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Dimanche et je n’ai pas concédé le moindre mot personnel à mon clavier industriel. Et pour cause, nous nous sommes regardés de loin comme un couple sur la bande d’arrêt d’urgence, avant le divorce ou un nouvel enfant. Lui me murmure « page blanche », et  je lui susurre « authenticité du récit ». Je lui avais promis en exclusivité, avant mon hypothétique progéniture, une partie de mon existence à exhiber à tous les détenteurs d’un abonnement à la modernité. Mais ce week-end, j’ai préféré vivre mes nouvelles aventures plutôt que lui donner la mienne en quelques signes et autant de souvenirs en moins. J’écris ce que je suis, le romanesque n’a pas sa place à mes côtés.

Tic, tac, tic, tac, tic, tac. Une seule chose me fait me lever chaque matin et je la combats minute par minute jusqu’à ce que je m’incline par chaos souvent à l’endroit même où je me suis réveillé. Tic, tac, tic, tac, tic, tac. Certains veulent acheter de la terre, moi je me porte acquéreur de toutes les parcelles de temps que l’on voudra bien me vendre et peu importe si je ne vois pas venir l’apocalypse précédée des cris de mes congénères. Tic, tac, tic, tac, tic, tac. À mon poignet, solidement arrimée pour être une part de moi, j’ai une montre mais ne la regarde jamais car elle aurait le pouvoir de me porter. Tic, tac, tic, tac, tic, tac.

Un article à construire à partir de ma mémoire pour le blog, un recueil de nouvelles à finaliser toujours et encore, une playlist à l’abandon qui réclame à corps et à cris en mp3 mon attention, un chat hypocondriaque addict à l’affection et enfin, pour en terminer proprement, cette courte et indispensable vie à user jusqu’à la corde et plus si affinités. Elle me suit du cordon ombilical à la laisse monogame en passant par la chaîne alimentaire des humanistes. Mon blog commence à me coller à la peau autant voire plus que mon ombre et cela a le don de m’inquiéter.

Je suis l’homme Lego fait de pièces identiques, de possibilités infinies et totalement dépourvu de mode d’emploi. À l’extrémité d’un quelconque désarroi, j’aperçois peut-être la seule logique honnête au sein du n’importe quoi ! Je referais bien le monde – porté disparu – à une terrasse de café, mais ma descendance devra payer l’addition et elle le fera si on m’en laisse le temps.
Vous avez dit mission impossible, ce à quoi je réponds MacGyver ! Le problème avec les idées toutes faites, c’est que par définition, elles ne s’adaptent à personne, il faut s’y soumettre en souriant et de bonne grâce si possible. À bien y réfléchir, je possède un plan qui n’est pas le mien et un couperet qui ne vient pas. En allant en un clic d’un lien à un autre, si vite, si souvent, il n’y a plus de fidèles, que des Dieux.

À vouloir tout faire en 48 heures, durant un week-end à deux dimanches, je me retrouve avec des moments perdus à jamais logés dans mes 21 grammes. Je n’ai rien fait et tout va pour le mieux, je ne suis pas homme à respecter les calendriers et ceux qui les font. Tout de même, je culpabilise en alternance, d’un autre côté je cherche à donner un nom au nuage qui passe sans se soucier de ses spectateurs, de l’autre je fonce dans mon rétroviseur en marche arrière ?!
Honnêtement, je n’ai pas essayé de me forcer, en trahissant mon passé pour un texte supplémentaire, quelques commentaires de plus, un référencement ou un compliment se prêtant si bien aux animaux de compagnie. Et j’ai débranché la machine pour m’apercevoir qu’elle n’était en réalité reliée à rien…

Ps : Demain toujours…

Demain peut-être…

Demain Inside my nombril, enfin…

Ps 2 : Je parle comme Jim Rhodes, mais j’agis tel Tony Stark…

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«Veuillez, si vous le permettez, Ô majestueux téléphone, serrer moins fort le fil qui se trouve présentement autour de mon cou désormais pourpre». Pas de réponse. Votre correspondant est absent ?!

