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Il y a des soirs comme celui-ci où j’espère presque un délit de faciès et une violation rugueuse mais assermentée de mon intimité. Pour cette fois, je veux bien me sacrifier au nom de la paix sociale, de l’esprit républicain et je promets de ne pas en faire un best-seller pour négrophiles endurcis et repentants sur le retour. Mais ce soir là, je dois aller voir un ami, un vrai !

Pas n’importe lequel. Pas l’un de ceux avec qui les préliminaires ce sont faits en quelques clics, et encore moins l’un de ceux à qui l’on sourit poliment pris en otage par le passé. Non, le Friend en question, lorsque que je parle de lui, c’est encore au futur et le spécimen en sait plus sur moi que la Cnil ou les RG.

Comme le disait si brillamment Biz Markie : «You, you got what I need, you say, he’s just a friend» Mon dilemme actuel est que mes amis se comptent sur les doigts du moignon et que mon hôte du soir est un artiste…

Le destin populaire ou le scénariste en chef ont plus un humour de comptoir que de sursaut narratif. Et pour ce rendez-vous décisif sans Sergio Leone, je me retrouve loin dans ma mémoire en foulant la porte d’un de mes pires concerts où les responsabilités étaient partagées. Formule classique et à volonté, ingénieur du son déficient, public aux abonnés absents et musiciens débutants, sans oublier étouffe-chrétien et sponsoring de Coca-Cola à hauteur d’une bouteille pour 12 personnes, public inclus. Mais, 12 ans plus tard et 500 personnes supplémentaires, je me surprends à croire que même le temps peut changer.

La salle se remplit à la vitesse d’un bouchon sur l’autoroute du soleil, la sécurité artificielle laisse place à la claustrophobie naturelle, puis les portables récalcitrants commencent à avoir honte, la gêne renâcle de la gorge et le silence reprend enfin ses droits.

À la place du mort, comme mes 499 covoituriers, j’ouvre ma paire de steadycam, déconnecte ma boîte à image, délaisse l’écoute pour l’entente et prend le kidnapping en présence pour un voyage d’agrément. Et l’ombre du dandy décadent tangue d’un côté puis de l’autre au milieu de la fumée sans jamais toucher le sol. 1h14 et un rappel plus tard les applaudissements pavloviens envahissent le décor pour mieux l’abandonner. J’ai toujours mon ami et lui une nouvelle entrée payante.

PS : Non critique

Je vous dispense de la partie critique musicale aussi subjective que vaine, ne pas avoir d’avis, c’est ce que je fais de mieux dans la vie. Mais je vous livre tout de même ces quelques interrogations sur Lee Harvey Asphalte, avant que le seul intérêt de cet article, la vidéo, ne s’impose à vos yeux.

À notre époque du grand tout et de la culture de niche, la plupart des gens vivent en laisse avec une étiquette. Et on en…euh, j’en reviens à la question de l’identité, l’environnement, l’histoire et la culture. Détermine-t-elle des individus, des courants jusqu’à les condamner à la tradition ?

Ce soir là dans la salle, certains ont vu avec une certitude punitive de la nouvelle chanson hybride, du slam musical, du théâtre rythmé, du rap conscient, un meeting en rime, voir même un arabe avec une cravate.

Et moi, j’ai vu en tout et pour tout un concert, qui vivait au présent et aimait au conditionnel. Mais les gens, les impalpables, les insondables, ont besoin de donner des noms pour posséder les choses, les autres afin de se dispenser de les comprendre.

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Enfant, je confesse avoir eu une tendresse particulière pour mardi gras, sûrement parce que cela me permettait de m’affranchir des classes, des genres et que celui qui avait la plus grande imagination pouvait rivaliser avec celui qui recevait le plus d’argent de poche, durant une journée, pas plus. Mais la récréation est terminée depuis mon premier baiser et, dès lors, l’adulescence est devenue une marque de fabrique suffisamment rentable pour l’ériger à l’état de religion, incarnée par des gadgets de surcroît.

