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Archive for 13 octobre 2009

rachida dati

Je n’arrive pas à choisir entre la momification populaire et un supporteur exemplaire
(Musée du Grévin 0 – Santos Mirasierra 1)
Santos Mirasierra

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MOON

Dans l’espace personne ne m’entendra crier, prier, pleurer, aimer.

En y réfléchissant, c’est la même chose sur Terre. Dites-moi qu’elle est la différence entre le silence et le bruit ?

Pas grand chose, alors…

Vivre ensemble ou séparés ? Il faudrait prendre une décision, la bonne, la meilleure pour moi, apparemment. Je ne choisis pas.

Comme la plupart, je passe plus de temps à parler qu’à écouter et quand l’occasion d’entendre se présente, je préfère nier toute présence étrangère ou même la mienne.

Observez autour de vous, il n’y a plus rien à défendre, cessez de parler pour nous, d’ailleurs vous n’êtes pas là, ici.

Et les années passent comme ma raison, péniblement mais rapidement et je ne me souviens plus de rien, tout en avançant, comme ça, sans rien dire, sans rien attendre.

Finalement, je choisis de tuer le temps pour ne pas lui laisser ce plaisir, en parlant seul, rarement au futur, souvent au passé, le regard toujours absent, mais jamais loin.

D’où je suis, sans pouvoir rien toucher excepté cet écran, je peux voir la Terre mourir, ton pays croupir, ma famille vieillir, l’avenir au passé.

J’opte pour mes petites habitudes sans lendemain plutôt que la grande lassitude de la postérité, en gestation entre l’inconnu et l’infini.

J’ai dû me méprendre à parler de voyage en faisant du surplace.

Encore, un moment, un instant, une minute et plus rien, jusqu’à la prochaine fois.

Je ne me lève plus pour me lever, mais juste pour ne pas crever !

Dans l’espace, mieux vaut avoir un ennemi imaginable qu’un ami imaginaire.

Je préfère la peur à l’ennui, le besoin à l’envie, la vie à la sécurité.

Intelligence artificielle, ordinateur, robot, machine, on s’obstine à mettre des noms sur des choses pour les contrôler, puis pour être sûr de ne plus les comprendre.

Le problème n’est pas que je parle à mon répondeur, mais que celui-ci me réponde.

Alors, je suis ma propre marionnette et je tisse des liens avec ceux en qui je dois croire pour mon salut plus tard, pour ma survie maintenant.

C’est une histoire de fou, une histoire de flous, une histoire de nous.

La lune, c’est comme le reste, c’était mieux avant. Elle ne fait plus rêver personne.

Et je suis là, en solo, ne sachant pas si je préfère sombrer dans la folie ou accepter demain.

Les gens, c’est tout de même pratique, cela comble l’angoisse.

L’homme se passionne pour les casse-tête afin de garder la sienne, pour tuer tout doute raisonnable qui nous éloignerait de cette ignorance qui fait de nous des gens heureux.

Il y a quelqu’un d’autre ici, dans mon crâne, chez moi, dans mes certitudes et lui aussi pense la même chose.

Je suis plus perdu que perdant.

Je ne sais plus qui je suis, je ne sais pas qui je fuis, mais je cours quand même, en orbite, c’est déjà ça.

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