la frontière entre populaire et populisme
Plus les choses changent, plus elles restent les mêmes…
La fête du travail et pourquoi pas la journée du chômage.
Ce qu’il y a de commode avec les orgies idéologiques en groupe, c’est que celui-ci cache la vacuité individuelle pour la transformer en mouvement indénombrable, donc invincible ou invisible.
Les logos, les slogans, les cortèges, les chants. Chaque utopie a le folklore qu’elle mérite, qu’elle hérite.
Les époques font les revendications, pas l’inverse. Et les meilleurs des hommes ne sont que de la chaire à canon pour les temps de paix, pour les temps d’ennui.
Les mots « lutte » et « souffrance » sont trop souvent employés pour résumer le global alors que les doléances sont locales.
Les plus démocrates d’entre nous prennent la rue en otage pour palier leur absence d’idées dant les urnes.
Le 1er mai est le théâtre soit d’une belle démonstration de solidarité paupérisée et d’humanisme contestataire, soit du fait que le mécontentement organisé est une tradition trop ancienne et conditionnée pour avoir un sens.
Par principe, il faut choisir son camp, au risque d’être estampillé comme un agent dormant ou une cellule morte.
Les extrémistes des libertés en tout genre acceptent mal une remise en cause de leur remise en cause.
Alors, afin d’éviter les invectives privant l’Histoire de son fond, mieux vaut marcher au pas dans le sens du défilé…
Le 1er Mai est le jour officiel du mercato syndical…
Bienvenue dans le supermarché des revendications pour tous et du chacun pour soi à la fois.
Quand le mauvais goût est érigé comme une preuve d’unité, il est bon de patiemment attendre le 2 mai, voire les grandes vacances pour avoir le silence.
Les lieux et les luttes ne font pas les liens.
Les écologistes protestent contre le protectionnisme industriel payant les futurs ex-employés du secteur automobile.
Les geeks et les nerds anti Hadopi achètent sur internet les vivres disponibles chez les primeurs en faillite qui marcheront main dans la main avec les Smicars éternels de la grandes et moyenne distribution.
Les professeurs avec plus d’idéaux que d’ambition, et sous Trenxen 500, seront juste entre les faiseurs d’ordonnances suppliant pour une augmentation d’un euro et les dealeurs homologués craignant pour leurs numerus clausus.
C’est peut-être cela le message du 1er mai : la proximité.
L’exercice est périlleux entre exploiter honorablement son fond de commerce anti-tout et diversifier son activité militante en vue des européennes.
Depuis que les marchants de tapis imitent le peuple, les élites et les officines faisant tampon, les réservistes du suffrage universel préfèrent la révolution de salon à la république des épouvantails.
Le 1er mai cherche toujours son vainqueur et ses répudiés. Alors, la frontière entre populaire et populisme s’efface pour laisser place aux victimaires professionnels.
Le mythe du remake Mai 68, voire Front Populaire, nourrit des espoirs trop pragmatiques pour croire durablement en qui que ce soit ou à quoi que ce soit.
Ce qui sépare le souvenir envisageable du rêve irréalisable, c’est que dans le second cas on se réveille.
Se référer constamment au passé pour justifier son présent, c’est concéder implicitement que l’on a pas beaucoup de projets pour le futur.


La Fête du Travail, ou l’acceptation inconsciente du Capitalisme. Le travail, ça se fête pas, ça se détruit.
Excellent. Il y a effectivement de quoi être critique. Je ne suis pas loin d’abonder dans le sens de ton analyse sur la lisière entre le populisme et le populaire. Je crois tout de même que la rue est un lieu où l’on peut mesurer l’ampleur des contre-pouvoirs nécessaires (les médias forment un tel petit bout de lorgnette). Il ne faut pas mépriser la rue non plus. C’est un effort de tous les instants, j’en conviens.
Ne manque pas de répondre à mes appels du pieds. Rien n’est plus stimulant que de se contredire !!
Bon Premier Mai
DVJ
“Rien n’est plus stimulant que de se contredire !!” Nous allons nous entendre…
Trop bien ce texte. Je viens sur votre blog de temps en temps pour me décrisper un peu !!!
Tiens j’ai remarqué un truc ce matin c’est que la plupart des gens qui laissent des commentaires essaient d’utiliser la même forme, le même style que vous, c’est marrant !!!
Et bon 1er mai à tous les chômeurs
L’avantage avec le peuple, c’est qu’il est recyclable : un coup Le Pen, un coup CGT.
Rien ne se perd, tout se transforme.
Un ami me le disait déjà : il n’y a pas de grands peuples, il n’y a que de grands peupliers.
Pourtant on chantait “tous ensemble, tous ensemble, hey hey” durant la marche, on m’aurait menti lol
En fait, le peuple français joue au peuple français : il y avait même des gens sur les marches de l’opéra Bastille pour regarder le “spectacle”, les banderoles, les chants, peut-être des casseurs avec un peu de chance, j’en ai pris une photo par dépit. Vivement un changement, sinon en effet votre observatoire aura un sens.
