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The Wire 2

Les murs ont des oreilles, pourtant personne ne leur parle.

Avec ma collection de cicatrices, je crois plus au pragmatisme qu’à la rédemption.

Je pourrais attendre patiemment la réinsertion ou le jugement dernier, mais je n’ai jamais eu de penchant pour la science fiction.

Je voudrais passer à table, mais la faim me tiraille, car je sais que j’ai plus de chance d’avoir une épitaphe qu’une autobiographie.

J’ai besoin qu’il y ait plus de crimes que de coupables, pour que l’ordre ait un sens, pour mordre et que l’on me l’ordonne.

Les désirs de futurs en commun font les promesses de réussites individuelles.

La vie rêvée se venge de tout ce qu’elle n’a pas pu, de tout ce qu’elle n’a pas voulu quand la misère a frappé à sa porte.

Qui a dit que les mauvais cauchemars passaient et que les monstres n’existaient pas ? Sûrement ceux qui les fabriquent, puis les entretiennent pour mieux les combattre un soir de sondage.

Je préfère avoir le moral que la morale.

Le code pénal n’est pas un guide de survie en société, alors la rue trouve une forme de justice sociale dans l’argent sale.

Gardez bien à l’esprit que la loi du plus fort n’est rien face à celle du plus résistant.

Les gyrophares rythment tout, mes insomnies sans chagrin raisonnable, les jours de minimas sociaux, mes gueules de bois pour une mise en abîme, les nuits où l’on fait semblant d’aimer à deux, la messe pour acheter un peu de foi, les récréations où les enfants n’en sont déjà plus.

L’école a la mémoire trop usée pour se remémorer à quoi pouvait bien lui servir ses mains.

Pour former les nouveaux citoyens, on envoie ceux qui ne croient plus en être, ou pire, ceux qui pensent que le mensonge est acceptable au regard de leurs échecs.

Je vote plus par habitude que par conviction.

J’aimerais que l’on organise un suffrage universel pour désigner Dieu, une fois pour toute. Je me lasse d’être tenu en laisse par ses subalternes car ils meurent plus vite qu’ils ne mentent.

Laissez-moi parler au proxénète, m’entendez-vous ?

J’ai vu l’information passer du devoir au pouvoir sans que nul ne se plaigne du voyage, enfin, jusqu’à l’arrivée.

En avoir plein les yeux, c’est sûrement plus important qu’en avoir dans la tête ou même dans le pantalon, du moment que la simulation est parfaite.

Ce qui différencie un fait probant d’une vérité vague ? Le nombre de personne qui y croit !

Demain tu pourras voir l’ennemi public numéro 1 se confondre avec ton concitoyen célèbre préféré et secrètement, tu aimeras les deux.

Apparemment j’ai le choix entre être une victime et un criminel, dans le deux cas le public scandera mon nom.

Quand la journée s’écrase en catastrophe sur ce goût d’inachevé logé dans ma gorge, je me pince pour être sûr que tout ça est bien vrai, afin de me rassurer.

Mais en fait, j’ai besoin d’un verre de plus pour tenir le coup au cas où demain viendrait à voir le jour.

Entre mes besoins et mes envies, mon cul bascule.

Finalement, comme souvent, je me retrouve avec une inconnue, dans un lit qui n’est pas le mien non plus, c’est déjà mieux que la solitude, enfin c’est peut-être ça, la solitude.

Le bien et le mal, ce n’est qu’une histoire, une belle histoire si tu le veux, continue à dormir.

Personne ne t’attend et ne compte sur toi, remplis les cases, satisfais les quotas, deviens une statistique et tout ça pour quoi ?

Je me demande parfois, au crépuscule de nos actes manqués, comment fait-on pour continuer une guerre lorsqu’on sait qu’elle ne se terminera jamais ?

Sûrement parce que nous ne sommes pas plus cons qu’ils le pensent, mais moins que ce nous voudrions.

Alors j’ai choisi l’arme au lieu de l’âme parce que la première a un prix et la seconde n’en a pas. Je ne suis pas philanthrope.

J’ai dû me perdre entre la vitrine et l’arrière-boutique pour avoir autant chercher la sortie.

J’ai vu la ville s’éteindre de tout son peuple pour ne jamais se réveiller.

