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Posts Tagged ‘aéroport’

Je n’arrive pas à choisir entre un trou d’air et un trou noir
(Espace aérien 0 – Jean-Louis Borloo 1)

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Je n’arrive pas à choisir entre le radotage annuel et la fermeture exceptionnelle
(Cannes 0 – Island 1)

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Rentrer chez soi…

En voilà un concept original, comme si l’Homme était conçu pour être sédentaire, comme si l’homme était programmé pour être monogame. Cependant la société des gens heureux et du bonheur prêt-à-porter est passée par là et la machine humaine ne connaît pas la pitié – si elle n’est pas rentable – particulièrement envers ceux qui tentent de ne pas suivre scrupuleusement le mode d’emploi du sens de la vie. J’aime avoir toujours les mêmes habitudes, mais jamais au même endroit et encore moins avec les mêmes gens.

En général ma manière de vivre les irrite plus que ma façon de penser. La simple évocation de l’idée que je n’engendre pas du temps comme un cadeau divin parce que je ne fais que le traverser de part en part, elle remet en question les gens tout en les confortant. Mais on ne peut décemment pas porter tout le monde dans son sac à dos et encore plus, sa propre mémoire. Si je ne peux me souvenir de moi même, je n’aurai plus rien à regretter !

Pour moi, l’échec est semblable à un contrôle interminable derrière une famille fuyant leur chez eux pour les vacances, à un retard sur un vol qui produira le manque de mon scotch au bar déjà désert, à une réservation d’hôtel mal enregistrée qui annoncera une vengeance prochaine en faisant droit de privilège en doublant légalement dans les files d’attente. Ha ! Oui, je sais, les gens dans tout ça ? Hum, ils meublent avec plus ou moins de succès mon temps de transit entre deux échappatoires.

Justement en parlant des « gens », les seuls, les vrais, les uniques et irremplaçables, pour mon travail salutaire, j’en croise souvent, j’en croise beaucoup, j’en croise trop à vrai dire. Sachant que cette overdose d’humanisme garantit à elle seule mon mode de vie, je consens à mettre tout mon cœur lorsque je fais le tour du pays pour annoncer à ces personnes, avec leur vie sur le visage, qu’elles sont licenciées. Une fois la sentence assenée – nette, sans bavure et avec un sourire compatissant en option – je les vois hébétés, en colère, absents, effondrés, autant de choix qui les empêchent d’avancer suffisamment vite pour ne pas disparaître de l’organigramme du grand dessein.

À toute épreuve à handicap, le seigneur pourvoit une récompense à la mesure du sacrifice, alors dites merci à la culture de votre entreprise pour laquelle vous avez donné, sans poser de questions, les meilleures années de vos existences car elle vous propose un plan de résurrection en plusieurs étapes. Ne nous remerciez pas. Donc pour revenir parmi nous un jour, il faut que vous nous quittiez définitivement.

La manière dont on part est aussi – si ce n’est plus important que tout – ce que l’on a fait auparavant. J’aime à penser que les additions ne font pas le résultat. Pour certains leur emploi est tout, un but, une famille, un foyer et au moment de dire adieu à ce morceau d’eux qu’ils ne récupèreront vraisemblablement plus, je leur demande de fermer les yeux une minute car, à tout regarder comme si chaque chose autour de leur open space était primordiale, ils en oublient vite leurs priorités.

Personnellement, la famille, ma famille, cela n’en n’était pas une, disons que cela fait partie d’un pack à l’origine et du décor au bout du compte. J’ai des liens avec les miens, de ceux qui sanglent pour mieux m’aimer et qui me ramènent à chaque fois à ceux qui meurent du temps qui passe et qui portent mon nom. J’ai beau fuir aussi vite que l’avion le peut, elle me rattrape toujours.

