
Intelligence pavlovienne
Tout ce qu’il croit se sait, se peut, se tait, se veut, à nos dépends
Repu de n’avoir jamais bu, les débits de leçons remplissent les bancs
Tous avec le même uniforme intérieur, le choix, un col blanc à même l’épouvantail
La secte, de la courroie à l’encéphale, entre réseau et rhésus, télépathie et braille
La langue coupée, il pense parler, mais ne peut que répéter ce qu’il sait mimer
Perdant du formol à la formule où nécromancie et hypnose régressive sont soldées.

On ne clone pas la solitude
Elle m’appartient, elle me possède, me renseigne, me construit, me suffit, me combat, elle m’attend chaque matin de défaite, elle est au bout de ma plume, sur les touches de mon clavier, elle habite les zones d’ombre de ma boîte crânienne, elle s’échappe dans l’autre durant la lutte des corps, elle adhère au club folie et espoir d’infini, elle trouve des raisons à mes écrits, elle me charme bouteille après bouteille, elle ne donne pas son nom à mes nuits de sociabilité, elle attend la sophistication de l’évanouissement pour me quitter…

Petit traité à l’usage des lignes droites
l’angoisse cimente la nostalgie qui sécurise
la hantise du futur
car les plans se froissent plus souvent qu’ils ne se réalisent
par méprise du sens de lecture
tant qu’il y aura des temps à conjuguer à plus de deux
on assumera à distance
en pardonnant ses arrêts maladie à Dieu,
alors le diable devient l’avocat commis d’office

Les hasards du destin
Avec des testaments au chevet des baptêmes
Noyer sa peine dans le bénitier, par héritage
Cycliquement, aux sommets apparaissent les christs en terne
Accusé de réception pour sirène, narrant l’hôte, rivage
Les souhaits, une presqu’île pour la française des jeux
Le client se distingue du croyant par sa faim de foi
Où le jeûne omet ses périls aux pieux, ambitieux
Anticipant les vies d’anges par loi
Les procès chorégraphiés, les pactes manqués
Dans une pièce sans porte, vitre
D’où vient cette lumière ? L’ombre reflète les damnés
Faites vos contes, quand le bookmaker est l’arbitre

(Portraits robots et poupée de chair, Sylvain Souklaye. A paraître automne 2009)