Comment dire…

Je suis apparemment suspendu dans un ciel aqueux – sans plafond, ni sol – où un troupeau de ballons sauteurs en peau de peluche se disputent un emploi de magicien-orthodontiste, en chantant en canon «La Bamba». Baila, Baila la bamba…
Disons que là tout de suite, les paramètres scientifiques et les goûts musicaux de la faune environnante sont le cadet de mes soucis, car l’oxygène commence à me faire défaut et je suis irrésistiblement obnubilé par le sigle PTT me masquant la lumière violacée accompagnant l’odeur de réglisse industrielle qui règne ici-haut ! Téléphone partout, justice nulle part.
Visiblement, un banal problème de communication était à la base de ce contentieux juridique, il me fallait donc y couper court. Mais imaginez un instant la stature de mon adversaire, un S63 couleur kaki ou fiente de basse-cour, me dévisageant de toutes ses touches souillées d’empreintes digitales. Il s’applique à remplir mon quota de traumatismes crâniens en martelant son combiné sur la coquille entourant mon cervelet, tout en compressant ma pomme d’Adam comme pour l’expulser de mon corps, par n’importe quel moyen et peu importe l’issue.

Mais quel crime ignominieux ai-je pu commettre ?
En arrivant ici comme si j’y avais toujours été, je chevauchais paisiblement un skateboard volant en jouant à cache-cache avec mon ombre. Oui, mon ombre est joueuse et pour la garder fidèle et vigoureuse, il me faut la stimuler par quelques jeux «maître/esclave». L’amour d’un couple est à ce prix. Passons, revenons à nos moutons ou plutôt à nos ballons sauteurs. J’étais en train de simuler mon engouement lorsqu’un immense cadran téléphonique domestique apparut subitement, traversant de bout en bout mon champ de vision, jusqu’à imposer son cercle en plastique craquelé comme unique avenir !

Pas besoin de vous préciser que mon ombre avait pris la fuite. Et par l’une de ces curiosités mal placées, j’avançais plus que de raison vers l’obstacle et plissant les yeux, je découvris abasourdi puis excité, des têtes de Présidents occidentaux et assimilés à la place des chiffres arabes.

Interloqué, mon hébétement fut de courte durée. Une voix ressemblant à s’y méprendre à un doublage de télé-achat m’indiqua, enfin m’ordonna, de composer un numéro à 8 chiffres, hum, 8 têtes plutôt, sous peine de «sinon…».
Mon skateboard commençait à paniquer. Je m’exécutais donc, afin d’éviter de n’avoir que le vide sous la partie la plus charnue de mon anatomie. Hésitant d’abord, réfléchissant ensuite, me résignant enfin, ma combinaison fut : «Mitterrand, Franco, Ceauşescu, Thatcher, Giscard d’Estaing, Kohl et Prodi». Recroquevillé sur moi-même entre sueurs froides et bouffées de chaleur, le verdict se faisait attendre et le silence que je chérissais tant d’habitude se commua en une attente insoutenable. Et, dans un roulement de tambour aussi burlesque que militaire, la voix du télé-achat me dit :

– «Perdu, tu as perdu ! Tu es perdu ! Chien d’infidèle, comment oses-tu composer un numéro sans y inclure les démocrates Kadhafi et Ben Ali ! Pour la peine, tu seras puni par le téléphone arabe !!!!»

– «… : concrètement que cela signifie-t-il ? Je veux bien avoir peur, mais il faut une raison valable. Par téléphone «arabe» insinuez-vous la calomnie des tabloïds ou quelque chose de plus raciste ?»