Ne pas mourir seul, cela paraît être la seule obsession raisonnable, mais de la part des vendeurs d’amour à tout prix qui font de leur hygiène affective une morale à toute épreuve, je trouve cela d’un égoïsme dont seul les solitaires devraient se prévaloir. Apparemment, c’est ça l’objectif trouver quelqu’un, une fois qu’on l’a, il faut évidemment produire d’autres quelqu’un sous peine de s’ennuyer avec le premier quelqu’un. Je crois en la loyauté, l’honnêteté ça ne dure que le temps d’une pause café ou d’une partie de jambes en l’air, voire à l’horizontale. On aime couché, on cohabite debout.

Les gens, encore eux, ont un besoin maladif de savoir d’où les autres viennent, comme si l’on était condamné à n’être qu’un échantillon de notre passé. Je vois si souvent le monde d’en haut en classe affaire que j’en oublie le nom des terres en dessous. Mais si vous voulez savoir, moi, je viens d’où je suis maintenant.

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the limits of control

Je donne plus l’oreille que je ne prends la parole, j’ai l’humanisme économe.

À la croisée des chemins, on se trompe de route afin d’avoir un entretien avec le destin, même si je ne le comprends pas en suivant mon instinct.

Le silence fait partie de mon histoire sans fenêtre sur vous, ni porte de sortie pour vendre une morale donnant un sens à mes actes.

Allez savoir qui je suis derrière mon masque fait de chair et de sang, ce que je sais sur mes commanditaires comme mes victimes et où je vais d’un pas meurtrier tel le temps qui passe.

Ma mélancolie est assassine et mon tourment est une tombe d’où je ne m’extirperai qu’au dernier souffle.

Mais un doute subsiste lorsque l’on fixe machinalement les cibles mouvantes plutôt que cet horizon bancal plus résigné que fidèle.

Et le planisphère ? Il nous écrase de toute son autopsie, de toutes ses rides guerrières.

Je préfère le paysage aux voyages !

Une ville reste une ville, ces odeurs de peur quand les pas claquent sur le sol en se faisant de plus en plus pressants, le bruit des ruelles orphelines de la lumière du jour, son visage raisonnable pour le tourisme plastique, son charme pour les cartes postales, sans oublier son calme invisible et anonyme.

Ce qui me plaît le plus ce sont les fenêtres, on devine ce qu’elles cachent négligemment, on se protège dans leurs angles morts, pour ne pas être de vu, pour rester méconnu.

J’ai cet instinct de conservation presque animal qui me préserve de ce mauvais goût bien humain pour l’héroïsme de manuel scolaire.

Alors mon nom n’est qu’une anecdote dans le monde des illustres qui cherchent des échos à leur nostalgie dans un regard, dans une guitare.

Une clef fatiguée, une porte à la fois étrangère et familière, un lit d’infortune pour une personne, un cendrier vide et un horizon imparfait me renvoyant à mes respirations inégales.

Peu importe l’endroit, c’est la même chose, sans les mêmes gens…

La limite entre habitude de l’usine humaine et paranoïa des oppressés de service ? Ceux qui en parlent en observant ceux qui sont censés le vivre, ils doivent avoir plus de réponses que de questions.

À force de me demander constamment ce que j’aime, je vais finir par savoir ce que vous pensez.

De retour à la case départ en avançant sur ma piste, le décor habite mes songes éveillés, quitte à y laisser leur mémoire.

J’entends des voix, mais je préfère les mots.

Je pourrais apprendre ta langue, mais tes hésitations en disent long !

Va savoir ce je fais du temps qu’il m’est est arbitrairement imparti puisque la petite mort ne m’attend plus ?

Si l’information c’est le contrôle, nous devons être bien suicidaires!

Le problème des messagers en transit qui rêvent d’être des passagers en stand by, c’est qu’ils oublient que les autres peuvent épouser la solitude.

Dans le doute, on confond mystère et zone d’ombre, mieux vaut ne pas comprendre que de ne pas savoir dans le vaste monde.

Me taire, apparemment, c’est ce que j’ai de mieux à dire.

Le temps est aux adieux, nullement aux présentations.

Les choses commencent et se terminent dans un aéroport, là où les hommes viennent de nulle part et vont forcément quelque part pour quelque chose ou quelqu’un !

