
Et plouf dans une piscine sans eau
J’ai fini par me lasser de me noyer dans un verre d’eau, j’ai opté pour le verre vide,
Quand même le rocher ne suffit plus à la condamnation du monde, on se rappelle qu’il y a des rives,
Et, peut-être avec des gens tout autour qui coulent à pic mais qui flottent en surface,
Alors est-il préférable de combatte le courant ? De suivre le mouvement ou de vivre en apnée sans se regarder dans la glace ?
Le jour où j’ai appris à perdre pied, j’ai arrêté de sombrer pour rien par peur du lendemain,
Par hantise de ce qui n’a jamais existé, mais avec un masque et un tuba, je peux me cacher en ressemblant à tout le monde en vain.

S’inventer des problèmes pour nier les possibilités
Depuis que l’on peut choisir sa galère, l’esclave bénévole est synonyme de confort matériel et de promotion,
La dictature n’a jamais été aussi douce parce que la censure a un arrière goût de liberté d’expression,
Ici tout le monde peut crier au crime quand il n’y a plus de mobile,
La guerre des mémoires occulte l’avenir en commun par amour des frontières et de la Bible,
Heureusement que les soldes existent pour réunir les Hommes et leur passion pour l’égoïsme,
Tour s’achète même la dette, même la crise, même tes enfants et surtout l’universalisme,
Soit dans la peau d’un produit presque unique, soit avec un tatouage sur ta peau, afin de marquer différence,
Une déférence de plus à tout ce que tu dénonces tout en t’en nourrissant, remercie l’opulence.

Course poursuite vers l’épitaphe
Des plus rapides aux plus vicieux, j’observe les participants dont leur ADN les empêche de faire acte de présence, ils courent avec les mêmes battements de cœur et l’unique bienséance du cul, car ceux qui encaissent le plus se souviennent le moins de la douleur, je les croise, ils m’effleurent, nous nous haïssons en toute diplomatie, l’indifférence est un luxe pour grabataire et l’âge de la retraite ne sera qu’un fantasme pour moi.

En stand by sur la scène
Des marches militaires pour enfants se conjuguent aux allers-retours de venin dispensé par leurs génitrices,
ceux qui noircirent des bouts de pages dérobent des images au ciel et à ses caprices,
Les prostates déclinantes se délectent du spectacle des écluses décadentes,
Pendant que le soleil me tape sur le système et qu’il alimente les doléances des fanatiques du bronzage et de la diète,
Sur le bas côté les témoins regardent la Seine, mais elle, elle baisse les yeux, elle évite ces vérités qui dérangent,
Les voyages s’achèvent dans la confusion, entre ceux qui restent sur leur faim, ceux qui rendront l’âme et ceux qui s’en arrangent.

(Portraits robots et poupée de chair, Sylvain Souklaye. A paraître automne 2009)


Les pages sont transparentes, on voit tout à travers.
On a beau les noircir des belles phrases de la Langue moribonde de l’ Académie.
On voit tout à travers !
Pourtant la Pensée a fui vers un autre langage.
Dieu, s’il n’est pas aussi mort que l’a décrété Nietzche, il vivrait bien en France, la plus douce des contrées aux terres si multiples que toutes les plantes du Paradis y poussent, mais, le Vieux dégouttant, éternel des désordres, s’il pense, et on peut sérieusement en douter, il pense alors en anglais.
Et le Pays du peuple élu, il est où alors ?
C’est pas la France, le pays de Dieu ?
Et non ! La Palestine biblique est une invention de fabulateurs mystiques, une chimère littéraire, au mieux une sorte de mythe scripturaire.
Ce qui est écrit ne s’inscrit pas pour autant dans la réalité et la Jérusalem est tellement Céleste, que ce n’est rien qu’une saloperie d’utopie urticante.
On se gratte au sang afin d’y croire, ça ne marche jamais, on en meurt presque toujours de se griffer à vif l’âme !
Un Ordre onirique dont on crève depuis mille ans !
Pas de pot !
Le français n’est plus rien s’il ne pense pas comme Dieu en France !
Français, encore un effort pour être réaliste !
Mes pages sont pleines de sombres ratures.
Et malgré ma syntaxe exorbitée, je vois à travers l’obscurité textuelle. Des pensées ouvrées au noir aussi intense qu’un soleil mélancolique.