– «Tu te moques chien d’infidèle. Tu périras donc par le téléphone arabe dans d’atroces souffrances faites de mauvais plastique, de combiné inaudible et d’un fil entortillé à l’extrême à ton cou. Ensuite tu écouteras d’interminables digressions adolescentes sur la légitimité de la fellation entre un chewing-gum et le cours suivant, avant que le téléphone arabe ne te raccroche définitivement à la face !».

Un bruit lourd, lent, assourdissant et déchirant l’air et venu de nulle part, en la personne d’un S63 géant, couleur kaki ou fiente de basse-cour se plaça face à moi en lévitant au milieu de la mélasse de nuages. Mon skateboard prit la tangente sans demander son reste en allant rejoindre mon ombre. Mon cou maintenant marié à ce fil, j’attends que se termine mon ultime appel…

La gorge s’asséchant petit à petit, le pouls intermittent et absent, les yeux exorbités et grenadine, l’air sortant plus qu’entrant, un voile opaque puis obscur gagnait ce qu’il restait de ma vie. J’allais mourir par le téléphone, mais sans cancer. Brusquement, au moment de faire pénitence dans une prière en récitant «Ni Dieu, ni maître», le fil du téléphone arabe fut tranché par une fine feuille blanche, austère et administrative. C’était la réforme des PTT – estampillée de son «since 1990» – qui venait réguler le pouvoir des flux en empêchant mon assaillant de me poster vers l’au-delà ou à St-Étienne. La réforme revint tel un boomerang dans les mains ministérielles de Paul Quilès venu à dos de Michel Rocard me délivrer du monopole. Et, au moment fraternel de le remercier chaleureusement, je fus malheureusement comme dans la grande tradition des histoires sans queue ni tête, réveillé par la sonnerie sud-américaine de mon portable ! Putain de merde.

Pourquoi ?! Pourquoi ?! Je vous le demande ?!
Je voulais chasser sans vergogne les ballons sauteurs à peau de peluche en voix d’extinction avec Paul Quilès en surfant sur Michel Rocard, so 80‘s.

Mais 2010 et son anticipation ne laissent aucune chance au rêve.

Alors, la bouche pâteuse, les yeux merdeux et l’apesanteur à ras du sommier, j’étais de retour parmi les gens pressés. Satané temps solaire, satané gadget technologique ! En plus j’ai l’angle d’un bouquin gravé sur le visage pour homologuer cet instant, sans oublier le marécage de salive séchée aux commissures des lèvres.

Rien de pire que des murs pour vous rappeler l’importance de l’espace et je ne prends pas la peine d’évoquer les heures face à l’infini. Du bruit, du bruit, du bruit, toujours du bruit, j’ai comme une envie de débrancher l’espèce humaine une bonne fois pour toute. Une douche, un trône et un thé plus tard, me rendant compte de la logistique que cette entreprise demanderait et compte tenu de l’inertie du nombre, je m’attellerai donc à une plus modeste oeuvre en refaisant le portrait des passants, logé à la terrasse d’un café.

Encastré entre deux tables d’étudiants savants, coincé entre deux débats sur le retour de la morale et les sextoys, j’en viens à fixer avec conviction le marc de ma tasse en espérant qu’il me parle, plutôt que d’en entendre plus, mais je suis sans cesse perturbé par le concerto chaotique et téléphonique des sonneries musicales de l’armée portable, celle-ci me ferait presque regretter la cacophonie des klaxons à l’heure pointe ! Pour être tout à fait honnête, d’aussi loin que je m’en souvienne, le téléphone et moi, n’avons jamais été vraiment amis.

