
Tirer sur une ambulance c’est une chose
Nous sommes dans l’ère des dix commandements où la glorification fanatique précède la condamnation sacrificielle avant de tout oublier et de recommencer.
Toute problématique trouve une raison et une finalité dès qu’un visage ou un logo correspond au portrait robot que se forge l’opinion publique, peu importe les faits ou les hypothétiques récidives.
Nul besoin d’imaginer des complots téléguidés par des puissances invisibles pour procéder aux jugements éternels et aux pardons administratifs.
La machination la plus cannibale, sous couvert de motifs vengeurs et de méthodes victimaires, est gérée par nos propres soins en garantissant notre hygiène morale ainsi que la valeur héroïque de notre égo.
La judiciarisation médiatique devient le seul moyen d’alimenter les jeux du cirque tout en les contenant.
Politique, pop star, pape, chef d’entreprise ou le dernier buzz internet, toute la réflexion de fond est minée par le culte de l’immédiateté et la déresponsabilisation du zapping permanent.
Quand les maux deviennent les faits, la sanction devient le mobile.
Tirer sur une ambulance c’est une chose, s’acharner sur une ambulance qui ne sait pas où elle va, s’en est une autre.
La passion pour la spéculation des mouvements humains ne saurait se substituer au doute raisonnable de l’investigation pour les professionnels ou de l’apprentissage pour les amateurs.
À être trop humain, constamment, on ne s’interroge plus, on réagit toujours et encore contre quelqu’un, quelque chose ou rien.
Quand tout le monde est coupable par nature, pourquoi écrire un « J ‘accuse » ?


Bonjour,
Je partage votre point de vue sur cet article dont le fond est fort interessant mais, a mon humble avis, a vouloir faire dans le pompeux, vous perdez en lisibilite. Votre style d’ecriture pique les yeux.
Dommage, vos idees gagneraient a etre exprimees plus clairement. Mais, encore une fois, ce n’est que mon humble avis
Bien a vous.
Si je peux me permettre de commenter ton article je dirais d’abord que le style adopté et la conclusion me font penser à Nietzche, toutes proportions gardées quant au langage un peu par “aphorismes” et images bien sûr.
Sur ce que tu évoques, la culpabilité est semble t-il intimement liée à notre culture plus que millénaire et dite “judéo-chrétienne”, nous serions aussi peut être devenus, depuis les incantations de Zarathoustra, des sortes d’animaux “malades”, bizarreries perdues dans ce que Marx appellera les “consciences fausses” que sont les idéologies ou bien encore simplement coupables de ne pouvoir être, face au défi prométhéen sans cesse remis au goût du jour par l’avancée des connaissances, que des êtres conscients de notre propre finitude. Cela étant dit, au moins cette possible prise de conscience de nos déterminations, préalable au savoir, permet-elle d’envisager a minima de ne pas se prendre pour des êtres omniscients. Quant au “bouc-émissaire” et “l’alibi plausible” l’un et l’autre sont parfois nécessaires, pour, faisant d’une pierre deux coups, et lorsque manquent à l’appel les faits et témoignages, distinguer le coupable de la victime, ce qui n’est pas toujours chose aisée dans certaines affaires. Mais l’écrivain qui dénonce n’est pas selon moi ni l’un ni l’autre, c’est juste un avis personnel, je pense qu’il est encore dans un ailleurs, à part.
Toutefois je nuancerais ta conclusion en disant que c’est très difficile voire inenvisageable de ne pas réagir “contre quelqu’un”, quelque chose ou rien. Tout d’abord réagir “avec” quelqu’un ou quelquechose risque de revenir à se positionner dans le cadre d’une relation maître-élève ou connaissant-ignorant, qui est le coeur du fonctionnement éducatif et qui n’a donc pas forcément lieu d’être remis en cause. Par le suite, oblitérer la dimension interactive de la communication, du langage, ou de tout débat reviendrait à en nier la nature même. Enfin, ne pas parler contre quelqu’un ou quelquechose ne reviendrait-il pas à parler seul en monologues d’une langue poétique inconnue comme aurait pu le faire un Antonin Artaud et donc à parler artistiquement seul? Cela ne reviendrait-il pas à nier quelque part les principes philosophiques ancestraux qui naissent des bavardages, des apories et sophismes entre individus ? Je pense que le problème actuel est plus celui de la précarité du savoir, de sa fragmentation et son hyperspécialisation plus qu’au contraire une éventuelle disparition des questionnements intellectuels propres à chacun qui auraient disparu dans l’asservissement de la société mercantile, de consommation et néanmoins démocratique ou propice aux démagogies.
En ce sens, si l’on peut regretter “la disparition” plus ou moins avérée des grands intellectuels et leur remplacement par des “experts” spécialisés dans leur domaine, ou par des artistes posés comme compétents pour exprimer une “doxa” de consensus, d’une part rien ne permet de penser que le retour d’une autre “intelligentsia” n’est pas pour bientôt, bien au contraire, et, d’autre part, alors qu’on ne peut nier que l’on vit une époque sorte “no man’s land” historique où la tendance est trop souvent soit à la relativisation poussée à l’extrême des valeurs (les “10 commandements” sont restés au fil de l’histoire semble t-il plus un impératif catégorique de type kantien qu’une vérité à visée universelle, cela se discute), soit à leur affirmation violente et unilatérale (dont l’exemple-type est la thématique d’un choc des civilisations corroborée par l’avènement de l’hyperterrorisme).
Le blog est lui même cet objet protéiforme dans ses contenus mais souvent bien archétypique des besoins d’auto-expression très modernes que connaissent les individus. Il est peut être l’incarnation même de cette “crise du savoir” (aujourd’hui défragmenté, démultiplié, hyperspécialisé) en même temps que la nécessité vitale de son renouvellement, ou sa refondation. Je pense qu’il faudrait faire une sorte d’apologie du blog.
A+ pour d’autres commentaires peut être.
je voulais dire au milieu du paragraphe “sa nature même” et non “la nature même”, lol, rectification nécessaire ! bonne soirée!
oups… et j’ai aussi oublié de finir la phrase immensémment longue de la fin de l’avant-dernier paragraphe… sorry…
j’aurais là ajouté à la suite de la phrase:
“il est probable que chaque individu est dorénavent les outils intellectuels à sa disposition pour façonner ses propres valeurs, sur le modèle rousseauiste: “la conscience morale, révélée par les sentiements, est à la source des valeurs” “.
voilà pour le dernier rectif, en espérant qu’il n’y en ait pas d’autres…
il est vrai que “rien de nouveau sous le soleil” et qu’il y a des découvertes, des découvertes éclairantes, à faire en comparant le présent avec des choses passées.
http://miiraslimake.over-blog.com/article-1581090.html
Maintenant je comprends les anticléricaux du temps passé et leur haine des “calotins” ! – Mi iras limake
Je dirais quant à moi, non pas qu’il s’agisse d’un retour aux dix commandements à proprement parlé, tu parlais de “judiciarisation médiatique”, je suis assez d’accord. Seulement même du point de vue culturel, on en a la preuve avec le dernier tarantino, cette loi assez omniprésente que le nazisme soit la réincarnation du mal me pousse quand même à me demander si le mal n’est pas simplement de se retrancher à tout prix derrière une personnalité qui soit influencée et influençable.
Tarantino a d’ailleurs dit lui-même : “Ce n’est pas parce que tu as une personnalité que tu as de la personnalité !”
Sur ce, bon film bien-sûr, je pense que tu iras le voir…