout simplement faute d’argent et surtout de temps.

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Immoralité : Bon sens et bonne conscience, ne font parfois pas bon méninge…

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Rare sont ces instants de pur bonheur télévisuel où la boîte à image nous donne une leçon de civisme pragmatique, voire de modèle de société.

Le choix de la passivité assumée devant l’écran équilibre les obligations d’actions électorales, ceci permet au libre arbitre et à l’arbitraire de coexister durant la même demi-heure.

Certes « Plus belle la vie » est un reflet informant de l’esprit républicain à avoir et aussi invoqué en vain par l’exécutif dans le débat public.

Mais le système de narration basé sur l’omniscience n’est pas étranger à cette admiration pudique, qui se situe quelque part entre le voyeurisme intimiste et l’exhibitionnisme des jours de gloire.

Dans l’ère du divertissement à tout prix, il est parfois assez anodin de passer du message au massage, car le premier n’a de sens que si sa cause pratique l’empathie et le second n’a de cause que s’il est empathique avec toutes les pratiques sans sens.

Parmi les grosses ficelles de Plus belle la vie, voici celles qui promotionnent le plus le projet quinquennal :

– les prises d’otage doctrinaires à la chaîne et le terrorisme de la peur potentielle, font office de témoin oculaire du Journal Officiel et des ces lois estivales, tout en promettant un chaos de poche à tous les anti truc, ainsi que les pro machin en cas de crise d’égocentrisme avérée.

– la solidarité de proximité et l’humanisme occasionnel via le culte du compassionnel entre Sdf sur la voie de la rédemption et sans papiers sur le chemin de l’aéroport.

– les mœurs solubles dans l’économie et la morale à la gueule du client en prouvant que la trahison au nom de la réussite est pardonnable si elle profite à un moment donné à la communauté, même partiellement.

– le sexe et le cul, sont deux choses différentes, le premier échafaude un organigramme et le second n’est qu’un vulgaire organe, d’un côté il y a un contexte de l’autre se trouve son prétexte.

Ce programme d’anticipation parie sur le principe du déjà vu pour se fabriquer un passé cohérent.

Afin de déculpabiliser nos têtes pensantes, garantes d’une certaine consanguinité culturelle, la norme a décidé de nous imposer des minorités visibles au gré des trous médiatiques et des flashbacks mémoriels.

Si j’étais bêtement de gauche, je me dirais pourquoi pas, mais sachant que le but se place plus au niveau de la repentance à bas prix que de la représentation par le haut, j’avoue être dubitatif ou peut-être insuffisamment intégré.

Une scène de « Plus belle la vie » m’a interpellé ces derniers jours, une discussion entre un individu A vieux, blanc, riche et vicieux et un individu B jeune, noir, pauvre et vicieux.

Le premier emploi le second afin qu’il espionne un tierce partie pour obtenir de quelconques informations sur une association du Centre Afrique que l’individu A subventionne.

Avec ces données, l’individu A va pouvoir rompre le contrat humanitaire qui le lie avec la dite structure en Afrique, et là, dans un esprit à la fois paternaliste et tribal, il demande à l’individu B si cela ne lui pose de problème de conscience d’enlever le pain de la bouche de ses semblables.

Celui-ci de lui répondre, avec ce sémillant accent de racaille qui sied à merveille à nos minorités visibles, par un laconique et révélateur « moi j’suis Français ».

« Plus belle la vie » a réussit là où toutes les politiques d’intégration et de la ville ont échoué.

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Durant ma longue carrière de téléphage, j’ai dû subir la dictature du bien, du bon et du beau.

J’avoue avoir été tiraillé entre le réflexe conditionné de bonne conscience collective et le besoin de despotisme éclairé que chacun recherche dès qu’il fait acte de sociabilisation.

Outre les valeurs normatives d’une logique de production espérant être bénéficiaire, la figure du mal ne fait pas suffisamment recette dans le régime de la transgression sans punition.

À bien y réfléchir, le fait de revendiquer ouvertement ses projets de management à l’échelle mondiale au nom de son surmoi, cela indispose les prétentions du quidam qui oscille entre ces éphémères richesses matérielles et ces coïts anodins mi adultères, mi pédophiles.

Et si, et si le « méchant » n’était pas bêtement le héros de l’histoire – les plus malhonnêtes d’entre vous s’engouffrent dans le contre-emploi à la mode, on ne peut pas faire d’une exception, un exemple – mais s’il avait le mot de la fin, les responsabilités et la pression sociale ?

Quid de la psychologie du Coyote, des serials killers, de Chuck Bass, des fonctionnaires zélés, du Dr Gang, des rappeurs/gangsters, de Gargamel, des hotliners de votre opérateur téléphonique le plus proche, de Jr Ewing et de tous ces dictateurs issus du Moyen Orient ou d’Afrique, enfin les noirs et les arabes à forte tendance musulmane dont personne ne veut jamais se rappeler le nom.

La fonction morale du méchant est-elle plus importante que sa nature humaine ?

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