Enfant, pour moi le téléphone signifiait une chose : famille, cabine, carte, appel longue distance et 30 min de créole, en dépit des recommandations de la météo ou de la queue du dimanche soir, qui plus est. Par la suite, ce délateur de communiquant avait la fâcheuse habitude de transmettre à la virgule près la liste exhaustive de mes exploits scolaires du trimestre, voire des suspicions face à mes maladies imaginaires et mes activités de faussaire.
La communication, je l’ai apprise de balcon en balcon ou en suivant à la trace les crachats de mes congénères. Alors cher Alexandre Graham Bell, hormis le téléphone rose, à quoi sert le pot de yaourt de poche si ce n’est à trouver de nouvelles manières de nous jalouser ? Entre l’invention et la révolution il y a la loi du marché. Réalité économique oblige, j’avais un septennat de retard sur les modes des publicités.

Aujourd’hui mon téléphone sonne et je ne sais pas si je dois répondre ou me percer les tympans. Finalement, je le regarderai jusqu’à ce qu’il s’arrête, c’est ce que je fais le plus souvent d’ailleurs. Qui dit répondre à un appel, induit inévitablement une conversation, enfin le mot est bien fort, épanchement mutuel, excuse bancale, dépêche médicale, culpabilité généalogique ou amour maladif, dans la plupart des cas. J’avoue préférer voir les gens, si possible afin de partager un peu de notre temps restant. Ha oui, il paraît qu’on sauve des vies avec la téléphonie, mais dans l’absolu, on en tue aussi.
Je ne cherche pas à vendre quoi que ce soit, moi, en revanche, je sais ce dont je n’ai pas besoin. Malheureusement «le vivre ensemble» débarque avec ses grands sabots pour lier outils et objets.
Seul les imbéciles et les pauvres – qui sont souvent les mêmes personnes à en croire les statistiques – n’ont pas de téléphone de nos jours. Pour avoir avoir un travail et par extension pouvoir manger et se loger, puis avoir une vie sociale, normale ou tout court, il faut avoir le machin d’émission/transmission. J’ai donc acheté un truc mais le travail n’est pas venu, sûrement à cause de la gamme à laquelle appartient celui-ci ! Soit, je l’ai gardé comme on vit avec une maladie, on s’habitue à tout, c’est cela notre magie. Maintenant, le bidule en question fait tout. A savoir quand et qui appeler et comment tout faire avec un doigt, il n’y a plus rien à apprendre, il suffit de réagir au signal !
Franchement, d’un muet à des sourds, parler si naturellement à une chose en lui conférant un peu de sa vie, indique légitimement que la folie est devenue ordinaire. Alors si parler sans voir les gens est une religion, qu’y a-t-il d’absurde à ce que je passe mon temps à chercher le silence dans le bruit ?

Une dernière chose, lorsque je parle seul à voix haute dans la rue, fatigué de ma tête, pourquoi me jugez-vous ? Et pour les autres, si je ne réponds pas, ne m’en voulez pas, ne m’en voulez plus…
Et puis, je ne sais pas pourquoi mais j’ai envie de chanter La Bamba ! Baila, Baila la bamba…

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Enfant, je confesse avoir eu une tendresse particulière pour mardi gras, sûrement parce que cela me permettait de m’affranchir des classes, des genres et que celui qui avait la plus grande imagination pouvait rivaliser avec celui qui recevait le plus d’argent de poche, durant une journée, pas plus. Mais la récréation est terminée depuis mon premier baiser et, dès lors, l’adulescence est devenue une marque de fabrique suffisamment rentable pour l’ériger à l’état de religion, incarnée par des gadgets de surcroît.

Et fort logiquement, ce qui devait arriver arrivera, cette course-poursuite contre le futur engendre des résurgences plus où moins fondées allant de la phobie prophétique aux régressions straight edge. Nous sommes sous le joug de la loi des clubs où les exemples intègrent plus que les exceptions. Mort au communautarisme, vive le communautarisme ! Apparemment le gène de l’autodestruction demeure un facteur récessif en chacun de nous, peu importe le côté de la chaîne de production.

Dès lors que les cotillons et cette farce ne cessent de recommencer encore et encore, j’en reviens à me dire que je copie pour ne plus penser, je colle pour ne plus écrire, je joue à Dieu par écrans interposés, je joue à l’Homme une fois déconnecté.