J’atterris paisiblement, j’arrive tranquillement, je pars sur la pointe des pieds, mais ne peut me résoudre à rester ici. Le mouvement, c’est tout ce qu’il me reste.

Avoir plus de solitude que de questionnement, voilà bien la seule preuve que le silence existe.

Les images défilent à vive allure comme pour mieux satisfaire la boîte à souvenirs.

Je ne prends pas de plaisir particulier dans mon travail. Comme les autres, les plans se suivent mais ne se ressemblent pas, tout est une question d’imagination.

Les hallucinations modernes ne valent pas les pertes de conscience d’antan, quand tout n’était que supposition et illusion.

Je suis parti comme je suis venu, sans un bruit, sans un mot, il ne me reste qu’à choisir entre les limites du contrôle et le contrôle des limites.

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Air france 4

Merci de me foutre la paix, je suis en plein rêve occidental, en stand by, je profite d’une mort lente bien méritée, avec mes semblables…

…Je ne sais pas ce qui différencie le fait de voir des cons voler avec la prétention d’Icare et l’avenir de Christopher Reeves, du fait de ne rien dire au moment de voir convoler des gens trop jeunes pour mûrir, c’est peut-être la nature de notre silence.

Le résultat est le même en pilotage automatique, les sièges de plus en plus vides, toujours le même film, à destination d’une routine pour acquis, une bonne assurance vie et le temps pour ultime ennemi.

En parlant du temps, il se fait long, lent, lourd et indénombrable comme le troupeau d’animaux marchant debout, s’extasiant plus devant le lifting  d’une quelconque illustre que devant 560 tonnes de ferrailles (boite noire incluse) en équilibre dans le vide.

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Avant que le gros du bétail ait saisi que le numéro sur le billet d’embarquement correspond à un ordre précis de passage devant le sourire professionnel de la dominatrice de service, nous avons droit à un embouteillage dans un entonnoir.

À toutes fins utiles, la phrase « à vous d’embarquer » n’est qu’une formalité et surtout pas une invitation à expliquer – en collectivité, à qui peut l’entendre – ses motivations profonde à prendre part à ce voyage.

Merci de garder vos regards de connivence pour les futures projections photographiques depuis l’écran de votre téléphone portable, ainsi que vos machinations de dernières minutes pour avoir un billet moins cher et mieux que tout le monde. Cela va de soi.

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Aujourd’hui à vendre en exclusivité dans la cour des miracles, des spécimens uniques et standard à la fois. Nos produits sont à saisir ici et maintenant, car ils sont en voie d’expansion.

Commençons par « Les bébés Sumos », citoyens quart-mondistes, c’est dire, touristes lowcost ou riches des pays pauvres.

Ils sont fournis avec la surcharge pondérale comme signe extérieur de richesse, l’American Express pour satisfaire le banquier des commerçants et séduire les plus réticents des délinquants, sans oublier leurs amples et flashy bouts de tissus communément appelés vêtements provoquant des crises d’épilepsie et la chute des actions des tentes Décathlon.

La panoplie parfaite du pigeon voyageur.

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Poursuivons par les sudistes livrés avec une bijouterie à même le cou, les poignets et le torse de sortie qu’importe la saison.

Ils sont accompagnés par leur alter ego, les Bobos clamant que c’est toujours les autres qui le sont, eux sont équipés d’un voile intégral de chez Agnès B et des vaccins pour boire un café à St Germain.

Les premiers ont le passé des seconds, la liberté de penser a un prix, une date de péremption, voire la lucidité sur cette mascarade d’époque, avoir un avis.

Les seconds ont le futur des premiers, mais ils traînent les pieds en confondant crédibilité et erreur de jeunesse.

Alors cessez le feu, ces regards inquisiteurs du coin de l’œil relèvent plus de la convoitise mutuelle que de l’invective feutrée.

L’emménagement touche enfin à sa fin, tous rangés, ceinturés, bordés, le corbillard volant peut prendre la file des airs.