Et fort logiquement, ce qui devait arriver arrivera, cette course-poursuite contre le futur engendre des résurgences plus où moins fondées allant de la phobie prophétique aux régressions straight edge. Nous sommes sous le joug de la loi des clubs où les exemples intègrent plus que les exceptions. Mort au communautarisme, vive le communautarisme ! Apparemment le gène de l’autodestruction demeure un facteur récessif en chacun de nous, peu importe le côté de la chaîne de production.

Dès lors que les cotillons et cette farce ne cessent de recommencer encore et encore, j’en reviens à me dire que je copie pour ne plus penser, je colle pour ne plus écrire, je joue à Dieu par écrans interposés, je joue à l’Homme une fois déconnecté.

[Avant la fracture numérique, la plupart du temps, nous devions vivre avec le masque adéquat pour nous assurer du soutien moral et logistique de notre prochain. Maintenant, à l’ère du gigantisme microscopique, il faut tout réinventer surtout qui l’on est, sous peine d’être dépassé par je ne sais quoi. Le «après», quant à lui, bien heureux sont ceux qui le connaissent déjà car à notre stade même la meilleure des sciences équivaut à du charlatanisme.]


Comme le disait si brillamment la Compagnie Créole :

«Aujourd’hui,

Je fais ce qui me plaît, me plaît

Devinez, devinez, devinez qui je suis

Derrièr’ mon loup,

Je fais ce qui me plaît, me plaît

Aujourd’hui, (aujourd’hui) tout est permis (tout est permis)

Aujourd’hui, (aujourd’hui) tout est permis (tout est permis)»


Quelle est la différence entre l’anonymat classique et les avatars modernes ?

Le premier prend pour acquis que la postérité n’est qu’une vulgaire histoire d’argent, tandis que le second veut désespérément que l’on se souvienne de lui pour ce qu’il n’est pas. De ce fait, j’en suis presque à accepter – armé d’un rictus – la fin de ma carrière précoce à votre jubilé infini et gratuit. Puisque l’époque est à l’heure cannibale où l’on se délecte de son prochain en lui accaparant son espace, autant faire preuve d’une de ces lâchetés masquées, logotypées, marquetées et communautaires qui font de nous le seul animal capable d’anéantir son prochain en quelques clics, uniquement pour le plaisir. Résultat des courses, même pas mort et même pas mal, puisque tout est une histoire de gardiennage de temps à perdre.

Quoi de mieux que de se mettre dans la peau d’une icône? Il n’y a rien de mal me direz-vous, ainsi une poignée d’Hommes invisibles finiront par croire en eux et c’est déjà ça, mais le problème de toutes les images – outre leur tendance à la dictature divertissante – réside dans leur nature où la première des absurdités venues se retrouve canonisée à l’état de vérité. Alors et qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? Vraisemblablement pas le cachet du régime du «tous différents de la même manière !».

À présent nous pouvons à loisir modifier nos profils pour ne plus nous regarder en face. Evidement je ne parle pas de métamorphose, mais uniquement de lifting. Tout ceci n’est qu’un jeu.

Que certains préfèrent la technologie à la foi, je peux l’admettre – après quelques verres – par contre concernant l’hégémonie numérique pour notre bien et la réflexion assistée par ordonnateur, je passe mon tour car en dépit des certitudes des dealers d’anticipation, on ne me fera pas passer une transition pour un avenir durable qui emporterait tout sur son passage y comprit ce qui l’a crée. Et comme le chantage à la propriété va de pair avec les modes nouvelles, la machine à extrémismes est en marche, et elle sera mère de troubles musculo-squelettiques ou de nouvelles parts de marché. Plus que l’égo, plus que la reconnaissance, plus que le pouvoir, tout ceci est une affaire de violence réprimée depuis la première berceuse et travestie en industrie culturelle.

Alors l’idée reçue selon laquelle nous serions en pleine révolution est aussi grotesque que de proclamer que la Terre ne serait qu’un immense disque dur, nous avons simplement l’insigne honneur d’être membre d’un supermarché sur mesure, vendant aussi bien du prêt à penser que de la schizophrénie en kit.