[Avant la fracture numérique, la plupart du temps, nous devions vivre avec le masque adéquat pour nous assurer du soutien moral et logistique de notre prochain. Maintenant, à l’ère du gigantisme microscopique, il faut tout réinventer surtout qui l’on est, sous peine d’être dépassé par je ne sais quoi. Le «après», quant à lui, bien heureux sont ceux qui le connaissent déjà car à notre stade même la meilleure des sciences équivaut à du charlatanisme.]


Comme le disait si brillamment la Compagnie Créole :

«Aujourd’hui,

Je fais ce qui me plaît, me plaît

Devinez, devinez, devinez qui je suis

Derrièr’ mon loup,

Je fais ce qui me plaît, me plaît

Aujourd’hui, (aujourd’hui) tout est permis (tout est permis)

Aujourd’hui, (aujourd’hui) tout est permis (tout est permis)»


Quelle est la différence entre l’anonymat classique et les avatars modernes ?

Le premier prend pour acquis que la postérité n’est qu’une vulgaire histoire d’argent, tandis que le second veut désespérément que l’on se souvienne de lui pour ce qu’il n’est pas. De ce fait, j’en suis presque à accepter – armé d’un rictus – la fin de ma carrière précoce à votre jubilé infini et gratuit. Puisque l’époque est à l’heure cannibale où l’on se délecte de son prochain en lui accaparant son espace, autant faire preuve d’une de ces lâchetés masquées, logotypées, marquetées et communautaires qui font de nous le seul animal capable d’anéantir son prochain en quelques clics, uniquement pour le plaisir. Résultat des courses, même pas mort et même pas mal, puisque tout est une histoire de gardiennage de temps à perdre.

Quoi de mieux que de se mettre dans la peau d’une icône? Il n’y a rien de mal me direz-vous, ainsi une poignée d’Hommes invisibles finiront par croire en eux et c’est déjà ça, mais le problème de toutes les images – outre leur tendance à la dictature divertissante – réside dans leur nature où la première des absurdités venues se retrouve canonisée à l’état de vérité. Alors et qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? Vraisemblablement pas le cachet du régime du «tous différents de la même manière !».

À présent nous pouvons à loisir modifier nos profils pour ne plus nous regarder en face. Evidement je ne parle pas de métamorphose, mais uniquement de lifting. Tout ceci n’est qu’un jeu.

Que certains préfèrent la technologie à la foi, je peux l’admettre – après quelques verres – par contre concernant l’hégémonie numérique pour notre bien et la réflexion assistée par ordonnateur, je passe mon tour car en dépit des certitudes des dealers d’anticipation, on ne me fera pas passer une transition pour un avenir durable qui emporterait tout sur son passage y comprit ce qui l’a crée. Et comme le chantage à la propriété va de pair avec les modes nouvelles, la machine à extrémismes est en marche, et elle sera mère de troubles musculo-squelettiques ou de nouvelles parts de marché. Plus que l’égo, plus que la reconnaissance, plus que le pouvoir, tout ceci est une affaire de violence réprimée depuis la première berceuse et travestie en industrie culturelle.

Alors l’idée reçue selon laquelle nous serions en pleine révolution est aussi grotesque que de proclamer que la Terre ne serait qu’un immense disque dur, nous avons simplement l’insigne honneur d’être membre d’un supermarché sur mesure, vendant aussi bien du prêt à penser que de la schizophrénie en kit.

Jusqu’à preuve du contraire, je suis le fils de mon père, lui l’était du sien et ainsi de suite, ce qui contribue à la réalisation du puzzle de l’identité héréditaire. Cela ne suffit plus, nous voici donc au stade de l’individu ex nihilo en route pour une carrière de deus ex machina ! Le monde qui avance toujours par habitude demande de suivre sans broncher – se justifiant à l’aide de la fin du monde – en nous disant qu’il nous sera impossible de faire marche arrière. La science fiction n’a plus sa place face à nos banalités.