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Lorsque l’on voyage, le problème, s’il doit en avoir un, c’est le voisin. Dans mon cas, il a été le colis sur le siège de tous les autres passagers.

Dès le départ, il a annoncé la couleur tout bedonnant qu’il était, M. le Bibendum est polyglotte apparemment lorsqu’il beugle péniblement de toute son importance en anglais primaire, en italien approximatif et en français de fin banquet.

Ce monsieur suinte plus qu’il ne respire, la respiration encastrée par l’un de ces cigarillos lui garantisse une haleine à la frontière de la fosse septique et de l’odeur de notre futur plateau repas.

Il tapote suffisamment bruyamment pour que tout le monde l’observe et lui de nous dévisager en se moquant ardemment de nos doléances, en poursuivant la préparation impérieuse d’un rendez-vous sur son Blackberry dans sa petite vie si importante, si impotente.

Au moment de la délivrance collective, quand il rengaine son portable, le second sonne grassement aux notes du petit bonhomme en mousse – moralité, la technologie n’est qu’un moyen supplémentaire de prouver notre petitesse – et là, il nous gratifie d’un cour magistral de management à poumons ouverts.

Pendant que les gouttes s’accumulent sur sa chemise jusqu’à l’imbiber totalement, il a le temps de noter le derrière de chaque hôtesse de l’air, visiblement pas à la hauteur de ces fantasmes consentis durant les séminaires de son entreprise.

Après avoir gober sa collation, il suce tous ses doigts avec délectation les uns après les autres en s’essuyant discrètement sur son pantalon en tergal, puis il se remet à regarder les images plutôt qu’à lire les journaux.

Brève évasion, la seule de la journée, par le hublot je fixe notre dérision collée au sol, apparemment la terre devient si rare qu’on en oublie le ciel et l’on poursuit le reste de sa vie en regardant ses pieds.

Fin de la mi-temps, le monticule de cholestérol habillant une calvitie prochaine et des pellicules certaines, rallume ses portables comme pour indiquer au pilote qu’il est l’heure d’atterrir, sous peine de lui faire perdre du temps sur son ulcère.

L’oiseau de fer trouve le tarmac à son goût, la panique, intime, habituelle qui traverse tout un chacun un quart de seconde une fois disparue, la course revient dans les esprits de chacun, la course d’une vie, la course d’un voyage, la course pour aller chercher ses bagages.

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Finalement, j’irai à ce mariage comme les autres en un seul morceau – excepté la quiétude que j’ai laissée dans les nuages – sous un soleil fabriqué pour les UV et les cancers de la peau.

Comme un con, j’attends le bus et je n’attends rien d’autre, si ce n’est le vol de retour ou un siège éjectable.

L’âge adulte s’est pointé sans crier gare armé d’un faire-part de mariage aux relents d’épitaphes…

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air france 3

Merde, la vie n’est qu’une longue liste d’attente pour combler le vide évident qui nous sépare du néant…

…De mon lieu de désertion plausible (l’aéroport) à mon moment de résignation totale (le mariage), seule une grève injustifiée ou du terrorisme publicitaire auraient pu m’empêcher d’être complice de cette association de malfaiteur commanditée par le tout-puissant.

Les banderoles pour aboyer et les suppositoires de dynamite en soldes ne venant pas, je m’en suis remis secrètement à un de ces forcenés armés, télévisés, quinquagénaires en devenir, boursouflés d’amertume ouvrière, imbibés de rêve américain bon marché, endeuillés par une progéniture bâclée, le souffle vinassé et la main aussi lourde que pédagogue, mais là encore personne, merci pour la solidarité.

Je m’en rappellerai, je resterai chez moi avec mon chat, au soir d’une de ces futures guerres intra-communautaires fomentées par les vendeurs d’autocollants identitaires pour voitures d’occasion.

J’abdiquais donc, et j’avançais nonchalamment en traînant une jambe vers le gros du troupeau bruyamment organisé, tout excité qu’il était de partir d’ici pour aller là-bas, avec la conviction profonde que leurs soucis n’y seront pas.

