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Archive for 17 décembre 2009

Je n’arrive pas à choisir entre le bon côté de l’hypothermie et le sauveur du catastrophisme
(La neige 0 – Chef de l’état 1)

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Je regarde curieusement à travers la fenêtre sale les autres faisant semblant de vivre des aventures ordinaires, mais sans moi, l’abonné aux abandons. Ma vengeance sera un terrible caprice, couleur sanglots boudeurs, au bruit des furies sourdes qui s’arrêtent et regrettent plus vite qu’elles n’ont commencé.

Heureusement qu’il y a l’école pour se battre sportivement. Un jour, par inattention, j’ai écouté le professeur me parler de la mort du soleil comme si c’était normal, comme si c’était banal, comme s’il en savait quelque chose, ce grand enfant sans rêves honnêtes ! J’ai gagné de nouveaux cauchemars dépourvus d’ombres menaçantes, mais équipés de cette science dont on ne revient pas le matin lorsque le réveil sonne maladroitement.

Avant de ne jamais me coucher, je fais mon remake du 7ème jour entre la porte d’entrée de ma chambre en plein chaos et la fenêtre ébréchée, coupable de laisser rentrer le soleil sans autorisation. En dehors, se trouvent les adultes, ceux qui n’ont rien de si exceptionnel vu leurs promesses intenables pour se penser si importants entre eux. Le seul qui compte pour moi se nomme maman.

Maman a eu le dernier mot ce soir-là en m’ignorant. J’ai dû courir plus vite que son ombre – entre rage sans raison et détresse trop évidente – pour trouver une autre maison en bois où personne ne voulait être roi sauf moi. J’avais la tête de l’emploi, un CV qui tenait la route, mais les épaules, je ne sais pas. Qui se soucie d’avoir des épaules d’ailleurs ?

Vous savez, les cicatrices, étrangement, elles rassemblent les gens, les monstres pour mieux les diviser par la suite, à la fin, quand on guéri sans s’en rendre compte. En attendant l’apocalypse des « moi je te cause plus », fabriquons – en famille recomposée – une forteresse afin que nous ne puissions pas nous en échapper, même si notre bonheur en dépend !

Parfois, pour rire, on se fait la guerre entre amis. Rien de personnel, mais voir les autres tomber, il n’y a rien de mieux, pas vrai ? Et puis, c’est pour de faux. Alors rendez vous ou écroulez vous comme des hommes, peu importe les appels à l’aide pourvu qu’on ait l’adresse et l’ivresse, que le geste juste donne sans jamais rien demander en échange.

Blessé en plein égo ou blessé tout court, j’aime trop jouer pour assumer quoi que ce soit ou qui que ce soit lorsqu’ils ne se relèvent pas des bouffées d’espoir échappées de ma voix vraisemblable et de mes yeux reflétant leurs désirs. Je préfère les accidents provoqués aux actes manqués, je suis désolé.

Alors, je me retrouve au pied du mur après avoir foncé dedans. Le problème, c’est que dans ma poche j’ai emmené, embrigadé des passagers plus fidèles que volontaires. Pour rembourser les dommages collatéraux, je pourrais m’excuser ou me laisser manger, donc il était temps pour moi de partir de ce chez moi où j’étais de trop.

Avant de reprendre le chemin dans le sens inverse, je dépose un peu de ma joie en série limitée à mes camarades d’imagination, en les voyant devenir des silhouettes, puis des souvenirs. Ce que je peux me dire de tout cela, c’est que les seules choses que l’on perd pour ne jamais les retrouver ce sont la terre et son enfance.

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En Ghost Post

Teaser en série (1) Where the Wild Things Are https://souklaye.wordpress.com/2009/09/19/teaser-en-serie-1-where-the-wild-things-are/

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