Le progrès est un détail amusant, mais il n’a d’intérêt pratique qu’au travers de nos passifs. Alors, disons que la chirurgie reconstructrice et les personnalités interchangeables dès que l’on se logue, c’est une idée plus séduisante que d’avoir à portée de bras tout le bagage génétique qui ne nous consulte jamais. Mais j’ai du mal à croire que l’on puisse en sortir indemne à terme en s’extirpant à volonté de sa narration originelle, car le mensonge permanent conduit à l’amnésie définitive. Et puis, je suis intiment persuadé que la mémoire et l’âme ne sont qu’une seule et même personne. Déjà qu’il n’y a pas grand chose à gagner ici-bas, mais de là à tout vouloir perdre, pourquoi ?

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Je voudrais très sincèrement – en croisant les doigts – suivre le mouvement des mensurations idéales et du QI pour tous afin de m’éviter toute réflexion plus futile que fugace, mais personne ne fera passer un crash-test pour du morphing. La transformation est le maître mot de tout bon hold-up qui se respecte, elle justifie tout et veut notre bien. Mais cette mutation, outre le fait de satisfaire le plus grand nombre et de conforter dans leur modernité ses commanditaires, laisse sur le bas-côté les plus vieux, les plus lents, les plus indigents et pire, ceux qui n’opinent pas du sous-chef à la moindre évocation du futur du conditionnel…

Je copie donc je suis, je colle donc j’ai été. Puisque l’imagination est morte étouffée dans l’autofiction et que la créativité n’a jamais existé au-delà des mains droites hyperactives, embrassons goulûment le règne du copier/coller. Lorsque l’impossible est devenu encore plus banal que la passivité, la messe était dite. Je voudrais bien faire preuve de l’une de ces dilatations d’esprit dont l’industrie du prêt à penser a le secret, mais la culture des 3/8 laisse peu de place aux fantaisies existentialistes. Faire du plagiat une hygiène de vie, voilà le challenge en passe d’être converti en révolution participative !

Je crois que celui qui tisse des liens est moins néfaste que son destinataire et celui qui reproduit le schéma. Qu’il est beau le progrès, maintenant l’usine est dans notre salon et on l’en remercierait presque ! Artistes en tous genres, créateurs amateurs, promoteurs convaincus et propagandistes nés dans une carte de presse, rengainez vos indignations stériles et votre Histoire partisane, je vais m’expliquer devant vos yeux ébahis et la time line de vos vies complémentaires. Je veux bien humblement admettre que tout et n’importe quoi peut légitimement être considéré comme une œuvre par les constructeurs de régime culturel et je veux bien m’acquitter de ma part d’O2 en concédant quelques actes de contrition envers le futur en pièces détachées et pixels immaculés, mais jamais au grand jamais, je ne donnerai du sens à ce communautarisme à 29,90 euros où embrigadement rime avec divertissement ! Rien de grave me direz-vous, alarmisme, fatalisme et paranoïa éructerez-vous. Soit, mais quand chacun commence à mettre un masque et à changer de nom pour appartenir à un groupe ce qui doit arriver arrive.

Il y a fort à parier que nous serons sûrement sauvés par nous même entre le cannibalisme économique, la boulimie affective et notre instinct nouvellement chronophage. Je ne sais pas, c’est tout ce dont je suis à peu près sûr et à partir du moment où tout devient une vérité – immédiate – c’est qu’elle n’a jamais vraiment existé dans notre époque à fabriquer du vide.

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Je ne sais plus pourquoi ni comment j’ai débuté cette histoire de blog – entre mouvement et échappatoire – et d’écriture semi-automatique, voire arbitrairement improvisée. Projeter un instantané de sa conscience dans l’infini, pour certains, cela peut paraître anodin, addictif, expiatoire mais en prenant la mesure de l’inconnu, j’en ai le vertige et quelques éclats de rire en relativisant l’absurdité de notre sérieux !