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Entre l’hôtesse usagée, recyclée, usagée servant de point d’embarquement et mon visage demeurant en berne, naturellement dépité, perclus par une centaine d’échantillon d’humanité en pleine représentation vaguement authentique.

Ce déballage sans discontinu où les spectateurs sont le spectacle, ne me donnait aucune envie d’acheter la marchandise et encore moins de fraterniser.

Au royaume de la taxidermie qui s’ignore, les spécimens en présence concouraient tous pour le prix du ridicule qui aurait pu tuer. Ayant gagné plusieurs années de suite, j’ai décidé de ne plus participer.

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Premiers candidats à la nécropsie, la race de ceux parlant le plus souvent, le plus fort sans attendre la moindre réponse, en regardant compulsivement autour d’eux : les technophiles professionnels et générationnels.

Peut-être sont-ils des commerciaux grisonnants recherchant un second souffle dans les gadgets, équipés de la même cravate de la fête des pères ornant la même chemise invisible, le tout résistant tant bien que mal à la charge abdominale sponsorisée par des bières trop blondes pour être honnêtes.

Une armée sans logo ni drapeaux, la meilleure des armées.

Les voilà s’agitant en canon comme sur la banquise, la face grave et éteinte, les yeux fatigués puis perçants, la bouche pâteuse espérant le prochain arrivage officiel de nicotine ou de chlorophylle de substitution, la nuque en sueur dépassant péniblement de ce col savamment repassé afin de fabriquer des arrêts maladie, le corps en équilibre provisoire, le pas décidé puis fuyant.

Décidément, toutes ces gesticulations apparemment maîtrisées relevaient du petit miracle.

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Les autres, des chargés de projet de n’importe quoi, l’insolente, mais courtoise jeunesse 2.0 pratiquement déclinante, stands hi-tech sur pattes, mi hommes, mi machines, tapotaient nerveusement sur leurs écrans tactiles.

Cette génération qui est née en sachant tout, dupe de rien.

Elle méprise les porteurs d’alliances et de calvitie, cités ci-dessus, du haut de leur acnée persistante, en pensant fièrement que le système les a eu, eux, les vieux, et jusqu’à la complémentaire santé, alors qu’eux, les jeunes déclinants, le système, ils le tiennent dans la main. Mais bien sûr!

Une belle promesse d’un avenir différemment identique, entre référence et concurrence.

Ils sont toujours à la page d’après leurs réseaux sociaux, en passant du statut de métro sexuel à celui d’hétéro flexible, d’un peu d’imagination et d’une main droite à la webcam et la prétention de devoir être ambidextre.

Si l’avenir de l’homme c’est la femme, leurs silhouettes en sont la preuve flagrante, filiforme à la limite de l’insignifiance. Leur thorax maintes fois promis à l’adolescence n’est jamais arrivé, pas plus que le minimum vital de fessier pour que la troisième intercostale et l’épine dorsale ne soient pas les seules attractions de cette partie géante d’osselets.

Parfaitement mal rasés pour laisser prédominer ces cernes décoratives sur l’excès de crème hydratante, cintrés comme il se doit entre le garde à vous et la décontraction de vernissage, rebelles juste ce qu’il faut de la lecture de Charlie Hebdo au trou chirurgical sur le jean, la french manucure maison, discrète et la chevelure militairement en bataille.

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Et puisque maintenant filmer le ¼ d’heure de gloire d’un tiers équivaut presque au même vedettariat, je scrutais plus les voyeurs que les exhibitionnistes.

Et là, le black out! C’est l’accident bête et banal, rattrapé en plein vol par ma morale des soirs de victoire de coupe du monde.

Stoppé par une urne, je perds le contact visuel, le mendiant de plastique m’indique respectueusement qu’il faut donner aux pauvres qui ont systématiquement le mauvais goût de mourir de faim quelque part où il n’y a pas d’aéroport.

