
Femme de méninge et homme orchestre :
Les femmes de ménage, chacun d’entre nous en croise, mais qui sont-elles ? Quel est leur statut ? Leur vie ? Leur visage ? Où se trouvent-elles entre le portrait robot et les lieux communs ?
Après avoir enquêté, j’ai pu constater qu’il y a un flou juridique concernant cette profession, le statut de l’employé ne dépend pas de la corporation, mais du bon vouloir de l’entreprise et des interprétations aléatoires du code du travail.
L’obligation de l’apprentissage sur le tas et les diplômes à la carte cloîtrent les femmes et hommes de ménage dans la voie de la non professionnalisation et surtout les laissent constamment dans la posture du demandeur honteux.

Curriculum vitae et lettre motivation :
L’image archaïque de la femme de ménage abonnée à une maison et la vision progressiste des chèques emplois services masquent une réalité sociale précaire et complexe entre misère sociale et dérive psychologique.
Qu’une chose soit claire : ce métier n’est pas une vocation, c’est une nécessité. Personne ne cherche à faire carrière, même pas comme syndicaliste.
Le micro une fois clos, les récits narrés par ces femmes et hommes sont assez édifiants. Le développement de la concurrence et le cannibalisme économique comme dans tous les secteurs ont eu pour résultat une perte réelle de la stabilité de l’emploi et essentiellement un nouveau levier de pression morale pour les entrepreneurs.
Loi du plus fort et foi du plus faible :
Par le principe royaliste de la chaise ou du trône, celui qui est assis à son bureau méprise ceux qui s’échinent autour de lui dans le meilleur des cas, ils sont tout bonnement invisibles dans les faits.
Le terrain démontre que les horaires des femmes et hommes de ménage oscillent entre 5h et 8 h pour le matin et de 20 h à 23 h pour le soir. Je vous laisse imaginer aisément comment le tissu familial peut se disloquer dans ces conditions.
La femme de ménage, profil et face cachée :
Les assistés congénitaux de tous bords voudraient imposer l’idée que nous sommes passés de la femme de ménage originelle, donc badgée comme Française, à une invasion étrangère organisée ayant dérégulé le marché en un claquement de doigt. Pourquoi pas, si l’on aime le fantasme évidemment pas celui de la soubrette !
Les changements de mœurs et la multiplication de la demande ont crée une industrie alors que, jadis, il y avait un simple besoin de services.
Lorsque que l’on regarde de plus près ceux et celles composant ce corps de métier, une évidence apparaît et les réunit, c’est celle de l’usure.
La globalisation de la précarité se développe sous couvert de différents facteurs : flux migratoires conditionnés, système scolaire ascensionnel et banalisation de la pauvreté qui est toujours plus belle à la télé ou à l’étranger.

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