Que dire de tout cela au vu de cette première année d’extime, d’essais de résolutions, de choix d’erreurs et de prises de risque en plein bad trip général ? Je ne dis plus rien, je m’abstiens et je ne peux que raisonnablement douter de ma folie qui préférerait me voir courir nu dans les rues et de ma rectitude qui me suggérerait l’une de ces désertions dont je n’ai pas encore le courage. Difficile pour moi dans ce cas de m’inventer un combat, un avatar et une communauté pour chercher la vérité ou simplement pour passer le temps.

Mais sachant que je ne suis pas du genre à combler mon ennui par des artifices numériques et que je rechigne à l’idée de faire de mon nombril un centre d’attraction, je peine encore à me remémorer pourquoi un misanthrope de mon acabit est allé s’acoquiner avec le reste de la planète qu’il ne peut pas voir en peinture, ni en pixel.

Ma décision de me convertir au monde du surmoi a été guidée par le simple fait que je ne me reconnais nulle part et que les individus de mon espèce ayant survécu à l’intégration pour les nuls, l’égalitarisme pour les laïcs et le nihilisme pour les lâches devaient bien avoir 29,90 euros à dépenser ad vitam æternam afin de continuer promptement à se moquer à moindre frais de leurs prochains. Et, apparemment, on a besoin de se désigner pour exister dans le grand registre de ceux qui ont la prétention de penser et la négligence de la prendre pour acquis !

Ce que j’ai appris à mes dépens et que j’ai aimé en pratique durant mes années nocturnes de radio, à l’heure où les langues reprennent leur dû aux masques, c’est que les gens qui me ressemblent – où l’inverse – n’ont ni le même pedigree périphérique, ni la même couleur de circonstance, ni la même religion, officielle ou non, et souvent encore moins la même géographie qui fait que c’est toujours l’autre qui est détenteur d’une frontière.

Et depuis toujours, viscéralement, j’ai fait fi des codes interprétables, des modes interchangeables, des communautés étiquetables, des causes malléables sans vraiment me poser la question du profil de la personne en face de moi. Ne vous fiez pas aux apparences, je n’ai pas en moi cette tolérance des plus grotesques béatitudes, mais j’ai un faible notable pour la différence qui n’en porte pas le nom et qui se garde de toute promotion ostentatoire, la différence qui n’existe pas dans les quotas d’époque ou dans la pitié séculaire !

Nous y sommes. Si j’ai voulu cette expérience de blog en définitive, c’était dans le but inavoué de parler à des sans visages, puis d’attendre des réponses dépourvues d’avenir. Souvent en fixant cet écran, je crois qu’il me regarde en s’interrogeant sur mes motivations pour justifier son mobile, celui de cette prise d’otage consentie, car la société du tous connectés a éradiqué la notion de lieu et de lien. A présent pour communiquer il faut montrer, se montrer puis regarder.

Et depuis mon rocher en forme de pomme avec la mémoire approximative sous le bras et une mise à jour constante de la nécrologie mondiale, je cherche de manière compulsive des questions lorsque tout le monde a les réponses…

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Rentrer chez soi…

En voilà un concept original, comme si l’Homme était conçu pour être sédentaire, comme si l’homme était programmé pour être monogame. Cependant la société des gens heureux et du bonheur prêt-à-porter est passée par là et la machine humaine ne connaît pas la pitié – si elle n’est pas rentable – particulièrement envers ceux qui tentent de ne pas suivre scrupuleusement le mode d’emploi du sens de la vie. J’aime avoir toujours les mêmes habitudes, mais jamais au même endroit et encore moins avec les mêmes gens.