Merci de me foutre la paix, je suis en plein rêve occidental, en stand by, je profite d’une mort lente bien méritée avec mes semblables, avant de m’envoyer en l’air, une dernière fois…

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air france

On m’avait prévenu à l’époque de mon amour pour le vandalisme mural, “Etre un adulte, c’est avoir des responsabilités, des obligations et une once d’hypocrisie”.

Le rendez-vous est pris à peu près quinze ans de nomadisme et quelques comas éthyliques plus tard.

L’âge adulte s’est pointé sans crier gare armé d’un faire part de mariage aux relents d’épitaphes.

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À ce moment précis, une fois l’erreur du débutant passée, celle d’ouvrir l’enveloppe et d’imaginer les réjouissances spontanément programmées, il me restait deux choix et deux retours de flamme.

Esquiver…

Soit par l’une de ces gastro-entérites aussi inopinées que crédibles, au risque de subir une soirée rétrospective du mariage et son cortège de photographes amateurs ayant tous fait l’acquisition d’un Reflex et d’une version crackée de Photoshop à noël dernier.

Ou

Soit en expliquant à ma moitié que, par conviction, je ne me sens pas d’être l’un de ces voyeurs qui en silence tout au long de la cérémonie, du repas assistera l’œil lubrique à ce qui ressemble à des préliminaires en public qui se solderont par un divorce dans 1 cas sur 3, hors violence conjugale et sinistrose en binôme, bien sûr.

Se saborder…

Soit pris d’un élan d’humanisme de 24 décembre ou d’un goût certain pour la proctologie, déciderais-je de partager un peu de mon temps perdu en micro-blogging avec des étrangers, sans espoir d’éviter les débats endiablés sur la météo, l’équipe de France de football et la politique, heu, non Secret Story.

Ou

Soit avec l’accord officiel avec mon foie, enfin ce qu’il en reste et les commodités les plus proches, je sifflerais tout ce qui peut être fermenté, frelaté et qui, au cas échéant, me sauvera d’une de ces lucidités pratiques qui n’a pas sa place au pays du bonheur d’un jour et à crédit. L’honnêteté n’est pas de mise en pareille circonstance.

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Puisque les dés étaient lancés et pipés, il me fallait résoudre le détail du transport, une fois la pression sociale de l’écologisme à tout prix renvoyée dans les cordes par mes finances, mon choix se porterait sur les services délivrés ou plutôt leur absence.

Je veux juste voyager, je ne veux ni jeux ni nourriture pour étouffe païen et encore moins l’une de ces puéricultrices que l’on pourrait confondre avec des péripatéticiennes, venant me vérifier avec un sourire toutes les 10 minutes comme un horodateur en manque de pièces.

Mais d’un autre côté, faire 6 heures de train avec une angoisse certaine  à l’idée de partager un compartiment entier avec un régiment d’énergumènes fiers et tout émoustillés à la première vision de billet estampillé IDTGV, je me résolu à jouer à la roulette russe, voire au crash test, en optant pour l’avion.

Je vous épargne la scène du guichetier, mi glavio, mi statue, lent, très lent sûrement par l’une de ces consanguinités rurales, celui-ci vous ferait presque regretter ces discussions dans un français approximatif, sans résolution avec une hotline perdue quelque part au Maroc.

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Ce que j’aime avec les aéroports, c’est qu’ils ressemblent à un siphon pour les gens trop pressés et un zoo sophistiqué à la fois.

Roissy Charles De gaulle, c’est un peu la vitrine de Paris, donc c’est agréable à l’œil, on pense à ses impôts, mais ça brille pour pas grand chose.

Un fois expulsé d’un RER monotone, précédemment délesté de ces travailleurs aigris et ces banlieusards résignés, direction mon point d’enregistrement en évitant les politesses maladroites des agents d’accueil.

En observant à vive allure mes semblables et le décor sur le tapis roulant, je me dis que nous avons une apointance maladive pour les boîtes, l’enfermement, peut-être afin d’exacerber notre besoin d’évasion, d’ailleurs, enfin donner un peu sens à tout ça…

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