Une prison comme on les aime, ouverte 24h sur 24h, même le dimanche, avec plus de ciment que de sentiments, plus de morts que de vivants.

Et les hommes dans tout ça ! Je pense que personne ne leur a dit qu’ils faisaient juste partie du décor.

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JPOD

Je vous souhaite la bienvenue, ici, chez nous, chez vous, nous n’avons pas la culture d’entreprise, mais l’entreprise de la culture.

Meeting, happening, même combat !

Vous faites partie de la famille, abandonnez votre thérapeute, Dieu et votre amour propre, nous, nous vous aimons pour ce que vous êtes, ce que vous faites.

Je dois avoir la gueule de l’emploi et un petit quelque chose en plus de spécial ou alors, les fosses communes sont toutes équipées de machines à café.

Souriez, vous êtes officiellement mort, un CDI dans le portefeuille et une hypothèque de la maison du bonheur dans les promesses de fidélité.

Maintenant, les infarctus précèdent les calvities.

Caché dans une petite boîte trop parfaite pour être vraie, j’en construis d’autres pour vous tous, avec l’espoir que vous adoriez votre prison.

Je divertis le peuple en me faisant de l’argent : où est le mal ?  Tant que l’on ne me transfère pas vers la hotline ou le service après vente.

Il y a des vices acceptables, voire rentables, alors les plus scolaires d’entre nous préfèrent les participations aux bénéfices de l’industrie des pixels à l’argent sale des paradis artificiels.

Le crime, c’est tout de même mieux depuis son salon ?

L’obésité ou l’overdose ? Tout est une question de promotion !

Je me log chaque matin naturellement d’un air supérieur entre l’automate et le pantomime, pendant que tu pointes la misère sociale sur ton bleu de travail, derrière une machine qui ne peut penser sans toi.

Parfois, je me dis que l’esclavage c’est comme la mode, à force de suivre le mouvement, on pense l’incarner.

Peu importe les coups de fouet, du moment que l’on peut les revendiquer le premier.

Des régiments d’individualistes, vivant leurs ambitions par pack de six bureaux, dans un open space respectant les règles d’hygiène, mais pas celle de l’intimité.

Nous avons tous les mêmes diplômes.

Mais forte heureusement, en phallocratie, les droits de la femme ne font pas les salaires de la femme.

Pour rester dans les annales de l’entreprise certains font des dépressions, les autres des enfants.

Je préfère mes névroses souvent imaginaires, parfois obsessionnelles, à la monotonie de cette folie remplissant mes déclarations d’imposition.

Tous pensent réfléchir différemment, mais ils agissent de la même manière, dans le même sens, vers le même but.

Mais moi, j’ai des projets, je suis ne pas comme les autres, je combats le système de l’intérieur, un jour vous verrez !

En attendant, je fais semblant, j’achète quelques machins, je possède quelques trucs, pas grand chose, toujours dans la limite de mon découvert, pour ne pas attirer les soupçons, je prends un crédit, je file droit.

Je crois en ce que je télécharge, en toute légalité.

Certains ont des croisades humanitaires ou pédophiles, les autres des croyances nécrophiles ou mythomanes, moi, j’ai juste un besoin d’exister, je ne suis pas pareil, je me suis mis au bricolage.

Les jours d’ennui, j’hésite entre faire un don ou une OPA.

Un petit décontractant après le travail, entre collègues ou seul, un remontant dans ma voiture chaque matin en voyant le bureau se rapprocher dangereusement, un petit coup de pouce une fois la porte des toilettes close.

Moi, depuis le troisième bureau sur la gauche, celui avec le portrait de famille décomposée et ma figurine Green Lanterne achetée durant mon temps d’inertie sur E-Bay entre la première pause cigarette et le dernier mail groupé glorifiant un con et sa webcam, moi, je sauve le monde, demandez à mes euphorisants remboursés mais génériques, je combats l’horloge du lundi 08H00 au vendredi 17H00.

Je veux me faire un nom en perdant mon identité, dites bonjour à l’absurde banalité.

N’oubliez pas de mettre votre nom au feutre sur votre badge, prenez une viennoiserie et attendez la première vague de licenciement économique, en silence, gêné, comme à votre arrivée dans l’ascenseur.

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