En général ma manière de vivre les irrite plus que ma façon de penser. La simple évocation de l’idée que je n’engendre pas du temps comme un cadeau divin parce que je ne fais que le traverser de part en part, elle remet en question les gens tout en les confortant. Mais on ne peut décemment pas porter tout le monde dans son sac à dos et encore plus, sa propre mémoire. Si je ne peux me souvenir de moi même, je n’aurai plus rien à regretter !

Pour moi, l’échec est semblable à un contrôle interminable derrière une famille fuyant leur chez eux pour les vacances, à un retard sur un vol qui produira le manque de mon scotch au bar déjà désert, à une réservation d’hôtel mal enregistrée qui annoncera une vengeance prochaine en faisant droit de privilège en doublant légalement dans les files d’attente. Ha ! Oui, je sais, les gens dans tout ça ? Hum, ils meublent avec plus ou moins de succès mon temps de transit entre deux échappatoires.

Justement en parlant des « gens », les seuls, les vrais, les uniques et irremplaçables, pour mon travail salutaire, j’en croise souvent, j’en croise beaucoup, j’en croise trop à vrai dire. Sachant que cette overdose d’humanisme garantit à elle seule mon mode de vie, je consens à mettre tout mon cœur lorsque je fais le tour du pays pour annoncer à ces personnes, avec leur vie sur le visage, qu’elles sont licenciées. Une fois la sentence assenée – nette, sans bavure et avec un sourire compatissant en option – je les vois hébétés, en colère, absents, effondrés, autant de choix qui les empêchent d’avancer suffisamment vite pour ne pas disparaître de l’organigramme du grand dessein.

À toute épreuve à handicap, le seigneur pourvoit une récompense à la mesure du sacrifice, alors dites merci à la culture de votre entreprise pour laquelle vous avez donné, sans poser de questions, les meilleures années de vos existences car elle vous propose un plan de résurrection en plusieurs étapes. Ne nous remerciez pas. Donc pour revenir parmi nous un jour, il faut que vous nous quittiez définitivement.

La manière dont on part est aussi – si ce n’est plus important que tout – ce que l’on a fait auparavant. J’aime à penser que les additions ne font pas le résultat. Pour certains leur emploi est tout, un but, une famille, un foyer et au moment de dire adieu à ce morceau d’eux qu’ils ne récupèreront vraisemblablement plus, je leur demande de fermer les yeux une minute car, à tout regarder comme si chaque chose autour de leur open space était primordiale, ils en oublient vite leurs priorités.

Personnellement, la famille, ma famille, cela n’en n’était pas une, disons que cela fait partie d’un pack à l’origine et du décor au bout du compte. J’ai des liens avec les miens, de ceux qui sanglent pour mieux m’aimer et qui me ramènent à chaque fois à ceux qui meurent du temps qui passe et qui portent mon nom. J’ai beau fuir aussi vite que l’avion le peut, elle me rattrape toujours.

Ne pas mourir seul, cela paraît être la seule obsession raisonnable, mais de la part des vendeurs d’amour à tout prix qui font de leur hygiène affective une morale à toute épreuve, je trouve cela d’un égoïsme dont seul les solitaires devraient se prévaloir. Apparemment, c’est ça l’objectif trouver quelqu’un, une fois qu’on l’a, il faut évidemment produire d’autres quelqu’un sous peine de s’ennuyer avec le premier quelqu’un. Je crois en la loyauté, l’honnêteté ça ne dure que le temps d’une pause café ou d’une partie de jambes en l’air, voire à l’horizontale. On aime couché, on cohabite debout.

Les gens, encore eux, ont un besoin maladif de savoir d’où les autres viennent, comme si l’on était condamné à n’être qu’un échantillon de notre passé. Je vois si souvent le monde d’en haut en classe affaire que j’en oublie le nom des terres en dessous. Mais si vous voulez savoir, moi, je viens d’où je suis maintenant.

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Je n’arrive pas à choisir entre n’avoir rien à dire et tout dire
(une information 0 – une diffamation 1)

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