Le peuple il vient de loin comme le peuplier http://fr.wikipedia.org/wiki/Populus
Le peuple a lui aussi comme le peuplier un système racinaire, important, souvent superficiel et traçant et il peut détruire des murs…
Et l’autre naze là, à l’identité nationale il a été élu par qui ?Il a poussé comment ce chiendent ? Sur quelle haine du peuple ? Sur quelle honte du peuple ? Sur quel oubli du peuple ?
Les camps de rétention, la milice, le paquet -fiscal-mes-couilles, le pognon populaire aux banques, les dividendes aux traders, aux enflures ou aux cuistres en col blancs, c’est à qui toute cette merde ?
Au peuple ? vraiment ?
Le peuple appartient à tout le monde.
Ne le laissons pas pourrir plus longtemps. Tentons la ressemblance inouïe. Avant que la déformation monstrueuse ne nous emporte toutes & tous vers le tas de bois.
Les discours sans propositions concrètes, ça mène à quoi ?
Pourtant c’est pas si difficile d’être dans le concret sans tomber dans le particulier.
Prenons un exemple. La publicité. C’est un point central dans nos sociétés. D’où vient l’argent qui sert à nous formater jour après jour : principalement de la pub. Presque tous les médias vivent soit totalement (télés privées, radios privées, “journaux gratuits” ) soit principalement de la pub. Pub financée par les marchands en tout genre et finalement par nous même. C’est d’une banale évidence. Bien sûr.
Mais ou sont les propositions pour changer la donne.
Pourtant c’est facile. Et il n’y a même pas l’alibi de la délocalisation, de la “rentabilité” nécessaire à l’emploi, etc etc …. (voir les prétextes habituels pour ne rien faire dans vos médias préférés..).
Suppression TOTALE le la pub sur toutes les médias de service public.
Budgétisation de la “redevance Télé”. La taxe Télé est “l’impôt” le plus injuste. Même montant que l’on gagne le SMIC ou qu’on soit milliardaire.
En aucun cas la publicité ne doit être IMPOSEE à quiconque.
L’espace visuel public ne peut être utilisé à des fin privées. Suppression de tous les panneaux publicitaires. Qu’ils soient implantés sur un domaine public ou privé.
Taxes de 100 ou 200 % sur toutes les pubs pour TOUS les médias.
La publicité fortement taxée n’est acceptable que sur des supports qui demandent une démarche volontaire et individuelle (revues, sites internet… )
Voilà qui changerait pas mal de chose.
C’est une proposition , mais j’en ai bien d’autres … tout aussi concrètes et réalisables immédiatement en France.
Il en est d’autres qui demandent l’implication de toute l’Europe bien sûr.
Mais commençons par faire en France ce qui est possible en France ce cera déjà un bon départ et un bon exemple pour les autres pays de l’Europe et du Monde.
Le premier mai c’est la possibilité pour ceux que l’on n’écoute pas d’essayer de se faire entendre.
J’aime bien les remarques de H5N1.
Le 1èr mai c’est la preuve par A+B que le “peuple” n’a rien compris!
Le 1èr mai c’est la preuve par A+B que les marionnettistes ont encore de beaux jours devant eux!
Les revendications sont toutes axées sur un même point mais plutôt que de détruire ce point, nous préférons renforcer la corde (au cou) qui nous y lie, comme ça le manège peut tourner encore et encore…
Chaque 1èr mai apporte son lot de mains tendues vers le pompon. Et cette année, comme les précédentes, il faut espérer que celui ou celle qui le décrochera ne soit pas le pire!
Vous tous qui déblatérez beaucoup…
OU SONT VOS PROPOSITIONS CONCRETES ?
Les discours, ça ne manque pas sur internet …. mais des propositions s’appuyant sur un minimum d’analyse …. où sont-elles ??? !!!!….
Bonjour, c’est le mois de mai et je viens de lire avec un certain intérêt ce que vous décortiquez sans état d’âme superflu. Vous êtes d’un pessimisme plus que noir. Est-ce que quelque chose échappe à vos critiques ? Vous arrive-t-il de sourire ou de rire ? Le titre de votre blog est révélateur. Je regrette de ne pas y avoir pensé avant vous.
Salut les pioupious,
Bien écrit votre blog, de l’humour jeune homme; Bien bien…
Pas d’idée politique derrière la tête? Un brin situ?
Si si il faut en référer au passé… déjà immédiatement après la fin de WW 2, des minorités politiques révolutionnaires ont souligné le ridicule du 1er mai. Qui contrôle le passé contrôle l’avenir, idée qu’Orwell a piqué à je ne sais plus qui.
Si tu es prolétaire comme moi, tu ne peux oublier que nous faisons partie (esclave puis esclave salarié) de ces générations successives vaincues, que nous n’avons pas renoncé au combat pour le chambardement de l’ordre capitaliste. La question reste: qui est la force possible de ce changement? Avec le titre de mon blog, vous avez la réponse. Quand à l’utilisation du passé en perspective, je suis OK avec vous, faut pas en abuser, presque tout est a créer (la carte bleue bancaire pourra être recyclé pour les échanges à la place des horribles bons de travail de Marx et des communistes de Conseil hollandais). Mais faut pas l’oublier ce passé politique et théorique, toujours du point de vue des perdants.
Bien cordialement,
JLR