Jusqu’à preuve du contraire, je suis le fils de mon père, lui l’était du sien et ainsi de suite, ce qui contribue à la réalisation du puzzle de l’identité héréditaire. Cela ne suffit plus, nous voici donc au stade de l’individu ex nihilo en route pour une carrière de deus ex machina ! Le monde qui avance toujours par habitude demande de suivre sans broncher – se justifiant à l’aide de la fin du monde – en nous disant qu’il nous sera impossible de faire marche arrière. La science fiction n’a plus sa place face à nos banalités.

Le progrès est un détail amusant, mais il n’a d’intérêt pratique qu’au travers de nos passifs. Alors, disons que la chirurgie reconstructrice et les personnalités interchangeables dès que l’on se logue, c’est une idée plus séduisante que d’avoir à portée de bras tout le bagage génétique qui ne nous consulte jamais. Mais j’ai du mal à croire que l’on puisse en sortir indemne à terme en s’extirpant à volonté de sa narration originelle, car le mensonge permanent conduit à l’amnésie définitive. Et puis, je suis intiment persuadé que la mémoire et l’âme ne sont qu’une seule et même personne. Déjà qu’il n’y a pas grand chose à gagner ici-bas, mais de là à tout vouloir perdre, pourquoi ?

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Je voudrais très sincèrement – en croisant les doigts – suivre le mouvement des mensurations idéales et du QI pour tous afin de m’éviter toute réflexion plus futile que fugace, mais personne ne fera passer un crash-test pour du morphing. La transformation est le maître mot de tout bon hold-up qui se respecte, elle justifie tout et veut notre bien. Mais cette mutation, outre le fait de satisfaire le plus grand nombre et de conforter dans leur modernité ses commanditaires, laisse sur le bas-côté les plus vieux, les plus lents, les plus indigents et pire, ceux qui n’opinent pas du sous-chef à la moindre évocation du futur du conditionnel…

Je copie donc je suis, je colle donc j’ai été. Puisque l’imagination est morte étouffée dans l’autofiction et que la créativité n’a jamais existé au-delà des mains droites hyperactives, embrassons goulûment le règne du copier/coller. Lorsque l’impossible est devenu encore plus banal que la passivité, la messe était dite. Je voudrais bien faire preuve de l’une de ces dilatations d’esprit dont l’industrie du prêt à penser a le secret, mais la culture des 3/8 laisse peu de place aux fantaisies existentialistes. Faire du plagiat une hygiène de vie, voilà le challenge en passe d’être converti en révolution participative !

Je crois que celui qui tisse des liens est moins néfaste que son destinataire et celui qui reproduit le schéma. Qu’il est beau le progrès, maintenant l’usine est dans notre salon et on l’en remercierait presque ! Artistes en tous genres, créateurs amateurs, promoteurs convaincus et propagandistes nés dans une carte de presse, rengainez vos indignations stériles et votre Histoire partisane, je vais m’expliquer devant vos yeux ébahis et la time line de vos vies complémentaires. Je veux bien humblement admettre que tout et n’importe quoi peut légitimement être considéré comme une œuvre par les constructeurs de régime culturel et je veux bien m’acquitter de ma part d’O2 en concédant quelques actes de contrition envers le futur en pièces détachées et pixels immaculés, mais jamais au grand jamais, je ne donnerai du sens à ce communautarisme à 29,90 euros où embrigadement rime avec divertissement ! Rien de grave me direz-vous, alarmisme, fatalisme et paranoïa éructerez-vous. Soit, mais quand chacun commence à mettre un masque et à changer de nom pour appartenir à un groupe ce qui doit arriver arrive.

Il y a fort à parier que nous serons sûrement sauvés par nous même entre le cannibalisme économique, la boulimie affective et notre instinct nouvellement chronophage. Je ne sais pas, c’est tout ce dont je suis à peu près sûr et à partir du moment où tout devient une vérité – immédiate – c’est qu’elle n’a jamais vraiment existé dans notre époque à fabriquer du vide.

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canibalisme

Je n’arrive pas à choisir entre le cannibalisme amical et le coup d’état permanent
(Les réseaux sociaux 0 – Le buzz 1)
The Anatomy Of Buzz

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