
La ritualisation des commémorations s’est perdue entre pédagogie culpabilisante et festivité divertissante.
Les rendez-vous avec l’Histoire trouvent peu d’écho chez les patriotes opportunistes dans l’époque de l’immédiateté sans passé.
Lorsque que l’on ne peut plus distinguer les moments solennels des orchestrations de l’émotivité, la mémoire devient la propriété d’une minorité et le réflexe conditionné sans but des autres.
L’homogénéité des pratiques commémoratives banalise la nature de chaque événement et balise les calendriers où les jours fériés priment sur le souvenir national.

Quand le quatrième pouvoir prend le relais de l’Education Nationale et que la responsabilité individuelle est commuée en une suspicion générale, les commémorations oscillent entre bienséance diplomatique et commerce identitaire.
On consomme plus que l’on ne se rappelle, puis on surveille les autres plus que l’on ne se réfléchit au regard de l’histoire.
L’hégémonie de l’image dicte sa foi et construit des amnésies générationnelles via une mémoire sélective ou paternaliste afin proposer une lecture digeste du passé aux clients.
Dès lors que le recueillement devient une affaire de communication, les cérémonies font office de spectacle donc un produit parmi tant d’autres, cloîtré entre les retransmissions sportives et les allocutions présidentielles.
Le pourquoi de cette date devient accessoire quand il finit par être trop accessible.
Si chaque commémoration se transforme en une excuse « valable » pour des règlements de compte consanguins ou des flirts à l’international, le sens du temps laisse sa place à la direction de l’instant.
À partir du moment où les observateurs commentent plus les coulisses que la scène, les acteurs jouent plus un rôle qu’ils n’ont un rôle à jouer et les spectateurs choisissent la TNT à la version officielle, la valeur de la transmission perd du terrain sur la société du divertissement total.

Notre ère hyperactive et anthropophage ne peut tolérer les habitudes, peu importe leurs importances.
Quelle est le pouvoir du passé quand personne ne veut miser sur l’avenir ?



Voila exactement pourquoi j’ai écrit cet article sur le débarquement, c’est une histoire vraie, un souvenir de famille… pas une mise en scène, pas une commémoration, juste un regard sur un passé vécu par un homme qui ne prétendait pas sauver le monde.
La femme a sa journée, la Paix a sa journée, ici on commémore, ailleurs on verse une larme de crocodile sur les exactions du passé, et puis on rentre chez soi, l’oeil rivé sur la lucarne bleutée de sinfos standardisées, et on reste de marbre devant les charters de la honte…
c’est en regardant dans notre passé que nous pouvons construire un avenir meilleur en évitant de reproduire les atrocités de notre histoire.
Vous devriez lire l’ouvrage de Maurice Halbwachs, centré sur la mémoire collective.
Je me permets sylvain : http://roue-libre.net/?p=448
Reconnaissance ,
c’est bien de cela qu’il s’agit , concernant les cérémonies patriotiques , un devoir de mémoire ou plutôt un culte du souvenir afin de reconnaître et faire connaître ce qui c’est passé dans l’histoire du monde .
Aux usa ca s’appel « le readers digest » literalement « lectures digere » comme Mc Do de la bouffe pre digere par des machines,le betail est bien nourri par les lobbies(groupes d’interets) definition do lobby;enclos ou l’on rassemble les betes avant de les envoyer a l’abattoir.
Et d’apres l’excellent sarko « les droits de l’homme c’est le droit des victimes »plus tordu tu meurs.