
de l’outil de communication à l’objet marketing
De l’écriture aux lecteurs…
Une extension de la conscience, du temps qui a existé, le dernier refuge d’une imagination marginalisée par le quotidien ou, simplement, un sentiment, un geste, un instant et de l’instinct : écrire c’est quoi ?
La forme de l’écriture divise-t-elle les hommes en classe, en courant, en genre, en géographie ou est-ce l’inverse ?
Entre Gutenberg et Warhol, qui a révolutionné le plus le langage ?
Quand sommes-nous passés de l’outil de communication à l’objet marketing ?
Du temps qui passe au passe-temps…
D’une grotte et son sanscrit, en passant par la bible et son mode d’emploi jusqu’à un 16 mesures et sa redéfinition des codes phonétiques, l’écriture a démocratisé la connaissance là où le marché l’a domestiqué.
L’écriture a modelé les époques a posteriori, relié les humains depuis la tour de Babel et surtout formaté, à tort ou à raison, une mémoire collective presque universelle.
De la feuille blanche au premier lecteur…
Dans « Traits Portrait » Jérôme Thomas part à la recherche de ce qui est constitutif d’un univers, unifie les mots et séparent les auteurs créant ainsi des ponts de compréhension.
La réflexion globale du documentaire est, à bien y réfléchir, ce qui éloigne sur le fond l’écriture d’un essayiste, d’un MC, d’un song writeur, d’un écrivain et d’un poète.
Le profil des acheteurs ? Le modèle économique ? Les plateformes de diffusion ? La culture d’un pays ?
Les auteurs n’ont pas d’appartenance propre, ils ne possèdent que leur raison ou leur folie. Il n’y a qu’une fois sortis la tête de leur feuille qu’ils retrouvent leur identité.
Ils pratiquent tous la retranscription des idées avec la même langue, tout en la parlant différemment.
De la calligraphie à Azerty…
Durant ce voyage entre les âges et les formats, « Traits Portraits » propose une rencontre entre la sociologie et l’intime.
La révolution numérique a permis une remise à plat des schémas, des modes de narrations ainsi que la hiérarchisation des œuvres officielles et underground sans oublier le rôle du public.
L’écriture se trouve aujourd’hui dépassée par le langage de l’image, ce qui entraîne une transformation des acquis et impose, par-dessus tout, une révolution de l’équilibre entre littérature et oralité.
Jérôme Thomas parle des mots comme d’un moyen, avec des images pour décor.
Peu importe la nature commerçante, seule la fonction émotionnelle ou pragmatique des mots subsistent à la petite histoire des hommes.
L’écriture cultive son mythe en construisant des faiseurs d’histoires pour des enfants seuls. Alors, devant une feuille blanche, quoi de mieux qu’un autoportrait ?
Écrire, c’est peut-être cette sensation d’infini qui disparaît avant que l’on ne l’ait vue mais qui est possédée par le souvenir des lecteurs…
Traits portraits - Un documentaire de Jérôme Thomas



